Ces vingt peintures encadrées dans le tunnel d’une gare en réfection sont-elles de « vrais tableaux » ? Ou est-ce que ce sont juste les cadres qui me les font voir comme des tableaux dignes de mon intérêt ? Y a-t-il l’intention d’un artiste ou n’est-ce que mon regard, dirigé, qui me fait recevoir de l’émotion et du sens devant ces peintures ? La question restera entière pour moi. Au fond, peut-être ne faut-il tout simplement pas se poser cette question là, et recevoir pleinement tout ce que le monde propose.
La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.