Accueil > Culture, images, pédagogie > Ateliers pédagogiques Pocket Films > Canopé 92 : Ateliers Pocket Films en écoles primaires

Ateliers pédagogiques Pocket Films

J’ai développé des concepts d’ateliers de réalisation de films avec caméras de poche à destination de tous publics, y compris des adolescents. Très efficaces, créatifs, valorisants pour les jeunes, donc constructifs, tout en étant très ludiques. C’est une pratique que je fais évoluer au fur et à mesure de l’avancée des technologies, de leurs usages et de leurs problématiques, et que je transmets lors de formations professionnelles.

J’ai animé, depuis 2006, des dizaines d’ateliers de réalisation dans le concept « Pocket Films ». Seulement quelques exemples récents sont présentés ici.

Canopé 92 : Ateliers Pocket Films en écoles primaires

24 avril 2017

La créativité cinématographique à l’heure du numérique dans les Hauts-de-Seine : une dynamique « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires de trois villes.

L’atelier Canopé des Hauts-de-Seine (direction Alain Sedbon), à partir de la proposition de Claire Frayssignes (coordinatrice du dispositif École et cinéma dans le 92) a proposé une action territoriale autour des « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires, sur l’année scolaire 2016/2017, portée par Benoît Labourdette.

Benoît Labourdette a d’abord animé une formation pour trente enseignants du département des Hauts-de-Seine afin de les sensibiliser aux enjeux actuels de l’éducation aux images. Puis il est intervenu auprès de six classes de trois écoles primaires situées à Courbevoie, Gennevilliers et Châtenay-Malabry. Dans chaque classe, il a mené un atelier de réalisation de films. Ce projet s’est clos par une restitution commune le 24 avril 2017 au Cinéma Le Rex à Châtenay-Malabry.

Les objectifs

  • faire exister une dynamique créative commune sur un territoire,
  • faire se rencontrer les élèves autour d’une énergie créative,
  • former les enseignants,
  • et les inviter à se réapproprier les techniques Pocket Films au delà du projet.

Un préalable, la formation pour les enseignants

Les objectifs de la formation étaient de soulever des questions d’éducation aux images, plus particulièrement autour du numérique et de ses enjeux après des jeunes. S’il paraît important de donner des pistes de réflexion sur ce point avant de commencer les ateliers, ce travail de sensibilisation a plus précisément pour objectif de permettre aux enseignants de s’emparer du projet. Les ateliers menés par Benoît Labourdette sont en effet une première étape de travail auprès des enfants, avec l’idée que les enseignants disposent des outils nécessaires à la poursuite de ce travail. Afin de les sensibiliser à cet objectif, un film collectif est réalisé lors de cette formation, reprenant le même principe que ceux qui seront faits par les enfants plus tard. Cela les prépare au projet en étant eux-mêmes en posture de création.

Les ateliers, un cadre commun pour une diversité d’approches

Une des idées fortes de ces ateliers est de travailler avec chaque enseignant afin de créer un projet s’articulant avec le travail mené en classe. Il est également important de créer du lien entre les six ateliers afin que le temps de restitution, commun à chaque classe, soit cohérent.

La trame commune de chaque atelier est la suivante : réaliser un plan-séquence où chaque enfant filmerait un personnage en train de parler. Chaque classe peut se réapproprier le sujet, notamment en réutilisant des personnages déjà créés par les enfants au cours de l’année.

Le procédé du plan-séquence induit une énorme responsabilité de la part de chacun puisqu’à chaque erreur tout doit être recommencé. Mais cette contrainte déclenche une grande concentration chez les participants qui se prennent au jeu très sérieusement. Grâce aux répétitions et à une bonne préparation, très peu d’erreurs sont commises lors de la phase de tournage. Cette méthode permet que les élèves construisent par eux-mêmes leur volonté de se concentrer.

Ce projet met en exergue que, malgré un cadre commun, il est important de faire en sorte que chaque atelier prenne du sens pour les enfants, qu’ils se l’approprient. C’est ainsi qu’à partir de ce même dispositif, chaque intervention a été différente. Une diversité d’approches qui tient tant dans la manière dont les enfants se sont appropriés l’atelier que dans celle dont Benoît Labourdette l’a encadré. Si les objectifs étaient les mêmes d’un atelier à l’autre, Benoît a pris soin de s’adapter à chaque classe et à chaque situation, accordant du temps aux choses importantes et prenant le risque de moduler ce qu’il avait prévu en fonction des situations.

Dans une classe, par exemple, Benoît réalise rapidement que les élèves parlent très doucement, ce qui va poser problème lors de l’enregistrement de leurs voix. Il leur propose alors de crier, chacun leur tour, le plus fort possible. Cet exercice n’était pas prévu mais il s’est avéré être un outil précieux dans cette classe, permettant de libérer une énergie et d’être plus efficace lors du tournage.

Dans une autre classe, Benoît décide de prendre le temps de préparer les élèves à leur performance orale. Il leur demande de se positionner chacun leur tour devant les autres et de faire parler son personnage. C’est l’occasion de transmettre des techniques d’interprétation théâtrale à chacun. Souvent, il faut répéter les mêmes conseils d’un enfant à l’autre. Mais rapidement, c’est le reste de la classe qui donne des conseils, intégrant et se réappropriant ce qui a été dit auparavant. Les élèves, qui ont chacun un personnage, en avaient également fabriqué un pour Benoît, qui, à son tour, vient le faire parler devant la classe. Et là, ce sont les enfants qui lui font des retours vraiment utiles sur sa performance ! Quel que soit notre niveau d’expérience, nous avons chacun à apprendre des autres.

L’expérience vécue par l’enfant est mise au cœur du projet. Chaque film est à voir comme une première étape de travail qu’ils doivent vivre pleinement afin qu’elle soit constructive pour eux. Lors de chaque atelier, Benoît Labourdette veille à ce que les enfants disposent eux-mêmes leur personnage au sol. Si cette solution n’est pas la plus rapide, c’est pourtant ce qui va permettre aux élèves d’être pleinement acteurs de ce projet. En étant responsabilisés dans la réalisation du film, les enfants se sont emparés du projet.

La séance de restitution, un objectif final comme fondement du projet

Souvent difficile à organiser, une séance de restitution en salle de cinéma est pourtant un moment clé. En plus de valoriser le travail des élèves, elle vient clore le projet tout en l’inscrivant dans autre cadre que celui de l’école. En étant présentée comme telle aux enfants dès le début des ateliers, elle devient un véritable objectif commun qu’il devient alors essentiel d’atteindre.

L’intérêt d’une restitution en salle, en plus de voir les films sur grand écran, réside dans le fait d’établir un dialogue autour de l’image, de l’expérience de création et de celle de spectateur. C’est pourquoi, au début de la séance, Benoît prend soin de demander aux spectateurs de regarder les films dans l’optique d’en parler par la suite. Cette approche leur permet à la fois de préparer des questions, mais également d’avoir un regard plus actif lors de la projection et échanger plus facilement après.

Si cette séance a pris du sens dans l’expérience de l’enfant, c’est également car elle a été bien anticipée. Les enseignants ont préparé avec leurs élèves la présentation de leur film. Cette sensibilisation en amont leur a permis de profiter pleinement de cette expérience, qui est alors vécue comme encore plus exceptionnelle.

Un projet inscrit dans le territoire, des enjeux multiples

Après la réalisation de chaque film, les enseignants pouvaient dès le lendemain les montrer en classe car Benoît Labourdette les met en ligne au fur et à mesure. Ce moment est essentiel puisqu’il permet de parler tous ensemble de l’expérience qui vient d’être partagée dans la classe. Pour autant, redécouvrir ces films en salle induit d’autres enjeux. Outre l’expérience singulière de la salle de cinéma, la dimension collective est véritablement convoquée dans la mesure où les élèves découvrent le travail d’enfants d’écoles différentes ayant participé au même projet qu’eux.

La séance a lieu au cinéma Le Rex, à Châtenay-Malabry. Si une des écoles est située dans la même ville, les deux autres viennent de Courbevoie et Gennevilliers. Le trajet en car est long et les enfants prennent conscience de l’étendu de leur département, en plus de découvrir des lieux qui leur étaient inconnus jusqu’alors.

Si la formation de départ a permis de toucher beaucoup d’enseignants du département, garder des traces du travail mené par la suite permet également de faire circuler l’information et peut-être de donner envie à ceux n’y ayant pas encore pris part de s’approprier le projet.

Sélection de films

Tous les films réalisés lors de cet atelier sont disponibles ici : www.benoitlabourdette.com/_docs/ ?dir=projets/2016/2016_canope92

En voici une sélection (deux films parmi les six) :

  • La Mode à travers les âges a été réalisé par une classe de CM2 de Chatenay-Malabry.
  • The Movie of the Future a été réalisé par une classe de CM1 CM2 de Courbevoie.

Alice Posiere


La Mode à travers les âges


La Mode à travers les âges La créativité cinématographique à l’heure du numérique dans les Hauts-de-Seine : une dynamique « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires de trois villes. L’atelier Canopé des Hauts-de-Seine (direction Alain Sedbon), à partir de la proposition de Claire Frayssignes (coordinatrice du dispositif École et cinéma dans le 92) a proposé une action territoriale autour des « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires, sur l’année scolaire 2016/2017, portée par Benoît Labourdette. Benoît Labourdette a d’abord animé une formation pour trente enseignants du département des Hauts-de-Seine afin de les sensibiliser aux enjeux actuels de l’éducation aux images. Puis il est intervenu auprès de six classes de trois écoles primaires situées à Courbevoie, Gennevilliers et Châtenay-Malabry. Dans chaque classe, il a mené un atelier de réalisation de films. Ce projet s’est clos par une restitution commune le 24 avril 2017 au Cinéma Le Rex à Châtenay-Malabry.

Les objectifs

  • faire exister une dynamique créative commune sur un territoire,
  • faire se rencontrer les élèves autour d’une énergie créative,
  • former les enseignants,
  • et les inviter à se réapproprier les techniques Pocket Films au delà du projet.

Un préalable, la formation pour les enseignants

Les objectifs de la formation étaient de soulever des questions d’éducation aux images, plus particulièrement autour du numérique et de ses enjeux après des jeunes. S’il paraît important de donner des pistes de réflexion sur ce point avant de commencer les ateliers, ce travail de sensibilisation a plus précisément pour objectif de permettre aux enseignants de s’emparer du projet. Les ateliers menés par Benoît Labourdette sont en effet une première étape de travail auprès des enfants, avec l’idée que les enseignants disposent des outils nécessaires à la poursuite de ce travail. Afin de les sensibiliser à cet objectif, un film collectif est réalisé lors de cette formation, reprenant le même principe que ceux qui seront faits par les enfants plus tard. Cela les prépare au projet en étant eux-mêmes en posture de création.

Les ateliers, un cadre commun pour une diversité d’approches

Une des idées fortes de ces ateliers est de travailler avec chaque enseignant afin de créer un projet s’articulant avec le travail mené en classe. Il est également important de créer du lien entre les six ateliers afin que le temps de restitution, commun à chaque classe, soit cohérent. La trame commune de chaque atelier est la suivante : réaliser un plan-séquence où chaque enfant filmerait un personnage en train de parler. Chaque classe peut se réapproprier le sujet, notamment en réutilisant des personnages déjà créés par les enfants au cours de l’année. Le procédé du plan-séquence induit une énorme responsabilité de la part de chacun puisqu’à chaque erreur tout doit être recommencé. Mais cette contrainte déclenche une grande concentration chez les participants qui se prennent au jeu très sérieusement. Grâce aux répétitions et à une bonne préparation, très peu d’erreurs sont commises lors de la phase de tournage. Cette méthode permet que les élèves construisent par eux-mêmes leur volonté de se concentrer. Ce projet met en exergue que, malgré un cadre commun, il est important de faire en sorte que chaque atelier prenne du sens pour les enfants, qu’ils se l’approprient. C’est ainsi qu’à partir de ce même dispositif, chaque intervention a été différente. Une diversité d’approches qui tient tant dans la manière dont les enfants se sont appropriés l’atelier que dans celle dont Benoît Labourdette l’a encadré. Si les objectifs étaient les mêmes d’un atelier à l’autre, Benoît a pris soin de s’adapter à chaque classe et à chaque situation, accordant du temps aux choses importantes et prenant le risque de moduler ce qu’il avait prévu en fonction des situations. Dans une classe, par exemple, Benoît réalise rapidement que les élèves parlent très doucement, ce qui va poser problème lors de l’enregistrement de leurs voix. Il leur propose alors de crier, chacun leur tour, le plus fort possible. Cet exercice n’était pas prévu mais il s’est avéré être un outil précieux dans cette classe, permettant de libérer une énergie et d’être plus efficace lors du tournage. Dans une autre classe, Benoît décide de prendre le temps de préparer les élèves à leur performance orale. Il leur demande de se positionner chacun leur tour devant les autres et de faire parler son personnage. C’est l’occasion de transmettre des techniques d’interprétation théâtrale à chacun. Souvent, il faut répéter les mêmes conseils d’un enfant à l’autre. Mais rapidement, c’est le reste de la classe qui donne des conseils, intégrant et se réappropriant ce qui a été dit auparavant. Les élèves, qui ont chacun un personnage, en avaient également fabriqué un pour Benoît, qui, à son tour, vient le faire parler devant la classe. Et là, ce sont les enfants qui lui font des retours vraiment utiles sur sa performance ! Quel que soit notre niveau d’expérience, nous avons chacun à apprendre des autres. L’expérience vécue par l’enfant est mise au cœur du projet. Chaque film est à voir comme une première étape de travail qu’ils doivent vivre pleinement afin qu’elle soit constructive pour eux. Lors de chaque atelier, Benoît Labourdette veille à ce que les enfants disposent eux-mêmes leur personnage au sol. Si cette solution n’est pas la plus rapide, c’est pourtant ce qui va permettre aux élèves d’être pleinement acteurs de ce projet. En étant responsabilisés dans la réalisation du film, les enfants se sont emparés du projet.

La séance de restitution, un objectif final comme fondement du projet

Souvent difficile à organiser, une séance de restitution en salle de cinéma est pourtant un moment clé. En plus de valoriser le travail des élèves, elle vient clore le projet tout en l’inscrivant dans autre cadre que celui de l’école. En étant présentée comme telle aux enfants dès le début des ateliers, elle devient un véritable objectif commun qu’il devient alors essentiel d’atteindre. L’intérêt d’une restitution en salle, en plus de voir les films sur grand écran, réside dans le fait d’établir un dialogue autour de l’image, de l’expérience de création et de celle de spectateur. C’est pourquoi, au début de la séance, Benoît prend soin de demander aux spectateurs de regarder les films dans l’optique d’en parler par la suite. Cette approche leur permet à la fois de préparer des questions, mais également d’avoir un regard plus actif lors de la projection et échanger plus facilement après. Si cette séance a pris du sens dans l’expérience de l’enfant, c’est également car elle a été bien anticipée. Les enseignants ont préparé avec leurs élèves la présentation de leur film. Cette sensibilisation en amont leur a permis de profiter pleinement de cette expérience, qui est alors vécue comme encore plus exceptionnelle.

Un projet inscrit dans le territoire, des enjeux multiples

Après la réalisation de chaque film, les enseignants pouvaient dès le lendemain les montrer en classe car Benoît Labourdette les met en ligne au fur et à mesure. Ce moment est essentiel puisqu’il permet de parler tous ensemble de l’expérience qui vient d’être partagée dans la classe. Pour autant, redécouvrir ces films en salle induit d’autres enjeux. Outre l’expérience singulière de la salle de cinéma, la dimension collective est véritablement convoquée dans la mesure où les élèves découvrent le travail d’enfants d’écoles différentes ayant participé au même projet qu’eux. La séance a lieu au cinéma Le Rex, à Châtenay-Malabry. Si une des écoles est située dans la même ville, les deux autres viennent de Courbevoie et Gennevilliers. Le trajet en car est long et les enfants prennent conscience de l’étendu de leur département, en plus de découvrir des lieux qui leur étaient inconnus jusqu’alors. Si la formation de départ a permis de toucher beaucoup d’enseignants du département, garder des traces du travail mené par la suite permet également de faire circuler l’information et peut-être de donner envie à ceux n’y ayant pas encore pris part de s’approprier le projet.

Sélection de films

Tous les films réalisés lors de cet atelier sont disponibles ici : www.benoitlabourdette.com/_docs/ ?dir=projets/2016/2016_canope92 En voici une sélection (deux films parmi les six) :
  • La Mode à travers les âges a été réalisé par une classe de CM2 de Chatenay-Malabry.
  • The Movie of the Future a été réalisé par une classe de CM1 CM2 de Courbevoie.
Alice Posiere
thumbnail Benoît Labourdette

The Movie of the Future


The Movie of the Future La créativité cinématographique à l’heure du numérique dans les Hauts-de-Seine : une dynamique « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires de trois villes. L’atelier Canopé des Hauts-de-Seine (direction Alain Sedbon), à partir de la proposition de Claire Frayssignes (coordinatrice du dispositif École et cinéma dans le 92) a proposé une action territoriale autour des « Pocket Films » pour des élèves d’écoles primaires, sur l’année scolaire 2016/2017, portée par Benoît Labourdette. Benoît Labourdette a d’abord animé une formation pour trente enseignants du département des Hauts-de-Seine afin de les sensibiliser aux enjeux actuels de l’éducation aux images. Puis il est intervenu auprès de six classes de trois écoles primaires situées à Courbevoie, Gennevilliers et Châtenay-Malabry. Dans chaque classe, il a mené un atelier de réalisation de films. Ce projet s’est clos par une restitution commune le 24 avril 2017 au Cinéma Le Rex à Châtenay-Malabry.

Les objectifs

  • faire exister une dynamique créative commune sur un territoire,
  • faire se rencontrer les élèves autour d’une énergie créative,
  • former les enseignants,
  • et les inviter à se réapproprier les techniques Pocket Films au delà du projet.

Un préalable, la formation pour les enseignants

Les objectifs de la formation étaient de soulever des questions d’éducation aux images, plus particulièrement autour du numérique et de ses enjeux après des jeunes. S’il paraît important de donner des pistes de réflexion sur ce point avant de commencer les ateliers, ce travail de sensibilisation a plus précisément pour objectif de permettre aux enseignants de s’emparer du projet. Les ateliers menés par Benoît Labourdette sont en effet une première étape de travail auprès des enfants, avec l’idée que les enseignants disposent des outils nécessaires à la poursuite de ce travail. Afin de les sensibiliser à cet objectif, un film collectif est réalisé lors de cette formation, reprenant le même principe que ceux qui seront faits par les enfants plus tard. Cela les prépare au projet en étant eux-mêmes en posture de création.

Les ateliers, un cadre commun pour une diversité d’approches

Une des idées fortes de ces ateliers est de travailler avec chaque enseignant afin de créer un projet s’articulant avec le travail mené en classe. Il est également important de créer du lien entre les six ateliers afin que le temps de restitution, commun à chaque classe, soit cohérent. La trame commune de chaque atelier est la suivante : réaliser un plan-séquence où chaque enfant filmerait un personnage en train de parler. Chaque classe peut se réapproprier le sujet, notamment en réutilisant des personnages déjà créés par les enfants au cours de l’année. Le procédé du plan-séquence induit une énorme responsabilité de la part de chacun puisqu’à chaque erreur tout doit être recommencé. Mais cette contrainte déclenche une grande concentration chez les participants qui se prennent au jeu très sérieusement. Grâce aux répétitions et à une bonne préparation, très peu d’erreurs sont commises lors de la phase de tournage. Cette méthode permet que les élèves construisent par eux-mêmes leur volonté de se concentrer. Ce projet met en exergue que, malgré un cadre commun, il est important de faire en sorte que chaque atelier prenne du sens pour les enfants, qu’ils se l’approprient. C’est ainsi qu’à partir de ce même dispositif, chaque intervention a été différente. Une diversité d’approches qui tient tant dans la manière dont les enfants se sont appropriés l’atelier que dans celle dont Benoît Labourdette l’a encadré. Si les objectifs étaient les mêmes d’un atelier à l’autre, Benoît a pris soin de s’adapter à chaque classe et à chaque situation, accordant du temps aux choses importantes et prenant le risque de moduler ce qu’il avait prévu en fonction des situations. Dans une classe, par exemple, Benoît réalise rapidement que les élèves parlent très doucement, ce qui va poser problème lors de l’enregistrement de leurs voix. Il leur propose alors de crier, chacun leur tour, le plus fort possible. Cet exercice n’était pas prévu mais il s’est avéré être un outil précieux dans cette classe, permettant de libérer une énergie et d’être plus efficace lors du tournage. Dans une autre classe, Benoît décide de prendre le temps de préparer les élèves à leur performance orale. Il leur demande de se positionner chacun leur tour devant les autres et de faire parler son personnage. C’est l’occasion de transmettre des techniques d’interprétation théâtrale à chacun. Souvent, il faut répéter les mêmes conseils d’un enfant à l’autre. Mais rapidement, c’est le reste de la classe qui donne des conseils, intégrant et se réappropriant ce qui a été dit auparavant. Les élèves, qui ont chacun un personnage, en avaient également fabriqué un pour Benoît, qui, à son tour, vient le faire parler devant la classe. Et là, ce sont les enfants qui lui font des retours vraiment utiles sur sa performance ! Quel que soit notre niveau d’expérience, nous avons chacun à apprendre des autres. L’expérience vécue par l’enfant est mise au cœur du projet. Chaque film est à voir comme une première étape de travail qu’ils doivent vivre pleinement afin qu’elle soit constructive pour eux. Lors de chaque atelier, Benoît Labourdette veille à ce que les enfants disposent eux-mêmes leur personnage au sol. Si cette solution n’est pas la plus rapide, c’est pourtant ce qui va permettre aux élèves d’être pleinement acteurs de ce projet. En étant responsabilisés dans la réalisation du film, les enfants se sont emparés du projet.

La séance de restitution, un objectif final comme fondement du projet

Souvent difficile à organiser, une séance de restitution en salle de cinéma est pourtant un moment clé. En plus de valoriser le travail des élèves, elle vient clore le projet tout en l’inscrivant dans autre cadre que celui de l’école. En étant présentée comme telle aux enfants dès le début des ateliers, elle devient un véritable objectif commun qu’il devient alors essentiel d’atteindre. L’intérêt d’une restitution en salle, en plus de voir les films sur grand écran, réside dans le fait d’établir un dialogue autour de l’image, de l’expérience de création et de celle de spectateur. C’est pourquoi, au début de la séance, Benoît prend soin de demander aux spectateurs de regarder les films dans l’optique d’en parler par la suite. Cette approche leur permet à la fois de préparer des questions, mais également d’avoir un regard plus actif lors de la projection et échanger plus facilement après. Si cette séance a pris du sens dans l’expérience de l’enfant, c’est également car elle a été bien anticipée. Les enseignants ont préparé avec leurs élèves la présentation de leur film. Cette sensibilisation en amont leur a permis de profiter pleinement de cette expérience, qui est alors vécue comme encore plus exceptionnelle.

Un projet inscrit dans le territoire, des enjeux multiples

Après la réalisation de chaque film, les enseignants pouvaient dès le lendemain les montrer en classe car Benoît Labourdette les met en ligne au fur et à mesure. Ce moment est essentiel puisqu’il permet de parler tous ensemble de l’expérience qui vient d’être partagée dans la classe. Pour autant, redécouvrir ces films en salle induit d’autres enjeux. Outre l’expérience singulière de la salle de cinéma, la dimension collective est véritablement convoquée dans la mesure où les élèves découvrent le travail d’enfants d’écoles différentes ayant participé au même projet qu’eux. La séance a lieu au cinéma Le Rex, à Châtenay-Malabry. Si une des écoles est située dans la même ville, les deux autres viennent de Courbevoie et Gennevilliers. Le trajet en car est long et les enfants prennent conscience de l’étendu de leur département, en plus de découvrir des lieux qui leur étaient inconnus jusqu’alors. Si la formation de départ a permis de toucher beaucoup d’enseignants du département, garder des traces du travail mené par la suite permet également de faire circuler l’information et peut-être de donner envie à ceux n’y ayant pas encore pris part de s’approprier le projet.

Sélection de films

Tous les films réalisés lors de cet atelier sont disponibles ici : www.benoitlabourdette.com/_docs/ ?dir=projets/2016/2016_canope92 En voici une sélection (deux films parmi les six) :
  • La Mode à travers les âges a été réalisé par une classe de CM2 de Chatenay-Malabry.
  • The Movie of the Future a été réalisé par une classe de CM1 CM2 de Courbevoie.
Alice Posiere
thumbnail Benoît Labourdette

Voir aussi