Un livre qui se présente lui-même. Publié juste avant la crise du Covid-19, il dévoile les techniques de manipulation de masse qui ont été employées pendant cette crise par les gouvernements et les grands médias pour obtenir l’adhésion des citoyens aux atteintes aux droits humains.
Film réalisé dans le cadre d’une formation à la réalisation de films pour des enseignants, animée par Benoît Labourdette et proposée par Clair Obscur.
Il s’agit du livre : « Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain » de David Colon, Flammarion, 2019.
« Fake news », « infox », « post-vérité » : le monde contemporain ne cesse d’être confronté aux enjeux de l’information de masse. On croyait la propagande disparue avec les régimes totalitaires du XXe siècle mais, à l’ère de la révolution numérique et des réseaux sociaux, elle est plus présente et plus efficace que jamais. Chaque jour apporte ainsi son lot de désinformation, de manipulation, de rumeurs et de théories du complot.
Loin de se limiter à la sphère politique et à la « fabrique du consentement », la propagande imprègne aujourd’hui tous les aspects de notre vie en société, les spécialistes du marketing, du storytelling ou les théoriciens du nudge s’efforçant d’influencer nos choix et comportements.
Embrassant plus d’un siècle d’histoire et couvrant un vaste espace géographique, David Colon explique les fondements et les techniques de la persuasion de masse dans le monde contemporain. Il montre que la propagande n’a cessé de se perfectionner à mesure que les sciences sociales et les neurosciences ont permis d’améliorer l’efficacité des techniques de persuasion, d’influence ou de manipulation.
À travers une synthèse accessible et percutante, David Colon livre une contribution essentielle pour mieux cerner les ravages causés par la désinformation, hier comme aujourd’hui.
Dans le champ de « l’éducation aux médias et à l’information (EMI) », il y a à mon sens deux écoles de pensée chez les sociologues, qui apparaissent de façon plus évidente après la crise du Covid-19 (2020-2022) :
De prime abord, ces deux démarches peuvent sembler proches, car elles emploient des outils d’analyse similaires, mais regardées de près, on découvre que leurs objectifs sont en réalité opposés : d’un côté les intellectuels à la pensée libre, défenseurs d’un esprit critique sur tous les sujets, y-compris sur eux-mêmes, et de l’autre côté les experts, rémunérés, porteurs d’un pseudo esprit critique destiné à discréditer les opposants de ceux qui les financent.
Cette nuance entre intellectuel et expert est très importante. L’intellectuel peut risquer sa position sociale pour ses idées, à l’instar d’Hannah Arendt, là où l’expert reste un employé, donc consolide son pouvoir social. La difficulté pour distinguer les deux réside dans le fait que les experts se font passer pour des intellectuels, et parfois le croient eux-mêmes. C’est pourquoi il est toujours très utile de s’intéresser à qui sont les employeurs / financeurs / liens d’intérêts / parcours professionnels des personnalités publiques, ce qui les influence souvent sans même qu’ils en prenne conscience.
C’est à nous-mêmes de faire preuve d’esprit critique et de lucidité sur le contexte et les intérêts que peut servir un discours, quel que soit son auteur. Par exemple, l’emploi du qualificatif « complotiste » pour des personnes qui questionnaient légitimement la politique sanitaire pendant la crise du Covid-19, fut avant tout un indicateur d’absence de pensée critique ou même d’aveuglement de la part de ceux qui l’employaient, tant les mensonges de l’État étaient grossiers, ce qui est désormais avéré. Et pourtant, ces personnes étaient souvent de bonne foi. C’est pourquoi il est important de contextualiser le discours, de bien comprendre d’où parle la personne. À cette époque, l’enjeu était de ne pas se faire exclure de son contexte social, notamment de son emploi, et cela se passait bien souvent dans l’inconscient des personnes, tétanisées par la peur, dont ils ne percevaient pas qu’elle était construite par la propagande.
Depuis 2011, je propose des ateliers de réalisation de films d’animation à partir de papier découpé, dans divers contextes, notamment dans des médiathèques, à la Maison des métallos, au Forum des images, au Musée de l’Homme, au Grand Palais, au Musée de la Grande Guerre, au Mac Val... que j’ai nommés « Cinéma animé », et non pas « Dessin animé », car l’animation est faite « à vue » et le tournage est en plan-séquence. La présence des mains dans l’animation porte à mon sens une vraie valeur poétique, comme on peut le trouver dans le théâtre de marionnettes. Ces films sont souvent muets.
Dans ce cadre là, afin d’impulser la dynamique créative, je peux moi aussi réaliser de ces films « légers », car une bonne médiation c’est un partage profond de la créativité. Voici certains des films que j’ai réalisés dans ces ateliers.