Tournages collectifs de films avec drone dans le cadre de la fête de fin d’année du collège Paul Langevin à Mitry-Mory.
A Mitry-Mory en région parisienne, le cinéma Concorde (dirigé par Maëlig Cozic-Sova) initie des collaborations culturelles avec les structures scolaires, plus approfondies que le seul dispositif « Collège au cinéma ». Une initiative inaugurale, originale et atypique, en concertation avec le service jeunesse de la ville, a été proposée le 4 juillet 2017 lors de la fête de fin d’année du Collège Paul Langevin de Mitry-Mory : des tournages collectifs de films avec drone, que j’ai animés. L’objectif étant de proposer une action ludique et fédératrice, qui ait aussi une vraie dimension d’éducation aux images.
Ce projet a été organisé au dernier moment. Donc en arrivant au collège nous avons visité les lieux pour imaginer comment l’atelier aurait lieu. Nous avons installé un vidéoprojecteur dans le hall d’entrée du collège, pour projeter en boucle pendant que les jeunes arrivent, les films tournés au drone. Le fait de projeter, dans le lieu du passage, les images réalisées dans l’atelier qui est en train de se dérouler est une façon de faire que l’atelier concerne tout le monde, même ceux qui ne s’y investissent pas.
Cet atelier a plus relevé, d’une certaine manière, d’une chorégraphie participative, à l’aide d’un outil de prise de vue volant, que d’un atelier de réalisation classique. Cela a permis sa dimension très ludique, un investissement du corps très important, donc une visibilité vers les élèves moins investis, sans compromis sur l’importance des enjeux d’éducation aux images mobilisés. Ainsi, le fait qu’il y ait un petit groupe « moteur » est une bonne façon d’impulser une énergie communicative.
Vers la fin de l’atelier, le drone, qui se crashe beaucoup, est pleinement tombé en panne. Je m’étais dit que l’atelier était donc terminé, et que je le réparerai plus tard (il faut d’ailleurs souvent racheter des pièces détachées). Mais l’une des participantes a réussi à me convaincre d’essayer de le réparer sur le moment. Nous avons réussi à le réparer, l’atelier a donc pu continuer. Alors j’ai aussi piloté le drone moi-même pour tourner des plans de très haut que les jeunes n’avaient pas osé faire. Leur énergie et leur créativité ont aussi nourri la mienne, car je leur avais laissé cette place, cette responsabilité.
Atelier animé avec Alice Posiere et Maëlig Cozic-Sova.
Le drone se « démocratise », commence à entrer dans notre quotidien. Le monde vu d’en haut, le monde réel vu par cet oeil volant, désincarné, comme dans notre vision des mondes virtuels... notre représentation du monde change, du fait de ce nouveau « regard », qui se répand.
Mais quel est le point de vue de cet oeil désincarné ? Quel positionnement politique porte-t-il ? Quelles nouvelles esthétiques en découlent ? Quels rapports au corps, au territoire, à l’architecture s’y déploient ? Bref, que se passe-t-il pour notre vision du monde ?
Il me semble important d’explorer l’usage de ces machines dans leur dimension d’objets de production d’images. Des workshops pour des usages détournés, créatifs, distanciés, pour ne pas perdre l’esprit critique !