Mémoire du sport dans la grande guerre, création participative d’une exposition photographique

11 novembre 2024. Publié par Benoît Labourdette.
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Pendant trois semaines de l’été 2024, le Musée de la Grande Guerre de Meaux a proposé au public, jeunes, groupes et adultes, de participer à la création de collages photographiques qui ont constitué une exposition d’œuvres participatives sur la thématique du sport pendant la première guerre mondiale, en lien avec notre réalité d’aujourd’hui, et ce dans le cadre de la période des Jeux Olympiques en France.

J’ai co-construit ce projet avec Pauline Casanova, responsable du service des publics du Musée de la Grande Guerre, en appui sur des opérations précédentes, déjà co-construites et co-animées avec Marie-Priscilla Leterme, médiatrice culturelle.

Le projet artistique

Les personnes participantes étaient invitées à créer par elles-mêmes, en autonomie, des œuvres plastiques qui allaient ensuite être exposées dans le musée, puis de façon itinérante dans des structures sociales et culturelles de la ville. Le principe artistique et de médiation, sachant que pour moi il s’agit d’une médiation artistique, était de proposer un immense atelier de création, scénographié de façon attentive. Les personnes étant invitées à une grande autonomie dans leur pratique au sein de cet atelier, les outils étant la pierre angulaire de la rencontre et du travail d’expression personnelle. Dans cette grande salle, une salle de spectacle dont les gradins avaient été retirés (l’espace Caravelle de Meaux), on pouvait découvrir cet espace, sur fond noir, avec un éclairage spécifique pour chaque pôle :

  • Des tables avec énormément de papiers à découper (des photographies de sport pendant la Première Guerre mondiale, des archives qui viennent de l’ECPAD, via un partenariat) dont on pouvait se saisir.
  • Des outils graphiques : paires de ciseaux, colle, peinture, feutres, papiers de tous ordres.
  • L’espace de création graphique : des tables sur lesquelles étaient disposées des cartons plumes noirs de différents formats, les plus grands étant 50 cm par 70 cm. Quand il y avait du monde, cet espace de travail pouvait être aussi au sol.
  • Le poste de numérisation des productions réalisées : un appareil photo avec des éclairages qui permettaient de numériser en coopération avec les personnes les images, de choisir la luminosité, etc. À partir de cette numérisation, toutes les œuvres étaient mises en ligne dans un mini-site Internet, ce qui faisait que les participants partaient avec un QR code qui leur permettait tout de suite d’accéder à leurs œuvres sous forme numérique en très bonne qualité, ainsi qu’aux œuvres des autres au fur et à mesure des trois semaines de l’atelier.
  • La « salle de cinéma » : un grand écran, des sièges rouges, et les œuvres, une fois numérisées, étaient projetées en très grand, prenaient là une forte valeur symbolique et étaient partagées collectivement.
  • L’espace musique : des instruments de musique choisis pour être très simples d’emploi et de qualité.
  • L’espace podcast : un micro et un ordinateur. On proposait aux personnes qui le souhaitaient de s’enregistrer en autonomie au micro, pour raconter une histoire à partir de leurs œuvres. Ce n’était pas obligatoire, le faisaient ceux et celles qui le souhaitaient.

L’idée était que les participants puissent, autour de la création graphique, vivre différents types d’activités, reliées aux différentes formes d’intelligence. Par exemple, certains pouvaient passer beaucoup de temps à la création graphique, répondant ainsi à leur envie du moment, tandis que d’autres pouvaient passer moins de temps à la création graphique mais plus de temps à la création musicale ou à l’écriture d’un récit. Certains pouvaient prendre du temps à regarder en grand les œuvres des autres. Et lorsque certains avaient terminé leur production graphique, ils pouvaient prendre des instruments de musique et aller répéter, vivant ainsi un autre type d’activité. Il y avait régulièrement des moments de rencontres collectives, tous assis dans la mini-salle de cinéma devant une œuvre graphique projetée en grand. Là, l’auteur ou les auteurs de l’œuvre demandaient aux autres participants, chacun muni d’un instrument de musique sur lequel ils avaient travaillé, de créer une ambiance sonore collective pour illustrer cette production graphique. Les fichiers MP3 ainsi produits étaient mis en ligne immédiatement dans le mini-site Internet, « l’exposition en ligne », à côté de l’œuvre graphique.

L’autonomie

Pendant les trois semaines qu’a duré l’atelier, un certain nombre de visiteurs professionnels nous ont relaté une sensation forte à leur entrée dans cet espace : cette autonomie des participants, chacun occupé à faire ce qu’il avait à faire, à sa manière. Parmi les professionnels présents, aucun n’a résisté à l’envie de participer, lui aussi ou elle aussi, en individuel ou en collectif, à l’atelier, de créer également une œuvre graphique !

Pour moi, l’autonomie est la clé de la rencontre, ce qui permet d’aller plus loin vers soi-même. Le principe était que j’invitais dans mon atelier plurimédia, et j’offrais les outils. J’ai apporté beaucoup plus d’outils que ce qui était nécessaire. Par exemple, les feutres Posca, qui sont des feutres de peinture assez difficiles à utiliser quand on n’est pas habitué, je ne les avais pas apportés au départ. Et le deuxième jour, je les ai apportés. En fait, ils ont été énormément utilisés pour intervenir sur les photos et sur les collages, ce que je n’avais pas du tout anticipé. J’ai aussi acheté en cours de route des feutres de peinture à l’eau translucide, qui ont été très utilisés pour coloriser les photos en noir et blanc. Je les avais achetés comme ça, sans savoir comment les gens s’en serviraient. Donc il y a des outils que je sais utiles, mais dans la manière de se les approprier, ce sont les participants qui, en autonomie, font à leur manière, bien sûr dans un cadre que je leur propose, mais au sein duquel ils sont complètement libres de leur manière de faire.

Cette autonomie fait que la personne crée pour elle-même. Bien sûr, elle est dans un cadre, mais c’est elle-même qu’elle va rencontrer dans ce cadre. Elle va ainsi inventer et découvrir sa propre façon de faire et en enrichir les autres, y-compris moi. Chacun fait à sa manière, avec un objectif très simple : faire des productions graphiques et des productions sonores si on le souhaite, puis les partager.

Le sport, le processus et la mise en abyme

En parallèle de l’atelier, de temps en temps, j’emmenais les groupes, quand il y en avait, dans le parc adjacent à l’espace Caravelle pour leur faire faire des entraînements sportifs que nous prenions en photo. Ces photos, elles aussi, étaient imprimées et faisaient partie du corpus qu’on pouvait découper. Une chose que je n’avais pas du tout anticipée, c’est qu’on faisait aussi des photos de l’atelier lui-même, du déroulement de l’atelier. Et par hasard, un jour, ces photos-là aussi ont été imprimées. Ainsi, un certain nombre d’œuvres graphiques intègrent les photos de l’atelier en train de se faire.

Cela a été très important, parce que certaines de ces œuvres racontent aussi leur processus de fabrication. Pour la réussite d’une démarche comme celle-là, ce qui est le plus important, c’est le cheminement. Ce n’est pas l’œuvre graphique en elle-même. Elles sont magnifiques, mais le plus important, c’est le cheminement que chaque personne a fait pour créer quelque chose et faire quelque chose qu’elle n’aurait jamais fait dans sa vie quotidienne, s’il n’y avait pas eu cette proposition de rencontre. C’est pour cela que l’exposition finale doit aussi raconter le processus.

Déroulé de l’atelier et publics

Cet atelier était au départ conçu pour des groupes d’enfants du champ social de la ville de Meaux pendant l’été, avec un programme sur trois jours. Certains groupes ont participé à ce programme :

  • Premier jour : la médiatrice du musée les rencontrait dans leur structure avec une valise d’objets pour les sensibiliser à la Première Guerre mondiale. L’après-midi, le groupe visitait le musée de la Grande Guerre de Meaux.
  • Le deuxième et le troisième jour, le groupe se retrouvait pour quatre demi-journées dans l’espace Caravelle pour créer les productions graphiques avec les différents volets, chacun à son rythme : création graphique, création musicale, création sonore, numérisation.

Pour la première semaine, il n’y avait pas de groupe inscrit. Nous avons donc collaboré avec la médiathèque, qui est dans le même lieu, et avec une fête de quartier, le lendemain du premier jour, pour ouvrir cet atelier à d’autres publics. Finalement, pendant les trois semaines, il y a eu des groupes et des individuels ou des familles qui ont travaillé ensemble, ce qui était une très bonne chose. Des personnes individuelles qui étaient venues par hasard, parce qu’on leur avait parlé de cet atelier à la médiathèque, ont pu y passer des journées entières, y revenir plus tard.

Finalement, le fait que la première semaine, il n’y ait pas eu le groupe prévu, fut une grande opportunité d’ouverture à d’autres publics que ce qui était prévu, et des liens se sont tissés entre toutes ces personnes. Qu’on soit un enfant, un animateur, un responsable de la ville, tout le monde participait à l’atelier. Tout le monde a créé des choses parce que l’envie était partagée. Par exemple, tous les animateurs des groupes d’enfants ont eux aussi créé des œuvres, mais je n’ai même pas eu besoin de le leur demander. À un moment donné, ils en avaient envie, car la porte leur était ouverte, donc ils l’ont fait, et c’était possible, les jeunes étant très autonomes dans leur création.

Le vernissage de l’exposition

Le vernissage de l’exposition a eu lieu au musée de la Grande Guerre de Meaux, fin juillet 2024. J’avais initialement prévu qu’il y ait 12 grands tableaux (4 par session). J’avais imaginé au départ des œuvres collectives sur de très grands tableaux. Chaque partie du grand tableau étant investie par quelques personnes. Mais comme dès le départ, l’atelier ne s’est pas passé comme prévu, j’ai acheté des cartons plumes plus petits et plus légers. Et au final, il n’y a pas eu 12 tableaux, mais 80 tableaux ! Certains sont collectifs, certains sont individuels.

Je me suis rendu compte que je projetais au départ une attente théorique, mais que dans la rencontre avec les participants, il s’est passé autre chose que ce que j’avais prévu initialement, et c’est tant mieux. Donc l’exposition est beaucoup plus riche que ce que j’avais imaginé au démarrage du projet. J’ai acheté énormément de cartons plumes, à chaque fois que je voyais que la créativité était absolument débordante.

Et le jour du vernissage, il fallait accrocher non pas 12 tableaux, mais 80. Le matin, nous avons commencé à les ordonner, et les participants étaient conviés une heure et demie avant le vernissage. J’avais dans l’idée qu’on accroche ces tableaux ensemble, qu’on décide esthétiquement de quel tableau on met à côté duquel, et qu’on travaille ensemble la cohérence graphique, plastique, thématique.

J’avais acheté des supports, il y avait des cimaises, des accroches, mais c’est énorme, 80 tableaux, ça ne tient pas très bien, et ils avaient des formats différents. Donc, finalement, je me suis dit qu’en une heure et demie, on n’aurait pas le temps de tout accrocher. Alors j’ai choisi de commencer à les accrocher de façon provisoire, le matin, et qu’ensuite, avec les participants, on les accrocherait mieux. Le système de cimaises n’était pas très stable.

On s’est rendus compte au fur à et mesure de l’accrochage qu’en mettant du gaffer en double face (le gaffer est un ruban adhésif toilé utilisé dans le spectacle), cela tenait bien ça tenait mieux au mur qu’avec le système de cimaises. Par contre, cela pouvait aussi se décoller dans le temps.
Et quand les participants sont arrivés, certains tableaux n’étaient pas accrochés, et certains autres tableaux ne tenaient pas très bien. Et en réalité l’enjeu, l’exposition devant rester au musée jusqu’au 11 novembre, était pour eux, chose que je n’avais pas du tout anticipée, que les tableaux tiennent bien jusqu’au 11 novembre. Et pendant une heure et demie, moi je découpais des bouts de gaffer, je les mettais en double face et j’en donnais, j’en donnais, j’en donnais. Finalement, les participants ont œuvré à accrocher solidement toutes ces œuvres au mur. Et ça a tenu, rien n’est tombé jusqu’au 11 novembre.

J’ai appris à travers cette expérience quelque chose de très important : j’avais mon idée, que l’accrochage était quelque chose d’esthétique avant tout. Et ils m’ont appris qu’il y avait peut-être quelque chose d’encore plus important, c’était que ça tienne, que l’exposition existe. Et ils m’ont ramené dans la réalité, qui est multiple. Bien sûr, il y a l’aspect esthétique. Mais il y a aussi l’aspect pratique. Et il n’y a pas d’opposition entre les deux. Ils ont changé des petites choses dans l’esthétique, mais globalement ça leur allait très bien. Ce n’était pas l’essentiel pour eux. Ce que j’ai appris, c’est qu’il n’y a pas d’essentiel, il n’y a que des complémentarités. Et on s’enrichit de nos complémentarités. Il n’y a pas un point de vue qui est plus important que l’autre. Et c’est ainsi que l’on construit vraiment quelque chose ensemble.

L’outil numérique comme activateur de l’envie de participer

Par ailleurs, pour le vernissage, je craignais que des personnes qui avaient participé à l’atelier pendant deux heures, trois semaines plus tôt, n’aient pas très envie de revenir. D’ailleurs, je me permets une remarque sur la temporalité : le fait que des personnes participent à cet atelier dans des temporalités différentes était très riche. Dans la même salle, on avait des personnes qui étaient là pendant trois jours, d’autres qui étaient là pendant une heure et qui créaient quelque chose. Cette ouverture à la possibilité d’implications différentes pour chaque personne me semble très importante. Et aussi, cette ouverture pour quelqu’un qui avait prévu de ne venir qu’une demi-heure, et que cela suscite son désir, que cette personne ait envie de revenir le lendemain, le surlendemain, et la semaine suivante ! Cela s’est passé. Cette coexistence de temps différents d’implications me semble très importante et riche en termes de médiation.

Et qu’est-ce qui a pu faire que les gens aient envie de venir à ce vernissage ? Pourquoi on a envie de venir à un vernissage ? Parce qu’on donne une valeur à ce qu’on a fait. Mais pour le cas d’enfants qui doivent être accompagnés de leurs parents, il faut aussi que les parents confèrent une valeur à ce que les enfants ont fait, mais les plus souvent, ils ne savent pas ce que les enfants ont fait ! Là, l’outil numérique, le mini-site Internet, extrêmement simple qui est juste une galerie d’images et de sons, a servi à l’implication et au désir de venir participer au vernissage. Et cela nous a été relaté par des personnes présentes lors du vernissage qui ont passé du temps à regarder les œuvres en ligne, les œuvres de la personne qui avait participé et celles des autres. Et la qualité de numérisation qui faisait partie de l’atelier a servi à cela, c’est-à-dire que c’est une simple galerie photo, mais chaque photo est prise au sérieux et sublimée dans la valeur qu’elle a. Et donc l’outil numérique a fait lien, a fait qu’il y a eu du monde à ce vernissage. Et que cela a fait sens pour les personnes de se retrouver, de célébrer, si on peut dire, ces créations qu’ils avaient faites.

L’exposition itinérante

Après le 11 novembre 2024, le service de médiation a décroché l’exposition du musée et cette exposition est devenue itinérante. Elle est accrochée pendant quelques semaines dans plusieurs structures sociales et culturelles de la ville, et est toujours accompagnée des QR codes qui permettent d’accéder à sa version numérique complémentaire et éventuellement d’accéder directement aux sons qui correspondent à chaque image quand il y en a. Cela permet une durée d’existence et de partage, de continuer à faire lien, ce qui est l’une des fonctions importantes de la médiation artistique.

La conception du projet et les droits culturels

Pour moi, ce projet artistique, et c’est pour cette raison-là que je parle de médiation artistique, est un projet de rencontre entre mon univers d’artiste et les univers des personnes qui sont venues participer. Les outils sont ce qui a permis cette rencontre. J’ai apporté mes propres outils, ceux avec lesquels je travaille moi-même, ces outils étant organisés dans l’espace d’une manière qui me convient pour créer. Et les personnes étaient d’une certaine manière invitées dans mon atelier de création. Mais ils ont pu se l’approprier à leur manière. C’est cela que j’appelle la rencontre. Et c’est cela que j’appelle de la médiation artistique, parce que ce qui compte pour moi, c’est ce que je peux apporter aux autres, mais aussi ce que je peux recevoir des autres. Ce que je propose est donc un espace de coopération artistique, et non pas un espace de transmission artistique de projets qui seraient les miens. Car nous nous enrichissons mutuellement dans cet espace.

Je sais que cette approche est atypique à plusieurs titres, car bien souvent, dans les projets d’action culturelle dans lesquels on invite des artistes, on est plutôt dans l’idée que l’artiste va venir apporter son savoir, ses compétences, ses savoir-faire, ses techniques, son esthétique, pour intégrer les personnes participantes dans son esthétique et sa démarche, dont ils vont recevoir son expertise. Mais pour moi, ce n’est pas suffisant, c’est même réducteur et je pense qu’on peut aller plus loin. En fait, chaque personne porte en elle sa manière de penser le monde, sa manière de s’exprimer. Et je trouve qu’il faut laisser toute la place aux personnes de pouvoir s’exprimer à leur manière dans un certain cadre, bien sûr.

Donc, mon idée, et c’est dans ce sens-là que ce projet s’inscrit dans le sens des droits culturels, n’est pas une idée de démocratisation culturelle où je vais seulement apporter mes compétences à des personnes dans un projet artistique repéré, car ce serait alors un projet de production artistique (et non pas de médiation artistique). L’idée est de constituer un espace de démocratie culturelle, c’est-à-dire un espace à l’intérieur duquel les personnes sont libres, ce qui est le principe de la démocratie ; elles sont libres de pouvoir contribuer à leur manière au projet collectif et démocratique, qui est lui aussi transformé par l’apport des personnes.

Et surtout, il me semble important d’en revenir aux objectifs du projet, aux textes qui permettent de financer ce type de projet. Les objectifs sont le parcours des personnes participantes, l’art est utilisé comme un facteur d’émancipation des personnes participantes. Le but n’est pas une production artistique. Le but est un cheminement artistique, ce qui n’est pas du tout la même chose. Je reviens donc aux objectifs formulés dans les textes.

Mais le problème récurrent est que, comme on veut un « beau » résultat, on va, sans s’en rendre compte, dériver de la médiation artistique vers la production artistique : il faudra que l’exposition soit maîtrisée, améliorée éventuellement par l’artiste qui va intervenir sur les œuvres réalisées par les participants, parce qu’il en va de son identité en tant qu’artiste, parce qu’il est censé avoir transmis ses compétences. Car si les personnes ont fait à leur manière autrement, il n’y aura plus l’identité artistique de l’artiste dans l’exposition finale. Et ce faisant, peut-être va-t-il être dévalorisé en tant qu’artiste et peut-être n’aura-t-il pas de budget pour de prochains projets ! La qualité esthétique n’aura pas été suffisamment travaillée, parce que les personnes auront eu trop de place ! Et pour moi, c’est un problème. Et c’est pourquoi, ce qui est à restituer, ce n’est pas juste le résultat graphique, ce qui est à restituer, c’est le processus, qui a permis ce résultat.

Le rôle de l’artiste, à mon sens, est d’aller à la rencontre des personnes qu’il invite, avec son expérience, ses compétences, et ensemble on invente quelque chose. Et chacun va en ressortir extrêmement enrichi, beaucoup plus que si tout avait toujours été cadré uniquement dans la vision de l’artiste. Mais pour que ce soit compris par les participants en premier lieu et par les responsables institutionnels et les financeurs, eh bien, il faut le raconter. C’est pour cela qu’il faut le raconter dans l’exposition ou la restitution, c’est-à-dire dans ce qui reste finalement du travail mené. Pour ce projet, le fait que les photos du processus aient pu être intégrées dans certaines œuvres, a permis que le récit du processus soit mis en abyme dans les œuvres elles-mêmes.

Portfolio
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L’installation, c’est à dire l’existence dans l’espace et le temps des formes artistiques est cruciale, car il s’agit de la façon dont l’œuvre se modifie par sa mise en relation avec le spectateur.


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