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Documentaires

Qu’est-ce qu’un « documentaire » ? Un regard singulier sur le monde, sur la réalité. Tout film, toute œuvre, au fond, propose une vision du monde, que cela soit par le truchement de la fiction ou pas. D’ailleurs, certains documentaires intègrent de la fiction, et inversement. Alors pourquoi différencier ces deux formes de cinéma ? Peut-être tout simplement pour préciser au spectateur ce qu’il doit attendre de prime abord du film : la proposition de vivre avant tout un rêve dans un imaginaire, ou la proposition de découvrir des pans du monde inconnus, car révélés par un regard unique.

Le fil

14 novembre 2016

Documentaire sur l’exposition de peinture « Le fil » de Benoît Labourdette, Paris, octobre 2016.

Un film de Benoît Labourdette (8’34s, 2016).


Le fil


Le fil Documentaire sur l’exposition de peinture « Le fil » de Benoît Labourdette, Paris, octobre 2016. Un film de Benoît Labourdette (8’34s, 2016). thumbnail Benoît Labourdette

Au départ, j’avais un projet de film : travailler dans la matière du temps audiovisuel l’inscription de la trace d’un passé révolu. Mais le film ne se faisait pas, traînait. Puis les objets et matières collectés pour ce dessein se sont tout à coup déplacés vers la toile pour y laisser leur trace puis disparaître. J’ai décidé d’être à l’écoute de cela, de laisser faire. Bribe après bribe, sur plusieurs mois, des protocoles chorégraphiques, comme autant de mini tournages de films, ont laissé leurs traces sur des carrés tendus de toile (j’avais employé le format carré pour un certain nombre de films précédents). Un jour, ce fut terminé. J’ai compté par curiosité le nombre de toiles : précisément cent. Le titre de cette série de toiles s’était imposé de lui-même : « Le fil », pour des raisons symboliques et aussi du fait que les seules matières employées furent le bois, la peinture et le fil. Et puis... je viens de comprendre que « FIL », c’est « FILM » sans le « M ». « FIL-M ».

Ce film documentaire est un simple projet de mémoire de cette exposition et de ces toiles, car les toiles, désormais, voyagent vers d’autres maisons. Le texte que Jean-Marie Baldner m’avait fait l’amitié de composer pour présenter l’exposition est lu sur les images de ce plan-séquence, en toute simplicité et dans l’amitié de compagnonnages artistiques, par Leïla Barreau, Martine Stora, Carole Contant, Valentine Cohen et moi-même.

Texte de Jean-Marie Baldner à propos de l’exposition

Un placard dans une maison aux souvenirs antérieurs ou dans un appartement parisien. À l’intérieur, quelques objets, une importance toute personnelle, bouts de bois, bobines de fil, pelotes de laine, chiffons anciens, bâtons d’encens, quelques tubes d’acrylique… De cet entassement mêlé naît la volonté de faire trace, d’une écriture arrêtée, d’une mise à plat, une photographie de l’arrêt, d’un avant et d’un après d’où ne persiste que le signe ; le désir d’un geste où chaque objet serait le producteur et le produit de sa trace colorée, celle de sa disparition. Une forêt de toiles, cent carrés apprêtés, de différents formats, comme en bosquets, dans lesquelles la matérialité du cadre de bois et de la toile de coton forment empreinte, présence à deviner et à imaginer, attend d’autres empreintes rehaussées de fils, de tissus, de bois. Faire des objets et des supports la matière et l’outil éphémère, du résultat la matrice, une mémoire et une histoire de fil et d’arbre.