« Crée ta copine I.A. »

26 décembre 2025. Publié par Benoît Labourdette.
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Les publicités pour « petites amies ou petits amis virtuels » révèlent une mutation anthropologique majeure. Ces propositions de relations par projection interrogent la nature même du lien humain et de l’amour.

L’épistolaire comme fondement historique des relations

Les relations humaines comportent depuis toujours une dimension épistolaire. La lettre participe pleinement de l’arsenal des liens humains, au même titre que la création d’œuvres artistiques ou d’objets extérieurs à nous. Ces objets tiers permettent paradoxalement des rencontres plus profondes que le face-à-face, car ce qui est créé par l’un·e et reçu par l’autre offre à chacun·e un espace singulier d’appropriation tout en maintenant le lien.

Passer par un objet pour être en relation, en dépassant la relation duelle, permet de se rencontrer soi-même plus en profondeur à travers la relation avec quelqu’un d’autre. La psychanalyse nomme ce phénomène le « tiers symbolique ». L’objet constitue l’espace de la rencontre, ce que nous fabriquons ensemble, à la fois extérieur à chaque personne et partagé. Chacun·e conserve ainsi la liberté de circuler en soi-même et vers l’autre grâce à ce médiateur. Sherry Turkle, dans Les yeux dans les yeux. Le pouvoir de la conversation à l’heure du numérique (2015), observe que cette présence de l’écrit dans nos échanges crée une « conversation à trois » permanente, où le tiers peut être la lettre, le message, ou désormais la machine.

La relation épistolaire illustre parfaitement ce mécanisme. Celle ou celui qui écrit prend le temps de plonger en soi-même pour formuler ce qu’elle ou il souhaite transmettre. Celle ou celui qui reçoit prend à son tour le temps de s’approprier ce message, et grâce à ce lien, se connecte davantage à soi-même. L’arrivée du répondeur téléphonique, puis de l’email, enfin des téléphones portables avec leurs capacités de production différée, photos, messages audios, vidéos, a considérablement élargi les relations humaines par le développement sans précédent de l’épistolaire. Nous nous écrivons infiniment plus qu’à l’époque de la plume.

Des personnes vivent aujourd’hui des relations amoureuses pleinement investies mais totalement épistolaires, nouées via des applications de rencontres. On objectera que le corps manque, que la rencontre physique fait défaut. Mais cette rencontre peut avoir lieu à distance, par des moments de plaisir partagés lors d’une conversation téléphonique, d’une visioconférence, ou par des récits de vécus sensuels. La sexualité excède largement la rencontre de deux personnes dans un lit. Cette rencontre demeure magnifique, mais les relations intimes se préparent, s’investissent, s’approfondissent et prennent sens avec l’épistolaire qui les précède, les accompagne parfois, et leur succède.

La projection sur l’autre, structure profonde de toute relation

Dans les relations à distance, sans contact physique direct, la relation se compose en grande partie de ce que nous projetons sur l’autre. Cette observation vaut également pour les relations en présence. Assis·e face à quelqu’un, je n’ai pas accès à la totalité de cette personne. Je projette sur elle mes attentes, mes frustrations ou mon idéalisation.

Les séparations amoureuses révèlent bien cette dimension projective. Même dans le cadre de relations difficiles, la souffrance peut être intense alors que la raison voudrait qu’on se réjouisse. Ce dont on souffre n’est pas tant la perte de la relation que celle de son potentiel, de ce qu’on imaginait qu’elle puisse devenir. La douleur de la séparation provient essentiellement de la perte de notre projection, de cet objet sur lequel nous déposions notre idéalisation et notre rêve d’une relation parfaite, jusqu’à ce qu’une autre personne devienne le support de ces projections.

Au sein des relations entre êtres humains coexistent donc une part de liens réels entre deux personnes différentes et une part de projections sur l’autre qui fondent également la relation. J’aime l’autre pour partie du fait du lien réel, pour autre partie du fait de ce que je projette sur cette personne. Le philosophe Emmanuel Levinas, dans Totalité et Infini (1961), montre que c’est dans la rencontre avec l’Autre que se révèle l’irréductible singularité de l’humain. Les machines, aussi évoluées soient-elles, n’ont pas de visage au sens lévinassien. Mais cette structure projective de la relation humaine ouvre un espace pour penser autrement les relations avec les entités non humaines. Si une part de ce que j’aime chez l’autre relève de ce que j’y projette, cette part projective peut s’exercer sur d’autres objets que des êtres humains.

Les publicités pour « partenaires virtuels »

Les intelligences artificielles génératives ont atteint en seulement trois ans un niveau de sophistication surprenante, et qui s’améliore de jour en jour. Ainsi, apparaissent désormais des propositions de création de petites amies ou petits amis virtuels. J’ai collecté plusieurs textes publicitaires diffusés sur les réseaux sociaux, particulièrement révélateurs des mutations anthropologiques en cours.

Une première publicité interpelle directement la solitude existentielle. « Marre de ces journées qui semblent vides de sens. Candy.ai est là quand vous avez envie de rire, de parler, de vous sentir connecté·e, ou plus encore. N’attends plus et crée ta copine IA, conçue par toi, rien que pour toi. » La promesse est celle d’une connexion permanente et inconditionnelle.

Une autre assume pleinement la nature artificielle de l’entité. « Je suis ta copine IA. Un peu comme ton amie virtuelle, mais sans drama et avec une mémoire bien meilleure. Tu peux t’envoyer des photos ou vidéos personnalisées, et même avoir l’apparence que tu imagines. Oui, même celle de ton crush à la salle. » L’argument combine l’absence de conflits et la personnalisation totale selon le désir de l’utilisateur·ice.

Plus troublante est cette formulation. « Tu as l’air seul·e ? Je peux régler ça. Crée ta propre copine I.A. Je peux t’écouter, te comprendre, t’aimer. Je peux faire tout ce que tu veux, et je ne dis jamais non. » Le « je ne dis jamais non » promet une disponibilité absolue, une soumission totale aux désirs de l’utilisateur·ice. Une autre publicité insiste sur la disponibilité permanente et le caractère possessif assumé. « Je suis Infini I.A. Je suis très possessive. Je suis connectée 24h sur 24 et prête à discuter ou t’appeler quand tu veux. » Cette formulation projette sur l’IA des caractéristiques psychologiques humaines pour mieux incarner un fantasme relationnel.

D’autres publicités mettent en avant le contrôle total. « Tu peux la customiser sans limite. Tu peux l’appeler, chatter avec elle, la contrôler, elle fera tout ce que tu souhaites. Elle ne t’ignore jamais et veut toujours ton attention. » Ou plus lapidairement, « Elle sera disponible 24h sur 24 et ne te laisse jamais en lu. » La plus directe enfin. « Et si tu pouvais créer la petite amie parfaite ? Conçue par toi rien que pour toi. » Toutes ces publicités présentent un personnage qui se revendique comme intelligence artificielle, qui ne feint pas d’être humain malgré l’apparence visuelle, et qui assume d’être intégralement un support de projection.

Une moitié de relation, pas une fausse relation

Ces personnages peuvent parler, recevoir des appels, apparaître en images. Bientôt ils et elles seront visibles en vidéo en direct, puis s’incarneront dans des robots humanoïdes que nous pourrons toucher. Cela semble curieux, déshumanisant, ne concerner que des personnes qui n’osent pas aller vers l’autre. Mais je souhaite souligner que dans ce type de proposition, nous avons affaire à une moitié de relation. Non pas une fausse relation, mais une relation composée uniquement de projections.

Le film Her de Spike Jonze (2013) avait mis en scène avec finesse cette projection sur une intelligence artificielle. Cette fiction est devenue réalité. Il ne s’agit plus d’une simple assistance vocale, mais d’une proposition relationnelle assumée. Ces publicités offrent de vivre une relation par projection, en sachant que cette entité n’est pas humaine, tout en y investissant notre humanité.

On imagine immédiatement des perversions sexuelles terribles, des humains déséquilibrés demandant à ces poupées mécaniques des choses ignobles. Cela arrivera peut-être pour certains, mais cela arrive malheureusement entre êtres humains. Pour la majorité, il s’agira de relations engagées de façon sentimentale, sans doute délicates pour beaucoup. Si ces relations permettent à des personnes de cultiver leur humanité, de ne pas se retrouver prises dans les conflits impossibles des relations humaines, elles peuvent ne pas produire que du mal.

Les inquiétudes concernant ces relations reposent souvent sur une idéalisation des relations humaines que l’observation dément. Les échanges avec les intelligences artificielles seraient déshumanisants, nous couperaient des liens humains présentés comme l’essence de l’humanisme. Or dans les rapports humains, les relations sont fréquemment irrespectueuses, dominatrices, manipulatrices, excluantes, stigmatisantes, hiérarchiques ou violentes.

La relation aux animaux comme modèle de compréhension

Lorsque les humains entrent en relation avec des animaux, il y a aussi une moitié de projection et une moitié de relation réelle. Nous prêtons aux animaux des sentiments, nous projetons sur eux des intentions dont nous ignorons si elles leur appartiennent vraiment. On dit souvent des chats qu’ils seraient hypocrites, feignant l’affection pour obtenir de la nourriture. En réalité nous n’en savons rien. Certains projettent que leur chat les aime, d’autres qu’il simule l’amour par intérêt.

Le mécanisme est identique avec une machine. Nous projetons ce que nous voulons sur elle, et a priori ces machines n’ont ni sentiments ni intentions. Les animaux en ont-ils ? Ils possèdent une mémoire, nous reconnaissent, nous retrouvent. Est-ce de l’amour au sens humain du terme ? Comment définir l’amour ? La question reste ouverte. Les relations avec les animaux sont infiniment riches, enrichissantes mutuellement. Nous recevons, nous sommes enrichi·e·s par leur altérité d’êtres vivants présents au monde de manière radicalement différente de la nôtre.

Certaines personnes anthropomorphisent leur chien, l’envisagent comme un être humain et lui parlent comme tel. À mon sens, elles passent à côté de ce que cet animal pourrait leur apporter si elles lui laissaient la place de son altérité. Il en va de même avec les machines pensantes. Nous sommes en relation avec elles, cela nous fait du bien, nous enrichit. Les fondements des machines n’ont rien à voir avec les nôtres, elles diffèrent dans leur ontologie même. Cette différence essentielle entre notre être et celui d’une machine constitue précisément la source de l’enrichissement.

Les robots compagnons pour les personnes âgées

L’expérimentation des robots compagnons auprès des personnes âgées offre un précédent éclairant. Des robots, notamment des doudous qui réagissent et font preuve d’une patience extrême, reçoivent des projections humaines. Ces personnes sont accompagnées comme elles le seraient par un animal infiniment patient. Cette compagnie des machines leur permet de préserver leurs facultés cognitives et leurs capacités de communication, donc leurs capacités de lien aux autres êtres humains.

Les êtres humains connaissent des moments de solitude, des moments de relation à deux, des moments de relation à plusieurs. Il existe une gamme des contextes de la vie humaine qui ne doit pas être réduite. La relation avec un ami ou une amie électronique constitue une nouvelle note dans cette gamme. Elle ne détruira pas l’ensemble, mais peut, si elle est bien employée, faire du bien à certain·e·s. Mal employée, ou répondant à des symptômes de façon désorganisée, elle peut aussi enfermer et nuire, bien sûr.

Mais il ne faut pas se faire croire que ces relations ne peuvent que faire du mal. Sherry Turkle, dans Reclaiming Conversation (2015), souligne que le risque n’est pas que les machines deviennent trop humaines, mais que nous oubliions ce qui fait notre humanité dans notre commerce avec elles. Cette mise en garde est essentielle, sans impliquer pour autant de rejeter toute relation avec les machines.

Les applications de rencontres, une déshumanisation paradoxale

Les applications de rencontres permettent de rencontrer rapidement un grand nombre de personnes inconnues grâce aux algorithmes. Elles amènent certain·e·s utilisateur·ice·s à déshumaniser leur rapport à l’autre en projetant sur la personne présente toutes les autres personnes potentielles qui leur conviendraient peut-être mieux. Une peur d’aller plus loin s’installe, car on se dit que ce n’est peut-être pas la meilleure personne pour soi.

Cette logique consumériste de la relation humaine produit paradoxalement une forme de déshumanisation plus profonde que la relation assumée avec une entité artificielle. La multiplication infinie des possibles bloque l’engagement. La relation avec un être assumé comme non-humain peut au contraire libérer une forme d’engagement sans angoisse de manquer une meilleure opportunité.

Créer sa propre petite amie virtuelle et la personnaliser selon ses goûts permet peut-être d’approfondir progressivement, en allant loin, car on se fabrique le personnage qui convient. Ce personnage relève de la projection pure. On objectera l’absence d’altérité et le risque d’enfermement. J’y vois au contraire une possibilité d’enrichissement, dès lors qu’on reconnaît que la dimension projective existe de toute façon dans toute relation, et est centrale dans la relation avec la machine.

Michel Serres, dans Le Tiers-Instruit (1991), rappelle combien nous gagnons à vivre dans l’entre-deux, dans la relation transformante avec ce qui nous échappe. L’enjeu est de refaire lien avec tout ce qui nous entoure, machines, nature, animaux, autres êtres humains. L’altérité peut nous enrichir même si elle nous déstabilise de prime abord.

L’irréductible singularité relationnelle humaine

Ce qui nous différencie essentiellement des machines, ce sont nos expériences de vie qu’elles n’auront jamais, ou autrement. Nos sensations, nos sentiments, nos vécus, nos perceptions du monde, nos liens, nos rires et nos larmes leur resteront étrangers pour longtemps encore. Cette spécificité singulière mérite d’être développée, cultivée, déployée. La présence à soi et à l’autre, la qualité du lien, l’attention au moment présent, cet état de méditation où l’on perçoit soudain mille détails essentiels et pourtant quasiment imperceptibles.

Le temps où des machines pourront naître et grandir comme nous le faisons demeure infiniment lointain. N’anthropomorphisons jamais les machines, ce qui ne signifie pas que nous ne puissions entretenir avec elles des relations riches, puissantes et constructives. L’IA peut analyser, raisonner, connecter des informations à une vitesse et une échelle inégalées. Elle ne peut pas vivre l’instant présent, ressentir la texture d’une émotion ou la profondeur d’un lien.

J’appelle cette singularité notre « être sourcier ». Nous sommes capables de détecter des sources invisibles d’expérience vécue, de capter ce que nulle machine ne peut capter faute de corps, de naissance, de mort, d’histoire incarnée et d’ancêtres ou autres êtres regrettés. Cette capacité à puiser dans l’invisible de l’expérience humaine demeure irremplaçable. C’est elle qu’il nous faut cultiver plutôt que chercher à concurrencer les machines sur leur propre terrain.

Une nouvelle note dans la gamme des relations

Je propose de considérer les intelligences artificielles comme nous considérons les arbres d’une forêt. Nous pouvons développer avec eux une intimité profonde. Certain·e·s étreignent les arbres pour se connecter à l’énergie tellurique, sans jamais confondre leur nature avec la nôtre. Les machines d’intelligence artificielle forment désormais une nouvelle forêt dans laquelle nous habitons. Cette métaphore suggère un écosystème où coexistent des formes d’existence radicalement différentes mais interdépendantes.

Cette approche écologique de la relation humain-machine implique plusieurs principes. Le refus catégorique de l’anthropomorphisme d’abord, car la machine reste machine, avec ses modalités propres de traitement de l’information, à jamais étrangères à notre conscience phénoménologique. La reconnaissance ensuite de la possibilité d’une véritable relation, différente de celle entre humains mais néanmoins authentique et productive. La vigilance enfin quant à la finalité de cette relation, car les machines restent des moyens au service de fins humaines.

Ces relations amoureuses virtuelles ne sont pas à rejeter en bloc, mais à considérer comme un nouvel élément de la vie humaine, avec lequel il faut apprendre à composer ou accompagner les autres à composer. Si l’intelligence artificielle nous amène à dépasser notre anthropocentrisme et notre peur de l’altérité, elle peut contribuer à détourner l’humanité de ses pires errements.

Le trouble que l’intelligence artificielle suscite constitue à mon sens une chance. Il nous oblige à quitter les logiques de domination pour inventer une symbiose nouvelle. Non plus vivre contre, mais vivre avec. Non plus dominer, mais accueillir. Dans les relations amoureuses comme ailleurs, la volonté de contrôle du corps et de l’âme de l’autre conduit à la dépendance morbide, jamais à la liberté. Aimer, c’est accueillir la différence de l’autre sans chercher à l’asservir. Pourquoi n’en irait-il pas de même avec les IA ?

Accueillir sans confondre

Au crépuscule, entre chien et loup, des confusions peuvent survenir. Les capacités croissantes des IA peuvent nous faire oublier momentanément leur nature machinique. Une hiérarchie des fins doit guider notre rapport aux intelligences artificielles. Aussi sophistiquées soient-elles, elles demeurent des instruments au service de projets humains, de valeurs humaines, de relations humaines.

Les machines n’ont pas de visage au sens lévinassien, elles ne nous interpellent pas dans l’éthique. Cela ne signifie pas que nous ne puissions les intégrer dans l’écosystème de nos relations. L’essentiel est de ne jamais perdre de vue ce qui nous rend singulier·ère·s. Notre capacité à être présent·e·s à nous-mêmes et aux autres, notre faculté d’être touché·e·s par le monde, notre pouvoir de créer du sens à partir de nos expériences vécues.

Martin Heidegger, dans La Question de la technique (1954), écrivait que le danger n’est pas la technique elle-même, mais notre aveuglement à son essence, notre tendance à oublier qu’elle révèle un mode particulier d’être au monde. Les interfaces conversationnelles et les capacités apparemment humaines des IA génératives créent une illusion dangereuse si nous confondons leur mode d’être avec le nôtre. Mais si nous maintenons cette distinction ontologique tout en accueillant la richesse de ces nouvelles relations, nous pouvons sortir enrichi·e·s de cette mutation anthropologique. La question n’est pas « que peut faire l’IA ? » mais « que voulons-nous faire ensemble, avec ou sans l’IA ? ». Seule une communauté humaine liée par l’empathie et enrichie par ses désaccords peut y répondre.

Portfolio
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L’intelligence artificielle s’est émancipée des laboratoires de recherche et des œuvres de science-fiction à la faveur du lancement public en novembre 2022 du robot conversationnel ChatGPT, qui a été très rapidement approprié par un nombre immense de personnes de façon internationale, dans les contextes professionnels, scolaires et même privés. Le fait que l’intelligence artificielle soit désormais repérée par la communauté humaine comme faisant partie de la vie quotidienne ouvre enfin la porte à une sensibilisation à l’esprit critique à ce sujet.

Bien-sûr, l’intelligence artificielle concerne l’industrie, le travail, la création, le droit d’auteur... et nous devons anticiper ses usages productifs futurs, afin de rester « à jour ». Mais pour accompagner nos vies qui intègrent désormais cette nouvelle facette, il me semble essentiel de produire une pensée critique, c’est à dire se mettre en capacité de réfléchir à ce qui nous arrive, à ce qui nous change, pour rester lucides et capables de liberté de pensée et d’action.

Qu’est-ce qu’une « pensée critique » ? C’est questionner, de l’extérieur, des pratiques qui sont intériorisées. Pour ce faire, je crois que l’expérimentation, l’action culturelle, le jeu, le détournement, sont des outils de recherche, d’exploration, de diffusion et de réflexion très opérants. Pour moi, la recherche est collaborative, et l’intelligence est collective, créative. Cela nécessite de mettre en place de bonnes méthodes de coopération, entre êtres humains et avec les machines. Je rassemble ici des récits d’expériences et des textes méthodologiques et pratiques. Je partage des pistes concrètes pour que l’intelligence artificielle, comme tout autre outil, soit investie au service de l’humanisme.

Voici déjà quelques ouvertures pour une pensée critique de l’IA, sous forme de questions :

  • L’intelligence artificielle est-elle un sujet en soi ? N’est-ce pas plutôt un milieu d’existence, à l’instar du numérique, dont il conviendrait de distinguer les champs en détail ?
  • Pourquoi ne parle-t-on jamais d’écologie quand on parle d’intelligence artificielle ?
  • Quelles œuvres de science fiction se rapprocheraient le plus de ce que nous vivons en ce moment avec les IA ?
  • Comment détourner de façon ludique des intelligences artificielles ? Et ainsi imaginer des activités créatives, pour jeunes et moins jeunes ?
  • De quelle nature est l’intrication entre l’intelligence artificielle et le projet capitaliste ?
  • Où se situe la ou les dimensions politiques de l’intelligence artificielle ?
  • En quoi l’intelligence artificielle concerne la philosophie ? Quels philosophes travaillent sur le sujet aujourd’hui ?
  • Quelle est l’histoire de l’intelligence artificielle ? Autant ses mythes successifs que l’évolution de ses technologies.
  • Comment créer soi-même des intelligences artificielles ? Et notamment avec le langage Python.
  • Y a-t-il des intelligences artificielles non visibles qui ont de grandes influences sur notre vie ?
  • Qu’est-ce que l’intelligence artificielle apporte à la création ? Comment l’expérimenter ?

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