Des mots semés sur les images

11 novembre 2022. Publié par Benoît Labourdette.
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Sur ma proposition, des personnes ont écrit des mots en regard d’images choisies dans les milliers que je propose dans mon site web, celles qui leur ont « sauté aux yeux » et fait naître des mots, qui les éclairent et les creusent, ou les sculptent , en retour.

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La vie, cruelle, craquelle son désespoir...

Eric Sionneau


(série « Tableaux blancs »)

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Le camion des pompiers
mange des spaghettis
et il lui pousse des cheveux de toutes les couleurs

Benoist Magnat


(série « Dessins d’enfants sur la ville »)

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Guider la mélancolie
Rivoli, Rivoletto, le ruisseau précède le déluge, tic, tic , tic , tic, qui se perdent dans l’oubli comme les larmes dans la pluie. Il faut mettre des gouttières aux nuages, guider la mélodie, Vive la danse, à bas la cadence !

Jean-Philippe Poirée-Ville


(série « Louvre-Rivoli »)

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Le poisson rouge, s’élance, languissant, en toute liberté, dans les confins des abysses où il prend enfin toute son étendue. Le bocal n’a plus sa place là où les limites de sa croissance ne sont plus confinées par les parois de verre, solitaire.

Sabina Appadu


(série « Tube dansant »)

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Atlas porte le monde sur son dos. Un monde de terre, de blé, d’eau, d’éther... Dans cette danse de vie, que porte-t-on ? Le bleu, le rouge, l’ocre, la sève... En moi, imprimé. Identité ou tourbillon de couleurs prêtes à s’envoler ?

Sabina Appadu


(série « À vol d’oiseau »)

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Corset...de plâtre, de voile ou de ver, corset. T’accroches-tu à moi ? Enserres-tu ma cage thoracique ? Mon air comprimé ? Aussi joli sois-tu, corset, tu restes corset. Qu’enserres-tu ? N’est-ce point le temps de te mouvoir et de laisser la vie s’inscrire dans chacun de tes atomes pour enfin y insuffler sa danse ?

Sabina Appadu


(série « Fossile mou »)

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Dansons, dansons... Quelle joie de te retrouver ! Mes mains dans les tiennes, nos branches entremêlées. Converser avec joie et amitié.

Sabina Appadu


(série « Nuit intérieure »)

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clin d’oeil de la nuit
fenêtre ouverte sur une âme blessée
veilleuse de chagrin
je me tais

Valérie Ganne


(série « Fenêtre troublée par la nuit »)

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Deux versions de toi
Un point d’ancrage, solide, et mobile à la fois, déséquilibre heureux, deux versions, intangibles et harmonieuses, insondables, évidentes, radieuses, éternelles.

Ingrid Janssen


(séries « Paul l’arbre » et « Escargot mécanique »)

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J’aime le matin, car je me réveille très tôt. J’ai joué le jeu du hasard, en déambulant dans les photos de la série « Surface d’un matin », et les mondes naissants du jour et de la nuit se sont ouverts.

Sylvie Alphandéry


(série « Surface d’un matin »)

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À qui appartiennent ces yeux noirs, froids et identiques ?
Ils semblent vouloir nous transpercer, nous scruter, nous deviner !
Ils sont toujours là, stigmates récents d’une période quelque peu singulière et insensée !
Portent-ils en eux le message d’un obscur présage ? L’avènement d’un avenir qui se veut être...

Estel Palada


(série « Distanciation sociale »)

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Je vois des oiseaux, des anges déchus, des êtres étranges en train d’apparaître ou de disparaître. Le mouvement transforme les surfaces en plumes, leur donne des ailes. Pour qu’ils s’envolent, ou se volent l’espace d’un instant ? Le temps d’une ouverture de diaphragme ? Un petit quelque chose d’inquiétant et de beau à la fois, émane de ce moment d’une seconde.

Marie Désert


(série « Le baiser de la Défense »)

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J’avance
Ou je recule
Je me laisse contenir
Rebondir
Détenir
Assoupir
La flèche
Est mon confort
Mon décor
Lit où je dors

Mathilde Lagues


(série « Surface d’un matin »)

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Par là
C’est par là
Posée sur la lumière
Dorée
Frêle et folle
Je flotte et je m’envole
Nul besoin de savoir
Pourquoi
Ma destinée toute nue
C’est ça

Mathilde Lagues


(série « Une fourmi en vrac »)

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Halo
Qui est là
Peut-être moi
Peut être pas

Je brille
Je brûle
Ou je me quitte
Vite

Le cœur flou
Le cœur mou
Le cœur noirci
Le cœur flétri

C’est fini
Hors de moi
Je sors de moi
Je fuis

Mathilde Lagues


(série « Petit bonhomme »)

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Sortir de la caverne
Parfois
Y revenir
Y gémir
S’y blottir
Chaque fois

Le monde
Est fascinant
Si attirant
Toujours violent

Voler
C’est bleu
Tourner
Danser
C’est feu

Le monde
Est effrayant
Blanc
Toujours si grand

Je sors
Ou bien c’est toi
Qui viens

Mathilde Lagues


(série « À vol d’oiseau »)

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Moment magique au delà du boisé, lumi-incandescences bleu-orangées.
Est-ce le couchant ou le levant, cette lumière au-delà des herbages désertés ?
La nature s’échauffe et danse sous l’ivresse de ma folle envolée.
J’irai me blottir au creux de l’obscurité, puis je repartirai vers la lumière d’été.

Elise Ripault Duhart


(série « À vol d’oiseau »)

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Petites gouttes
Semées sur le destin
Poucet urbain

Si tu doutes
Il faut tourner
Spiraler
S’embraser

Suis le chemin
De ta colère
Elle trace
Fait la place
Tu danses
T’élances
Et passes

Mathilde Lagues


(série « Louvre-Rivoli »)

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Envols

Ils sautent
Décollent
Rigolent
S’envolent

Qui va gagner
Être le premier
S’émerveiller

Le ciel est là
J’y suis

Mathilde Lagues


(série « Dessein d’amour »)

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Lumières dansées

Flotte
L’éventail

Déploie
Tes entrailles

Orne
Ma muraille

Ouvre-moi
Brille-moi
Tourne-moi
Perds-moi

Conduis-moi
Là où je suis

Mathilde Lagues


(série « Tube dansant »)

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Par la fenêtre

Je ne sais pas

Si une miette d’éveil
A piqué mon sommeil

Ou est-ce la tentation
D’un sommeil profond
Parfaite illusion

Qui ment ?

Où est la raison ?
Lueur d’espoir
Couleur du soir
Lumière à croire
Efface
Espace
Retour du noir

Je ne vois
Pas

Tu n’es plus là

Mathilde Lagues


(série « Fenêtre troublée par la nuit »)

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Apparition

Qui es-tu
Rouge dans ce noir

Est-ce une langue que tu tires
Un nébuleux sourire
Hasardeux
Devenir
Irrévérencieux

Ton regard
Écarquille
Ma mémoire
Tes pupilles

Tu t’en moques

Tu m’invites
À chanter

Mathilde Lagues


(série « Tube dansant »)

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IML

Il neige
Et je m’élève

Hâtif
Je te vois là
Discret
Furtif
Je me tiens droit
Tu sais

Mathilde Lagues


(série « I.M.L. »)

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Rose bleue

Tourne
Ma tête

Bleu
Souffle le vent
Bleu et bleu
Entremêlé
De bleu
Souffle sur moi
Devant
Enveloppe moi
Dedans
Emporte moi
Souvent

Au creux de toi
Je vois
Tout ce qui n’est pas
J’ai froid

Mathilde Lagues


(série « Dessins d’enfants sur la ville »)

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Pourquoi pas

Merci
De ton regard
Si doux

Tendre transparence
Volutes intenses
Tu penses
Et je danse

Tu ne poses
Ta question
Tu oses
Ta direction

Fauve transe
Et je danse

Mathilde Lagues


(série « Fossile mou »)

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Fenêtre sur jour

Toutes petites
Et pourtant là

Il est loin le fond
N’est-ce pas
Éblouit le rond
Que je vois

La fumée sent
Elle rend
Me reprend
Et pourtant

Ailes de quoi

Ailes de toi

Mathilde Lagues


(série « Escargot mécanique »)

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Ma moitié

Deux
Nous sommes

Loin
Hier ou demain

Roulé
J’ai roulé
J’ai ri
J’ai saoulé
Et puis

J’ai craqué
Deux
Ça fait
Je coule
Tu colles
Et après ?

Mathilde Lagues


(série « Distanciation sociale »)

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Fenêtre sur gris

Coup de poing
Dedans
J’ai mal
Tu sais

Serre les bien
Tes dents
Il faut
Traverser

Dans tout ce blanc le gris s’incline
Honteux et flou il n’est pas digne

Ou est-ce une trace
D’espoir qui passe

Mathilde Lagues


(série « Tableaux blancs »)

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La vérité aime à se cacher. A peine effleurée s’effeuille-t-elle et disparaît. Tout un chacun alors frappé par l’illusion est à jamais imprégné de sa présence. Pourtant, en rien ne suffit le désir. La vérité aime à se cacher. La recherche à peine entamée se poursuit. Jamais autant raison n’aura semblé aussi contraire à son essence. Irrationnelle est la quête, malheureuse en sera la destinée. A défaut d’atteindre la vérité, les hommes meurent de sa volatilité. Qu’ils pensent la ressaisir et une moue de dégoût orne leur visage. C’est qu’elle est cruelle et infâme cette vérité. Bien peu nombreux peuvent tenir le regard. L’humanité se crève les yeux. Il faudra sinon se glisser sous les traits tourmentés d’Œdipe. Il est bien heureux que la vérité aime à se cacher. A défaut, l’humanité aurait été décimée. Loin des yeux, près du cœur. Loin des yeux, près du bonheur.

Guillaume Foyer


(série « Les cicatrices de la terre »)

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Dans la lune tu verras...
Le mouvement de la brume
Le tourbillon du brouillard
Le gouffre qui t’emmène
La trace des nuées
La silhouette d’une femme face à l’immense
Les montagnes du destin
La terre et les nuages
Le vibrations des profondeurs
Des créatures se dessiner...
La vie et la mort
Les filées se mélanger
Des paysages magiques
L’oeil de la nuit
L’ombre et la lumière
Le combat, la chute, la bataille
L’espoir
Dans la lune tu verras...
Tout ce que tu voudras

Rosina Nigro


(série « Fabrication de la lune »)

La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.


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