L’invention créative chaque matin sur le sol devant chez soi doit aussi se nourrir de partage d’idées. J’avais acheté des revues papier de modèles de kolams à Pondichéry (Inde du Sud) en 1989. Je les ai exhumées en 2016 et j’y ai photographié les kolams qui tenaient dans un carré. Je les partage en 2021. Fragilité. Ephémère.
Un kolam est un motif d’inspiration géométrique tracé à même le sol, avec de la poudre de riz et des poudres de couleur, à l’entrée des maisons et commerces en guise de bienvenue et pour porter chance.
De nature éphémère, les kolams sont dessinés à main levée en laissant la poudre s’écouler. Ils sont déposés chaque matin devant l’entrée des maisons du sud de l’Inde afin d’apporter la prospérité. Ces créations quotidiennes constituent ainsi une offrande au jour qui se lève, un rituel de sanctification et protection de la maison, un signe de bienvenue, et une invitation aux divinités. Réalisés par des femmes, les kolams sont légués exclusivement par les mères, sœurs, grands-mères à leurs petites filles. La géométrisation des formes est caractéristique du kolam ; la dextérité manuelle s’y double d’une pensée mathématique. Alchimie de l’art et de la nature par l’intelligence des formes, le Kolam mêle ainsi mystique et mathématique.
(Source : Wikipédia)
La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.