Sur ma proposition, des personnes ont écrit des mots en regard d’images choisies dans les milliers que je propose dans mon site web, celles qui leur ont « sauté aux yeux » et fait naître des mots, qui les éclairent et les creusent, ou les sculptent , en retour.
La vie, cruelle, craquelle son désespoir...Eric Sionneau
(série « Tableaux blancs »)
Le camion des pompiers
mange des spaghettis
et il lui pousse des cheveux de toutes les couleursBenoist Magnat
Guider la mélancolie
Rivoli, Rivoletto, le ruisseau précède le déluge, tic, tic , tic , tic, qui se perdent dans l’oubli comme les larmes dans la pluie. Il faut mettre des gouttières aux nuages, guider la mélodie, Vive la danse, à bas la cadence !Jean-Philippe Poirée-Ville
(série « Louvre-Rivoli »)
Le poisson rouge, s’élance, languissant, en toute liberté, dans les confins des abysses où il prend enfin toute son étendue. Le bocal n’a plus sa place là où les limites de sa croissance ne sont plus confinées par les parois de verre, solitaire.Sabina Appadu
(série « Tube dansant »)
Atlas porte le monde sur son dos. Un monde de terre, de blé, d’eau, d’éther... Dans cette danse de vie, que porte-t-on ? Le bleu, le rouge, l’ocre, la sève... En moi, imprimé. Identité ou tourbillon de couleurs prêtes à s’envoler ?Sabina Appadu
(série « À vol d’oiseau »)
Corset...de plâtre, de voile ou de ver, corset. T’accroches-tu à moi ? Enserres-tu ma cage thoracique ? Mon air comprimé ? Aussi joli sois-tu, corset, tu restes corset. Qu’enserres-tu ? N’est-ce point le temps de te mouvoir et de laisser la vie s’inscrire dans chacun de tes atomes pour enfin y insuffler sa danse ?Sabina Appadu
(série « Fossile mou »)
Dansons, dansons... Quelle joie de te retrouver ! Mes mains dans les tiennes, nos branches entremêlées. Converser avec joie et amitié.Sabina Appadu
(série « Nuit intérieure »)
clin d’oeil de la nuit
fenêtre ouverte sur une âme blessée
veilleuse de chagrin
je me taisValérie Ganne
(série « Fenêtre troublée par la nuit »)
Deux versions de toi
Un point d’ancrage, solide, et mobile à la fois, déséquilibre heureux, deux versions, intangibles et harmonieuses, insondables, évidentes, radieuses, éternelles.Ingrid Janssen
(séries « Paul l’arbre » et « Escargot mécanique »)
J’aime le matin, car je me réveille très tôt. J’ai joué le jeu du hasard, en déambulant dans les photos de la série « Surface d’un matin », et les mondes naissants du jour et de la nuit se sont ouverts.Sylvie Alphandéry
(série « Surface d’un matin »)
À qui appartiennent ces yeux noirs, froids et identiques ?
Ils semblent vouloir nous transpercer, nous scruter, nous deviner !
Ils sont toujours là, stigmates récents d’une période quelque peu singulière et insensée !
Portent-ils en eux le message d’un obscur présage ? L’avènement d’un avenir qui se veut être...Estel Palada
(série « Distanciation sociale »)
Je vois des oiseaux, des anges déchus, des êtres étranges en train d’apparaître ou de disparaître. Le mouvement transforme les surfaces en plumes, leur donne des ailes. Pour qu’ils s’envolent, ou se volent l’espace d’un instant ? Le temps d’une ouverture de diaphragme ? Un petit quelque chose d’inquiétant et de beau à la fois, émane de ce moment d’une seconde.Marie Désert
(série « Le baiser de la Défense »)
J’avance
Ou je recule
Je me laisse contenir
Rebondir
Détenir
Assoupir
La flèche
Est mon confort
Mon décor
Lit où je dorsMathilde Lagues
(série « Surface d’un matin »)
Par là
C’est par là
Posée sur la lumière
Dorée
Frêle et folle
Je flotte et je m’envole
Nul besoin de savoir
Pourquoi
Ma destinée toute nue
C’est çaMathilde Lagues
(série « Une fourmi en vrac »)
Halo
Qui est là
Peut-être moi
Peut être pasJe brille
Je brûle
Ou je me quitte
ViteLe cœur flou
Le cœur mou
Le cœur noirci
Le cœur flétriC’est fini
Hors de moi
Je sors de moi
Je fuisMathilde Lagues
(série « Petit bonhomme »)
Sortir de la caverne
Parfois
Y revenir
Y gémir
S’y blottir
Chaque foisLe monde
Est fascinant
Si attirant
Toujours violentVoler
C’est bleu
Tourner
Danser
C’est feuLe monde
Est effrayant
Blanc
Toujours si grandJe sors
Ou bien c’est toi
Qui viensMathilde Lagues
(série « À vol d’oiseau »)
Moment magique au delà du boisé, lumi-incandescences bleu-orangées.
Est-ce le couchant ou le levant, cette lumière au-delà des herbages désertés ?
La nature s’échauffe et danse sous l’ivresse de ma folle envolée.
J’irai me blottir au creux de l’obscurité, puis je repartirai vers la lumière d’été.Elise Ripault Duhart
(série « À vol d’oiseau »)
Petites gouttes
Semées sur le destin
Poucet urbainSi tu doutes
Il faut tourner
Spiraler
S’embraserSuis le chemin
De ta colère
Elle trace
Fait la place
Tu danses
T’élances
Et passesMathilde Lagues
(série « Louvre-Rivoli »)
Ils sautent
Décollent
Rigolent
S’envolentQui va gagner
Être le premier
S’émerveillerLe ciel est là
J’y suisMathilde Lagues
(série « Dessein d’amour »)
Flotte
L’éventailDéploie
Tes entraillesOrne
Ma murailleOuvre-moi
Brille-moi
Tourne-moi
Perds-moiConduis-moi
Là où je suisMathilde Lagues
(série « Tube dansant »)
Je ne sais pas
Si une miette d’éveil
A piqué mon sommeilOu est-ce la tentation
D’un sommeil profond
Parfaite illusionQui ment ?
Où est la raison ?
Lueur d’espoir
Couleur du soir
Lumière à croire
Efface
Espace
Retour du noirJe ne vois
PasTu n’es plus là
Mathilde Lagues
(série « Fenêtre troublée par la nuit »)
Qui es-tu
Rouge dans ce noirEst-ce une langue que tu tires
Un nébuleux sourire
Hasardeux
Devenir
IrrévérencieuxTon regard
Écarquille
Ma mémoire
Tes pupillesTu t’en moques
Tu m’invites
À chanterMathilde Lagues
(série « Tube dansant »)
Il neige
Et je m’élèveHâtif
Je te vois là
Discret
Furtif
Je me tiens droit
Tu saisMathilde Lagues
(série « I.M.L. »)
Tourne
Ma têteBleu
Souffle le vent
Bleu et bleu
Entremêlé
De bleu
Souffle sur moi
Devant
Enveloppe moi
Dedans
Emporte moi
SouventAu creux de toi
Je vois
Tout ce qui n’est pas
J’ai froidMathilde Lagues
Merci
De ton regard
Si douxTendre transparence
Volutes intenses
Tu penses
Et je danseTu ne poses
Ta question
Tu oses
Ta directionFauve transe
Et je danseMathilde Lagues
(série « Fossile mou »)
Toutes petites
Et pourtant làIl est loin le fond
N’est-ce pas
Éblouit le rond
Que je voisLa fumée sent
Elle rend
Me reprend
Et pourtantLà
Ailes de quoi
Ailes de toi
Mathilde Lagues
(série « Escargot mécanique »)
Deux
Nous sommesLoin
Hier ou demainRoulé
J’ai roulé
J’ai ri
J’ai saoulé
Et puisJ’ai craqué
Deux
Ça fait
Je coule
Tu colles
Et après ?Mathilde Lagues
(série « Distanciation sociale »)
Coup de poing
Dedans
J’ai mal
Tu saisSerre les bien
Tes dents
Il faut
TraverserDans tout ce blanc le gris s’incline
Honteux et flou il n’est pas digneOu est-ce une trace
D’espoir qui passeMathilde Lagues
(série « Tableaux blancs »)
La vérité aime à se cacher. A peine effleurée s’effeuille-t-elle et disparaît. Tout un chacun alors frappé par l’illusion est à jamais imprégné de sa présence. Pourtant, en rien ne suffit le désir. La vérité aime à se cacher. La recherche à peine entamée se poursuit. Jamais autant raison n’aura semblé aussi contraire à son essence. Irrationnelle est la quête, malheureuse en sera la destinée. A défaut d’atteindre la vérité, les hommes meurent de sa volatilité. Qu’ils pensent la ressaisir et une moue de dégoût orne leur visage. C’est qu’elle est cruelle et infâme cette vérité. Bien peu nombreux peuvent tenir le regard. L’humanité se crève les yeux. Il faudra sinon se glisser sous les traits tourmentés d’Œdipe. Il est bien heureux que la vérité aime à se cacher. A défaut, l’humanité aurait été décimée. Loin des yeux, près du cœur. Loin des yeux, près du bonheur.
Guillaume Foyer
(série « Les cicatrices de la terre »)
Dans la lune tu verras...
Le mouvement de la brume
Le tourbillon du brouillard
Le gouffre qui t’emmène
La trace des nuées
La silhouette d’une femme face à l’immense
Les montagnes du destin
La terre et les nuages
Le vibrations des profondeurs
Des créatures se dessiner...
La vie et la mort
Les filées se mélanger
Des paysages magiques
L’oeil de la nuit
L’ombre et la lumière
Le combat, la chute, la bataille
L’espoir
Dans la lune tu verras...
Tout ce que tu voudrasRosina Nigro
(série « Fabrication de la lune »)
La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.