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Art plastique

La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.

La peinture est la matière originelle du travail plastique, qui se relie intimement à la photographie à mon sens, car elle contient aussi le temps de son geste et de son imaginaire.

L’installation, c’est à dire l’existence dans l’espace et le temps des formes artistiques est cruciale, car il s’agit de la façon dont l’œuvre se modifie par sa mise en relation avec le spectateur.

Ces pratiques dialoguent avec mon travail de cinéaste, s’interpénètrent depuis toujours.

Visage sur visage

7 septembre 2017

Un visage projeté sur un visage, ou la mise en abyme identitaire.

Des images qui restent « en tête »

Lors d’une journée de workshop que j’ai animée dans le cadre du Master Médias Numériques de l’Université de Grenoble en novembre 2016, j’ai photographié la projection d’un visage sur un visage faite par les étudiants, instant après instant. Morgane Le Cœur s’est prêtée au jeu d’être ainsi photographiée. Ces images me sont restées en mémoire, et, plusieurs mois plus tard, elles sont ressorties, signifiant leur présence.

Des photos comme un film

J’ai conservé la série, car il me semble que le cubisme de ces images se laisse découvrir non pas au sein de chaque image, mais dans les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres.

C’est « l’exercice de style » qui ouvre aux nuances de la perception, que nous n’aurions pas, je crois, dans une vision de chaque image prise isolément. C’est, étonnamment, pour moi, le temps de la circulation du regard de l’une à l’autre qui les fait exister chacune en profondeur. Bref, des photos à regarder comme un film...