Réinvestir son lien à l’Histoire par la réalisation de films d’animation. Ateliers pour enfants au Musée de la Grande Guerre de Meaux, dans le cadre de « C’est mon patrimoine 2021 ».

Le Musée de la Grande Guerre de Meaux, qui existe depuis 2011 sur les lieux de la Bataille de la Marne, est entièrement consacré à l’histoire de la Première Guerre Mondiale. Dans le cadre de l’opération “C’est mon patrimoine” en 2021, le musée a décidé de s’associer avec Benoît Labourdette pour proposer un projet de création de films par des enfants de Meaux (centres de loisirs et service jeunesse).
La Première Guerre Mondiale, qui eut lieu il y a si longtemps, peut sembler un sujet abstrait et bien loin de la réalité des enfants d’aujourd’hui, a fortiori lorsque leurs familles sont comme on dit “issues de l’immigration”. En réalité, la France, tout comme les autres pays en guerre en 1914-1918, a mobilisé des soldats venant de toutes ses colonies. Finalement, une majorité des français d’aujourd’hui, qu’ils soient issus du territoire métropolitain ou des territoires anciennement colonisés, a dans ses ancêtres des hommes qui ont participé, et sont vraisemblablement morts, pendant la “Grande Guerre”. L’objectif de ce projet est que les enfants fassent du lien, par le biais de la créativité, entre leur territoire, leur vie présente, et une histoire, a priori ancienne, à laquelle ils sont plus liés qu’ils ne le pensaient.
Les films que les enfants vont faire sont des films d’animation en papier découpé, faits à partir d’un grand nombre d’impression de documents du patrimoine visuel du musée : photographies d’archives et d’objets, affiches, lettres, tableaux, publicités, etc.
Trois groupes d’enfants ont participé à cet atelier, chaque groupe pendant trois jours :
Le projet a touché trois groupes, sur 3 semaines pendant l’été 2021, et s’est terminé par une restitution publique commune dans l’auditorium du musée, ainsi l’intégration, sous forme de QR Codes disposés sur les vitrines, de tous les films dans le musée lui-même.
Le projet est co-animé et co-construit par une médiatrice du musée, Marie-Priscilla Leterme, et l’artiste-intervenant Benoît Labourdette.
La première journée est animée par la médiatrice, en présence de l’intervenant et de l’animateur qui accompagne les enfants. Le but est que les enfants s’approprient le sujet de la Grande Guerre, en trouvent le sens pour eux, et qu’ils construisent leur désir de s’exprimer par l’image. Ainsi la rencontre, la posture des adultes vis à vis des enfants est clé au moment de la rencontre. Quel est le rôle de chacun, quelle place est donnée à leur expression, d’emblée.
La fabrication des films se fait dans un « atelier », scénographié pour permettre que les participants puissent passer d’étape en étape de la façon la plus autonome possible. Un grand soin, une véritable attention, sont donnés à chaque étape du travail. Le dispositif étant scénographié, il est immédiatement compris par les participants.
L’autonomie créative est au cœur de ce projet. Le dispositif est conçu dans le but que les enfants soient le plus possible autonomes. Les adultes ont, eux aussi, pour mission de faire un flim. Ainsi, ce n’est qu’un groupe de personnes, toutes et chacune occupées à la même activité : créer un film. Les enfants sont aussi invités à s’entraider les uns les autres.
L’intérêt de cette autonomie créative, c’est que les enfants découvrent, au fil des étapes, leur propre langage, singulier, d’expression. Chacun, avec les mêmes techniques, va inventer sa façon de faire son film : certains écrivent une histoire avant, certains travaillent sur le visuel plus que sur le narratif, certains coopèrent de A à Z, ils s’inspirent les uns des autres.
Ce qui est apporté par les intervenants et le dispositif, c’est un cadre rassurant, qui permet à chacun d’inventer sa façon de faire, c’est à dire se construire lui-même à travers cette activité. On n’est pas dans l’imitation, mais dans l’appropriation et la réinvention.
Dès le départ de l’atelier, la restitution commune dans l’auditorium du musée est posée comme un moment symbolique important. La perspective de la projection publique permet aux participants d’identifier l’enjeu de leur film, et d’accorder une valeur au travail qu’ils vont faire.
Les trois groupes se retrouvent, et découvrent, en grand, les films les uns des autres. Le moment de la projection de son propre film est un moment d’émotion extrêmement fort, y-compris pour les adultes.
La projection est suivi d’un échange riche et vivant.
Chacun des films a son QR Code dédié qui, flashé avec un téléphone, permet de le voir immédiatement. Les 33 films sont placés sur les vitrines des espaces permanents, à des endroits du musée qui leur font écho. Ils vont être présents pendant 2 mois, enrichissant la visite des spectateurs curieux, jusqu’aux journées du Patrimoine au mois de septembre.
Le numérique est à la fois l’outil de production et l’outil de diffusion et de réappropriation. Le numérique est le support plein et entier de cette médiation, car il permet :
Ce dispositif et ces outils n’auraient pas de sens s’ils n’étaient pas articulés autour de la question de l’écoute. Accompagner les participants sur le chemin de l’expression, c’est à dire l’écoute de soi, qui est ouverte grâce à l’écoute de l’autre.
C’est l’attitude des intervenants, leur attention, leur écoute vis à vis des enfants ainsi que la confiance mise dans la capacité des enfants, qui permet à chacun de se révéler à lui-même.
Il s’agit de mettre en place un contexte bienveillant, qui donne la possibilité de prendre le risque de s’exprimer. Les adultes le vivent aussi, car eux aussi font des films. Ils perçoivent ainsi, en empathie, la grande fragilité et le soin qu’il faut apporter au processus créatif.
Un film de Taïnam.
Un film de Tina.
Un film de Naylee.
Un film d’Enzo.
Un film de Léna.
Un film d’Estelle.
Un film de Léona.
Un film de Marie.
Un film de Marie.
Un film de Benoît.
Un film d’Eva.
Un film de Julia.
Dans le cadre d’événements culturels, festivals de cinéma, de théâtre, lancement d’expositions, ou dans le cadre scolaire, propositions d’actions culturelles innovantes et participatives avec le numérique.