Stage de 5 jours : bases techniques, stratégiques et créatives pour les nouveaux médias.
Les étudiants de la « Licence Pro concepteur réalisateur audiovisuel » (Université Paul Valéry - Montpellier 3) ont un profil pluridisciplinaire, autant artistique que technique. Il y a des étudiants en formation initiale et des étudiants en formation continue, qui viennent construire de nouveaux axes dans leurs compétences.
Ce stage de 5 jours en début d’année vise à poser des bases bien comprises sur les technologies et stratégies digitales, afin que toutes les notions, parfois complexes et vues rapidement pendant l’année, soient en appui sur des fondements solides.
J’ai dessiné les contours des champs économique et stratégique du domaine de l’audiovisuel aujourd’hui, qui débute à mon sens par la profonde mutation en 2005, qui consiste en l’apparition des sites de vidéo communautaire, entre autres. Ces nouvelles technologies qui permettent de nouveaux usages ont amené tout un chacun à devenir non plus seulement spectateur mais producteur et diffuseur d’images. Dès lors, une économie florissante est née, par les publicités qui accompagnent la diffusion des vidéos. Un nouveau paradigme économique s’est dessiné, dans lequel les professionnels ont de moins en moins de pouvoir, et dans lequel les spectateurs sont de plus en plus volatils au milieu de leurs multiples écrans. Il faut repenser les modèles, les écritures, les stratégies, les places de chacun.
Film collectif
La première après-midi, j’ai proposé la réalisation d’un film collectif, en plan-séquence « cadavre exquis », pour expérimenter en réalité une action de création collaborative. Réaliser que le plus important est ce que l’on a à dire, à transmettre, ne jamais oublier que c’est l’essentiel. Tout le reste, toute la technologie, l’organisation, ne sont qu’au service de ce projet de « don » à l’autre, à travers des objets audiovisuels ou interactifs.
Films intimes à la fenêtre
Puis, pour le lendemain, j’ai « commandé » à chacun de filmer, en plan-séquence, à travers une fenêtre de chez lui et de raconter, en voix-off enregistrée en direct, un souvenir important. Et ce dans le but explicite d’apporter quelque chose au spectateur. Le faire pour l’autre et non pour soi. La matinée suivante fut consacrée au visionnage de tous ces films, moment fort pour chacun. Moment très collectif aussi. Découvrir qu’on ne peut bien parler que de ce que l’on connaît, que la valeur de ce que l’on a à transmettre se situe au fond de nous, quel que soit le domaine.
Films de fiction
Nous avons constitué des équipes de 4 ou 5 personnes, et l’après-midi fut consacrée à la réalisation, en autonomie, de deux films par équipe, toujours tournés en plan-séquence.
Le premier devait être un film de fiction, pour lequel j’avais indiqué deux contraintes :
Les étudiants se sont investis pleinement dans cet exercice, livrant des films très ludiques.
Documentaires
Puis, ils devaient aussi réaliser un documentaire en plan-séquence. Le cadre de contraintes était :
Je n’ai pas été assez clair sur le fait qu’il ne devait pas y avoir de paroles, et donc plusieurs des films ont emprunté au style du reportage télévisuel, ce qui n’était pas la direction que je souhaitais. On apprend que les codes de la télévision sont extrêmement puissants, et qu’il faut s’armer de beaucoup de clarté pour les combattre !
(une sélection de ces films est visible en bas de l’article)
Après le visionnage, le matin suivant, des films de fiction et des documentaires, moment important aussi, j’ai engagé le travail, collectif, sur les bases techniques. Collectif car c’est à partir de « mini-brainstormings » que je construis, pendant les échanges, des documents au fur et à mesure de la journée, documents qui resteront la mémoire des notions techniques abordées. Ces documents sont très mnémotechniques, donc à priori utiles dans l’avenir, parce qu’ils sont nourris des mouvements de la pensée collective du groupe.
J’ai abordé :
(les documents sont téléchargeables plus bas)
Benoît Labourdette conçoit et anime des stages de formation professionnelle pour les nouveaux médias, au sein de centres de formation (CEFPF, INA Expert, Universités) ainsi que directement pour des entreprises ou des réseaux professionnels (ARTE, Forum des images, Documentaire sur Grand Ecran, Altermédia, Drôle de Trame, SCAM, NAAIS, CFI...).
La révolution numérique consiste en ces nouvelles technologies qui peuplent notre quotidien et modifient les usages, les contenus produits, les canaux de diffusion, les modèles économiques, les relations, les méthodes de travail...
La formation permet l’appropriation de ces nouveaux langages, technologies et pratiques, dans une perspective de construction professionnelle : découvrir, expérimenter et s’approprier outils, stratégies, techniques créatives, en appui sur des bases conceptuelles solides. Le but est de s’outiller pour pouvoir construire le futur du domaine de l’audiovisuel de façon concrète, ouverte, innovante et économiquement viable.
Vous trouverez ici quelques exemples de déroulés de stages, ainsi que des livrables téléchargeables.