Sol, ciment, eau, quelques arbres, traces de pneus et de travaux anciens, mégots, reflets, soleil qui se lève, ombres de ce qui surplombe le support du passé oublié, aplat de vie évanescente.
Comment le réel se révèle par son ombre et son reflet, intriqués l’un dans l’autre, qui sont les deux seuls moyens de le percevoir. Couche après couche, le réel s’allonge en abîme sur nos surfaces sensibles.
La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.