Une calligraphie, à ma manière, loin des règles et du bien-faire. Une calligraphie des mots, et non pas seulement des lettres. Une calligraphie comme un jeu auquel je vous invite.
Une table est un support, constitué de plusieurs éléments qui le rendent capable de soutenir le poids d’autres objets. Mais surtout, étymologiquement, la table est le support de l’écriture. Écrire ce mot est donc une mise en abyme presque (…)
Tout s’organise autour du vide, ou plutôt dans le vide. L’écrire est une aventure, un voyage mystérieux.
Cette tension particulière, ouverte, ou pas, ou même cette peur parfois, liée au désir, que les caractères eux-mêmes semblent exprimer par leurs postures respectives.
Un mot qui exprime la rencontre, l’émotion la plus puissante, comment l’écrire lui-même ?
Les six lettres qui forment le mot « couple » ont bien du mal à s’assembler, et se retrouvent même à former d’autres mots.
Ecrire le mot « couleur » avec des lettres de plusieurs couleurs.
Ecouter les personnes qui parlent autour de soi et noter certains de leurs mots.
L’intersection des corps de certaines lettres est la nature de cette écriture.
Comment un seul mot, le plus important des mots, révèle différentes facettes par le seul truchement de la façon qu’il a d’être écrit.
Il est interdit aux traits de se toucher. Et pourtant ils dialoguent, d’autant plus.
Les lettres de ces mots se doivent d’être les unes dans les autres, car on le leur a demandé. Elles y cherchent leur liberté.
Ces lettres là se doivent de se toucher, sans mêler leurs corps pour autant.
Où l’intersection entre les lettres ne fait pas d’exception, le mot qui d’abord semblait fuir prend sa raison.
Ici les lettres ne se touchent pas, ce qui n’enlève rien à la profondeur de leur dialogue ; c’est de l’amour courtois.
Les lettres de ces mots sont obligatoirement reliées, par le trait.
Les mots se découvrent, se dénudent, se rencontrent dans l’aventure de leur écriture à main levée.
Des explorations calligraphiques, des mots uniques inspirant leur forme d’écriture.