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Art plastique

La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.

La peinture est la matière originelle du travail plastique, qui se relie intimement à la photographie à mon sens, car elle contient aussi le temps de son geste et de son imaginaire.

L’installation, c’est à dire l’existence dans l’espace et le temps des formes artistiques est cruciale, car il s’agit de la façon dont l’œuvre se modifie par sa mise en relation avec le spectateur.

Ces pratiques dialoguent avec mon travail de cinéaste, s’interpénètrent depuis toujours.

Caméras de surveillance

29 janvier 2011

Série de photographies.

Pendant quelques mois, à la fin de l’année 2010, je me suis attaché à photographier les caméras de surveillance, à observer les machines à travers lesquelles nous sommes observés à notre insu partout et tout le temps. Cela a produit cette série de 47 photographies.

Oser regarder en face l’oeil qui nous regarde.

On peut trouver une certaine esthétique de ces objets, qui ont pour fonction d’être vus, qu’on se sache surveillé, mais qui doivent aussi être discrets.

Je suis resté dans les lieux publics et lieux de circulation, surtout les gares des petits voyages quotidiens.

Le système d’accrochage de ces appareils est plutôt surprenant, et j’ai travaillé la dimension architecturale de leur place dans un espace qui devient abstrait du fait de leur présence. Et, du fait du caractère plastique original de chaque caméra, de son positionnement unique, reflet d’une manière de regarder unique aussi, chacune d’entre elle semble prendre le caractère d’un personnage, avec son attitude, son vécu, son histoire et regard sur le monde propre. Certaines sont d’un anthropomorphisme frappant.