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Courts métrages

Je réalise des courts métrages comme un peintre fait des tableaux, dans une démarche généralement individuelle, loin des pratiques académiques de fabrication du cinéma. Certains films sont réalisés de façon très spontanée, d’autres peuvent prendre des années à mûrir. J’explore la rencontre entre l’image et le monde. Je vous propose des expériences de cinéma, qui bien souvent racontent aussi des histoires...

L’affiche

2 mai 2012

Un film tactile, fait de papier et de mots.

Un film de Benoît Labourdette (3’05, 2012).


L’affiche


L’affiche Un film tactile, fait de papier et de mots. Un film de Benoît Labourdette (3’05, 2012). thumbnail Benoît Labourdette

Diffusions

Synopsis

Une histoire d’amour. On oublie que l’amour peut devenir impossible du fait d’une trop grande proximité. Ce n’est pas l’ennui, mais le regard qui disparaît. Des déchirures dans le réel, qui révèlent l’essence du réel, à l’occasion d’un bouleversement, peuvent devenir les ouvertures dans lesquelles l’amour pourra renaître à la vie.

Texte du film

Une main ferme. Un homme de papier. Une femme qui le regarde. Un homme réel était là, derrière. Une femme réelle, disparue depuis longtemps des écrans des gens, qui réapparaît, elle-même enfin, perdue, peut-être en apparence, au milieu de la déchirure de ce qui fut l’apparence, c’est à dire, aujourd’hui, au cœur du réel, du concret de la vie. Cette belle femme qui regarde les mains fermes de l’homme aventurier. Un homme d’un autre temps, un homme qu’on aurait pu croire, et qu’on a pu voir, dans un autre film que le film dans lequel était la femme. Mais les déchirures du temps et des activités humaines font qu’aujourd’hui tout a changé, tout est changé. Tout est différent, tout est vrai, enfin, des années après les simulacres, il ne subsite que ce qui a toujours été vivant. Je voudrais moi aussi déchirer ces apparences trompeuses, pour me retrouver, moi aussi, dans la matière de la vie. Dans la vérité de la vie. Tu le regardes et tu vas l’aimer, après tant d’années. Et toi, l’homme dont on ne voit pas le visage, mais seulement les mains, fortes, qui s’ancrent dans le monde, toi l’aventurier de papier, intrépide en apparence. Toi, tu es redevenu l’essence de toi-même, sans visage pour le moment, prêt, je pense, à revivre dans le regard de celle que tu n’attendais pas, alors que vous étiez là, collés l’un à l’autre, depuis des années. Que de temps a-t-il fallu, pour qu’enfin vous vous rencontriez ! Vous savez, vous étiez trop proches, vous ne vous voyiez plus ! Peut-être, sans doute, vous étiez-vous aperçus juste, un bref, instant, à l’instant où vous vous étiez posés sur cet écran, dans ce réel glacé jadis, aujourd’hui abîmé, ouvert. Profitez-en, tant qu’il est temps, la vie n’a qu’un temps, profitez-en, rencontrez-vous, vivez vos aventures, car demain, à la place de votre vie, il y aura peut-être un cimetière blanc, immaculé, prêt à recevoir de nouveaux simulacres. Mais quelle importance ? Moi, je me souviendrai de vous, et le souvenir de la vie est bien plus fort que la vanité mortelle des hommes.