Lumière dans une fenêtre

6 février 2019. Publié par Benoît Labourdette.
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Voyage contemplatif dans l’énergie de la lumière, entre nature et électronique.

Aux débuts de la vidéo numérique dans les années 1990, j’ai fait bien des expériences, dont le larsen vidéo, pratique qui consiste à filmer un écran cathodique avec la caméra qui y diffuse l’image qu’elle est en train de filmer. C’est une forme de mise en abyme dans les faisceaux d’électrons.

Il faut une première source de lumière dans l’image, ici une fenêtre, que l’on va multiplier comme avec deux miroirs qui se font face. Et, du fait que la caméra est mobile, on peut « voyager » dans cette énergie lumineuse par d’infimes mouvements de l’appareil. On y découvre alors des territoires visuels très surprenants, organiques, qui donnent la sensation d’une forme de « vie électronique », d’un univers en soi.

Aujourd’hui on sait (cf. le philosophe Mark Alizart, l’historien Yuval Noah Harari, le mathématicien Benoît Mandelbrot avant eux, etc) que la vie, dans son présent et son futur, n’est pas seulement biologique. La mécanique y a une grande part. On a même découvert que la nature est sans doute une forme d’informatique. La sensation de « vie » dans l’électronique était donc fascinante parce qu’en fait cette « vie » était plus réelle que ce que l’on pouvait supposer alors.

J’ai tourné ces images en 1998, je les ai montées en 1999, puis Pauline Scopetani, dans le cadre d’une numérisation de mes archives, les a retrouvées et numérisées en 2018. J’ai composé la musique avec un piano préparé, dans une démarche assez similaire au fond : c’est comme un voyage dans l’énergie sonore de la table d’harmonie du piano. Enfin ces images et cette musique se sont rencontrées, à vingt ans de distance, en 2019.

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