Imaginons un instant - Episode 4

Imaginons un instant - Episode 4 Un film de Benoît Labourdette (2’41s, 2009). Imaginons un instant que ce radiateur est un mur... thumbnail Benoît Labourdette
Un film de Benoît Labourdette (2’41s, 2009).
22 novembre 2009. Publié par Leny Müh.

Imaginons un instant que ce radiateur est un mur...

L’une de mes volontés, dans ces films, est de construire des bandes sonores en direct pendant la prise, de déplacer la « micro-caméra » pour faire exister des sons en plan séquence.

Ce radiateur soufflant, au bruit discret, m’a invité à l’enregistrer. C’est sans doute un embryon de bande sonore, mais c’est un premier essai. Je prends aussi plus garde aux bruits de manipulations de l’appareil, que j’essaie de réduire au minimum (sauf si je choisis de les exploiter en tant que tels, bien-sûr).

Alors, le cadre ayant été plutôt technique, le sujet n’a pas du tout pu préexister, ce qui est la meilleure situation pour ce projet. Le « danger », le fait de ne pas savoir où l’on va mais de s’ouvrir aux directions que les rencontres proposent, était total.

Le mythe de la maîtrise de l’homme sur le monde est revenu de façon explicite. Ma crainte de la répétition et de l’ennui. Mais au fond, non, c’est une variation sur le thème, et peut-être que cet ensemble de films en train de se faire sont une investigation contre la maîtrise, justement. Un projet de travail sur la « justesse » des choses. Dans cette mesure, il n’est pas anormal que ce sujet de la maîtrise de l’homme figé revienne. L’essentiel est de ne pas verser dans la complaisance. Et si cela affleure de temps en temps, c’est que c’est quelque chose à travailler, justement.

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« Imaginons un instant que ce balai est un être humain », « imaginons un instant que ce trottoir est un soleil », « imaginons un instant que la nuit n’existe pas »... dans le quotidien, des visions du monde incongrues et surréalistes. Vingt et uns plans séquences, tournés en 2009, dans lesquelles je me filme moi-même, au fil des pérégrinations de la vie, imaginant par les mots une fiction à partir du réel que je suis en train de croiser. J’ai réalisé cette série avec un outil, innovant à l’époque, le « Zoom Q3 », première caméra de poche équipée d’un micro d’excellente qualité. C’est cette caméra qui m’a (...)