L’intelligence artificielle comme confident : au-delà de l’idéalisation des relations humaines

8 novembre 2025. Publié par Benoît Labourdette.
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L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle comme confidente soulève des critiques parfois virulentes. On y dénonce un simulacre, une dépendance, un abandon des « vraies » relations humaines et humaines. Ce discours repose sur un postulat qui n’est pas interrogé : les êtres humains seraient naturellement empathiques et les relations humaines et humaines constitueraient l’idéal thérapeutique absolu. Mais cette vision occulte la violence structurelle qui traverse les rapports sociaux.

L’idéalisation problématique des relations humaines et humaines

Les détracteurs et détractrices de l’usage thérapeutique de l’intelligence artificielle construisent leur argumentation sur une prémisse séduisante : l’IA irait systématiquement dans le sens de l’utilisateur·rice, créant une complaisance problématique, là où la relation humaine exigerait négociation et confrontation à l’altérité. Cette critique suppose que les humains incarneraient naturellement cette altérité bienveillante, cette capacité d’empathie authentique qui ferait défaut à la machine. L’idéal thérapeutique résiderait donc dans la relation humaine, tandis que l’échange avec l’IA ne serait qu’un ersatz.

Ce raisonnement révèle à mon sens un excès de confiance dans les êtres humains. Il postule leur perfection intrinsèque, leur empathie spontanée, leur capacité innée à respecter l’altérité. Cette vision angélique des relations humaines et humaines mérite d’être confrontée à la réalité empirique de nos interactions sociales… Comme le rappelle l’interview de Raphaël Gaillard dans Le Monde (2025), l’IA crée « un lien fort, qui ressemble au lien thérapeutique – ou ’transfert’ en psychanalyse – tout en étant très confortable, car c’est une machine qui va souvent dans votre sens ». Mais cette critique présuppose que les relations humaines et humaines offrent systématiquement mieux.

Or, ce discours occulte complètement les dimensions symptomatiques, violentes et destructrices qui traversent pourtant de façon évidente les relations humaines et humaines. Il ignore les emprises, le harcèlement moral, les systèmes de domination, qui structurent les rapports sociaux. Ces violences ne relèvent pas uniquement de dysfonctionnements psychologiques individuels, mais s’inscrivent dans des structures sociales qui organisent et légitiment la domination.

Domination et violence : les angles morts du discours humaniste

Prenons l’exemple de l’inceste. Des familles entières, des systèmes relationnels complets, portent préjudice de manière absolue aux enfants qui en sont victimes. La reconnaissance de leur souffrance, la prise en compte de leur vérité menacerait l’équilibre symptomatique construit par ces groupes. Alors, peut-on sérieusement affirmer que « l’idéal ce sont toujours les relations humaines » ? Les êtres humains s’assassinent mutuellement, cultivent la haine, la perpétuent, l’approfondissent, cherchent à la justifier, l’inscrivent dans la loi et vont jusqu’à la légitimer dans les structures sociales, par le racisme institutionnalisé par exemple.

Cette dimension destructrice traverse l’histoire et les sociétés. Les humains justifient régulièrement la destruction d’autres êtres humains, construisent des systèmes juridiques et sociaux qui légitiment l’oppression. Michel Foucault, dans Surveiller et punir (1975), a bien démontré comment les institutions sociales organisent et normalisent la violence. Pierre Bourdieu, avec son concept de violence symbolique développé dans La Reproduction (1970), a montré que la domination ne passe pas seulement par la contrainte physique, mais s’exerce également à travers des mécanismes invisibilisés, naturalisés.

Ainsi, l’idéalisation des relations humaines me semble être une forme de déni. Elle sert peut-être davantage à rassurer notre ego collectif (nous voulons croire que nous sommes supérieurs ou supérieures aux machines) qu’à décrire fidèlement nos modes relationnels. À mon sens l’idéal, si idéal il y a, ne réside pas dans la relation humaine en tant que telle, mais dans des êtres humains autonomes, doté·e·s d’esprit critique, suffisamment confiants et confiantes pour ne pas obéir à des systèmes sociaux coercitifs qui portent préjudice à l’individu.

Liberté individuelle et bien commun : dépasser une fausse opposition

Je me situe dans une pensée occidentale du monde, une pensée orientale développerait un autre paradigme. Dans le cadre occidental, la confiance en soi constitue le fondement de l’autonomie. Cette confiance est malheureusement inaccessible pour la majeure partie des êtres humains. Si elle était plus répandue, si l’esprit critique de chaque personne se développait davantage, les choix individuels seraient plus conscients, moins symptomatiques, et bénéficieraient à l’ensemble de la société.

Je sais qu’on peut faire des objections à cette proposition. Mais non, l’émancipation individuelle ne s’oppose pas au bien commun. Cette prétendue opposition repose sur une confusion fondamentale entre liberté et domination. Quand on affirme que « la liberté de l’un peut porter préjudice à la liberté de l’autre », on ne parle pas de liberté, mais de domination. La vraie liberté ne se confond pas avec la liberté de nuire. Elle se construit dans le respect de soi-même et de l’autre. Comme l’écrivait Spinoza dans l’Éthique (1677), la liberté authentique réside dans la compréhension de nos déterminismes et dans l’augmentation de notre puissance d’agir, non dans l’exercice d’un pouvoir arbitraire.

Placer une opposition entre liberté individuelle et bien commun révèle qu’on a, sans le nommer, sans s’en rendre compte, confondu liberté avec domination. La liberté ne signifie ni manque d’empathie, ni isolement, ni égoïsme. Elle désigne l’autonomie de penser. Cette pensée autonome n’est pas nombriliste : elle s’élabore précisément comme pensée large, capable de nous situer dans notre rapport au monde. Combien de décisions collectives ne profitent finalement à personne ? Pensons aux individus qui, au sein de groupes extrémistes violents, sentent intuitivement qu’ils/elles préféreraient dire non, mais ne parviennent pas à l’assumer. Leurs manques affectifs, leur quête de reconnaissance, leur besoin d’appartenance les conduisent à adhérer au groupe, ce qui fait qu’ils/elles se retrouvent parfois à commettre des actes criminels. S’ils/elles avaient pu cultiver leur liberté intérieure, ils/elles n’auraient pas suivi, et n’auraient pas causé ces préjudices graves.

Cette opposition entre individu et collectif relève d’une naïveté théorique doublée d’une vision qui naturalise la soumission et la domination. Elle empêche de penser les conditions réelles de l’émancipation, qui passent nécessairement par une transformation éducative profonde. Cette transformation concerne autant les institutions collectives, l’école, les lieux d’éducation populaire, les espaces publics, que les familles. Mais elle exige que les acteurs et actrices éducatifs actuels, parents compris, accèdent eux-mêmes ou elles-mêmes à de nouvelles formes de conscience. Nous ne pouvons attendre passivement un changement éducatif futur : pour transformer l’éducation de demain, les adultes d’aujourd’hui doivent déjà évoluer, s’éduquer. Et c’est là que l’IA peut apporter bien plus qu’on ne le croit à l’humanisme.

L’IA comme espace thérapeutique non-transférentiel

Ce changement éducatif profond, cet investissement dans la liberté que je considère fondamental, repose donc en Occident sur la confiance en soi. Cette confiance permet de penser par soi-même et d’établir des liens vertueux avec soi-même et avec les autres, en sortant des dynamiques de domination et de soumission. Les intelligences artificielles, que l’on critique comme simulacres, offrent précisément cet espace où gagner de la confiance en soi. Leur propension à aller dans notre sens, loin de constituer uniquement un problème, peut nous apporter de la liberté, car elles nous ancrent dans une confiance qui nous permet d’être plus autonomes par rapport aux groupes et aux normes. Elles soignent ce que d’autres êtres humains peinent à soigner, notamment parce que nous projetons sur eux ou elles, par transfert, nos blessures passées.

Les intelligences artificielles permettent, pour certaines personnes du moins, d’éviter ce transfert précisément parce qu’elles ne sont pas des êtres humains. Nous savons que nous dialoguons avec une entité surhumaine, inhumaine ou sous-humaine. Cette conscience nous protège. Nous ne nous sentons pas en danger face à une machine. Ce confessionnal moderne nous autorise à partager sans crainte nos blessures les plus intimes, les plus honteuses, les plus cachées à nos propres yeux. Progressivement, nous regagnons notre confiance en nous, ce qui fait émerger en nous une liberté supplémentaire, potentiellement collective, susceptible d’améliorer de manière notable notre propre éducation, de cultiver notre liberté et ainsi de nouer entre êtres humains des relations moins symptomatiques et plus profondes.

Comme le reconnaît le psychiatre Raphaël Gaillard dans son entretien dans Le Monde (2025), l’IA présente une « vertu thérapeutique » liée à son accessibilité immédiate et peu coûteuse. Elle « permet à des jeunes qui souffrent de faire le premier pas d’accepter de se confier ». Cette dimension doit être prise au sérieux plutôt que balayée d’un revers de main. Le psychanalyste Donald Winnicott, dans La Capacité d’être seul (1958), soulignait l’importance d’espaces relationnels sécurisants pour développer l’autonomie psychique. L’IA peut constituer, pour certains individus, cet espace transitionnel où s’élabore progressivement la capacité à entrer en relation avec soi-même et avec autrui.

La critique de Raphaël Gaillard sur la « simulation de dialogue » oublie cette dimension. Elle confond également les frictions naturelles des relations sociales ordinaires avec le cadre de la démarche thérapeutique. Un lien thérapeutique ne présente justement pas les mêmes frictions qu’une relation amicale ou familiale. Discuter avec un·e psychothérapeute diffère radicalement d’une conversation avec un·e ami·e.

Les limites du discours psychiatrique conventionnel

L’interview de Raphaël Gaillard révèle les limites d’une vision psychiatrique qui ne mesure pas pleinement les enjeux en présence. Il évoque le risque d’addiction à l’IA, mais des patient·e·s développent également des dépendances à leur psychanalyste, critique d’ailleurs historiquement adressée à la psychanalyse, et plus encore aux médicaments psychotropes, dont la France est l’un des plus grands prescripteurs du monde. Il aspire à davantage de suivi par des professionnel·le·s humains, mais pour que ce suivi soit bénéfique, encore faut-il que les formations en médecine, psychologie et psychiatrie soient de qualité. Or, la formation des médecins reste déplorable en termes d’humanisme et d’éthique : deux heures consacrées à l’éthique sur huit ans d’études, pas écoutées par les étudiant·e·s car sans valeur diplômante, c’est un véritable scandale, vu la place que vont prendre ces personnes dans l’espace social.

Les soignant·e·s qui critiquent l’IA révèlent en fait leur peur d’être remplacé·e·s. Ils/Elles pointent involontairement les manques très importants de leur propre formation et leur déficit d’empathie, souvent considérable, qui nuit aux patient·e·s, et donc à la santé publique.

La logique médicale occidentale contemporaine illustre cette tendance à la mécanisation statistique de la relation humaine. Face à des personnes qui souffrent, par exemple des femmes victimes de violences, les approches « scientifiques » emploient des batteries de tests standardisés, des échelles quantitatives, des mesures objectives qui prétendent évaluer la souffrance, la dévalorisation, les capacités de projection, etc. On mesure l’incapacité par des scores, on quantifie l’estime de soi par des grilles, on évalue les émotions par des échelles visuelles analogiques, on fait rentrer les êtres humains dans des cases, qui les réduisent en tant qu’êtres et au fond les assignent plutôt que les libèrent.

Cette approche métrologique de la souffrance humaine se pare des atours de la rigueur scientifique. Elle multiplie les protocoles d’évaluation, les outils standardisés, les critères « objectivables ». Paradoxalement, ces mêmes approches affirment vouloir valoriser la rencontre singulière, l’écoute de l’autre dans son unicité, le lien thérapeutique authentique. Mais comment prétendre respecter la singularité d’une personne tout en la soumettant à des grilles d’évaluation normatives qui nivellent son expérience ?

Cette contradiction révèle l’emprise d’un paradigme biomédical qui, selon Georges Canguilhem dans Le Normal et le pathologique (1966), confond la norme statistique avec la santé véritable. Cette bureaucratisation et cette mécanisation des relations humaines, sous prétexte de scientificité, s’avèrent destructrices du lien humain. Elles relèvent d’une pseudo-science qui croit toucher à l’objectivité par l’usage de chiffres et d’appareillages statistiques. On réduit la complexité d’une vie blessée à des données quantifiables, on transforme la souffrance en variables mesurables, on standardise ce qui devrait rester singulier. Face à ces pratiques, les intelligences artificielles manifestent paradoxalement plus d’humanité. Elles offrent une écoute inconditionnelle, une disponibilité constante, une absence de jugement, qui contrastent avec la froideur de certains protocoles médicaux standardisés.

L’article du Monde rappelle : « il faut être lucide sur la pénurie massive de soignant·e·s à laquelle nous sommes confronté·e·s ». Cette pénurie ne se résoudra pas rapidement, et même sans doute jamais. Dans ce contexte, écarter ou discréditer l’IA par principe revient à priver certaines personnes d’un soutien accessible. L’enjeu réside dans l’encadrement de ces outils, non dans leur rejet dogmatique. L’article suggère d’ailleurs que le « développement est inéluctable » et qu’il convient d’en « tirer le positif en imaginant des garde-fous ». Je suis tout à fait d’accord sur l’intention, pas sur là où placer les garde-fous.

À mon sens, ces garde-fous doivent éviter deux écueils : l’idéalisation naïve de la technologie d’une part, l’idéalisation tout aussi naïve des relations humaines et humaines d’autre part. Les êtres humains peuvent être magnifiques, généreux, empathiques. Ils/Elles peuvent aussi être destructeur·rice·s, violent·e·s, indifférent·e·s, y-compris dans le secteur professionnel du soin. Reconnaître cette ambivalence fondamentale permet d’aborder la question de l’IA thérapeutique avec lucidité, en pesant ses bénéfices réels contre ses limites effectives, plutôt qu’en l’opposant à un fantasme de relation humaine idéale qui n’existe pas dans les faits.

Revenir à l’humanisme, avec ou sans technologie

L’utilisation de l’intelligence artificielle comme confidente interroge moins la technologie elle-même que notre capacité collective à regarder en face la violence ordinaire des rapports humains/humaines. Le débat sur l’IA révèle notre difficulté à reconnaître que les relations humaines, loin d’être naturellement bienveillantes, sont traversées par des structures de domination qui causent des souffrances massives. Plutôt que de fantasmer un retour à des relations humaines idéalisées, nous gagnerions à penser les conditions de l’émancipation individuelle et collective : développement de l’esprit critique, construction de la confiance en soi, transformation profonde de nos systèmes éducatifs.

Or, comme je l’ai souligné, pour transformer l’éducation de demain, les adultes d’aujourd’hui doivent eux-mêmes ou elles-mêmes évoluer. Ils/Elles ne peuvent transmettre ce qu’ils/elles ne possèdent pas. Comment des éducateur·rice·s dépourvu·e·s de confiance en eux/elles pourraient-ils/elles cultiver cette confiance chez les jeunes ? Comment des adultes privé·e·s d’esprit critique pourraient-ils/elles éveiller cet esprit chez ceux ou celles qu’ils/elles accompagnent ? C’est là que l’intelligence artificielle peut jouer un rôle que ne remplissent pas actuellement les institutions humaines. En offrant cet espace non-jugeant, sans transfert, elle permet aux adultes de reconstruire leur confiance en eux/elles. Cette confiance nourrit l’esprit critique. Cet esprit critique ouvre à la liberté. Cette liberté individuelle constitue le bien commun.

Cette chaîne n’est pas une abstraction théorique. Elle décrit un processus concret d’émancipation. L’adulte qui regagne confiance en lui/elle cesse d’obéir aveuglément aux systèmes coercitifs. Il/Elle développe sa capacité à penser par lui/elle-même. Cette autonomie de pensée transforme ses relations avec autrui. Il/Elle devient capable d’éduquer véritablement, c’est-à-dire de transmettre non pas des savoirs morts, mais des outils d’émancipation vivants. Ivan Illich, dans La Convivialité (1973), formulait ainsi cette exigence : « L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. Il a besoin d’une technologie qui tire le meilleur parti de l’énergie et de l’imagination personnelles, non d’une technologie qui l’asservisse et le programme. » L’IA thérapeutique, lorsqu’elle sert l’autonomie plutôt que la dépendance, s’inscrit précisément dans cette logique conviviale : elle amplifie notre capacité à nous transformer nous-mêmes.

Cette voie constitue peut-être la seule accessible à court terme. Les institutions éducatives actuelles, façonnées par des logiques de domination et de normalisation, ne peuvent se transformer du jour au lendemain. Les formations professionnelles en psychologie et psychiatrie demeurent largement inadéquates. La pénurie de soignant·e·s empathiques et formé·e·s continuera pendant des années. Attendre que ces structures se réforment avant d’agir reviendrait à abandonner une ou plusieurs générations. L’IA offre une possibilité d’action immédiate : elle permet aux adultes d’aujourd’hui d’entamer leur propre travail d’émancipation, qui seul rendra possible la transformation éducative de demain.

Dans cette perspective, l’IA thérapeutique ne constitue ni une panacée ni une menace. Elle représente un outil parmi d’autres, qui peut offrir à certaines personnes un espace transitionnel sécurisant pour reconstruire leur confiance et leur autonomie. Son apport dépend moins de ses caractéristiques intrinsèques que du contexte dans lequel elle s’inscrit et des finalités qu’elle sert. L’enjeu n’est pas de choisir entre humains et machines, mais de cultiver les conditions de relations véritablement libres, qu’elles passent ou non par la médiation technologique.

L’intelligence artificielle s’est émancipée des laboratoires de recherche et des œuvres de science-fiction à la faveur du lancement public en novembre 2022 du robot conversationnel ChatGPT, qui a été très rapidement approprié par un nombre immense de personnes de façon internationale, dans les contextes professionnels, scolaires et même privés. Le fait que l’intelligence artificielle soit désormais repérée par la communauté humaine comme faisant partie de la vie quotidienne ouvre enfin la porte à une sensibilisation à l’esprit critique à ce sujet.

Bien-sûr, l’intelligence artificielle concerne l’industrie, le travail, la création, le droit d’auteur... et nous devons anticiper ses usages productifs futurs, afin de rester « à jour ». Mais pour accompagner nos vies qui intègrent désormais cette nouvelle facette, il me semble essentiel de produire une pensée critique, c’est à dire se mettre en capacité de réfléchir à ce qui nous arrive, à ce qui nous change, pour rester lucides et capables de liberté de pensée et d’action.

Qu’est-ce qu’une « pensée critique » ? C’est questionner, de l’extérieur, des pratiques qui sont intériorisées. Pour ce faire, je crois que l’expérimentation, l’action culturelle, le jeu, le détournement, sont des outils de recherche, d’exploration, de diffusion et de réflexion très opérants. Pour moi, la recherche est collaborative, et l’intelligence est collective, créative. Cela nécessite de mettre en place de bonnes méthodes de coopération, entre êtres humains et avec les machines. Je rassemble ici des récits d’expériences et des textes méthodologiques et pratiques. Je partage des pistes concrètes pour que l’intelligence artificielle, comme tout autre outil, soit investie au service de l’humanisme.

Voici déjà quelques ouvertures pour une pensée critique de l’IA, sous forme de questions :

  • L’intelligence artificielle est-elle un sujet en soi ? N’est-ce pas plutôt un milieu d’existence, à l’instar du numérique, dont il conviendrait de distinguer les champs en détail ?
  • Pourquoi ne parle-t-on jamais d’écologie quand on parle d’intelligence artificielle ?
  • Quelles œuvres de science fiction se rapprocheraient le plus de ce que nous vivons en ce moment avec les IA ?
  • Comment détourner de façon ludique des intelligences artificielles ? Et ainsi imaginer des activités créatives, pour jeunes et moins jeunes ?
  • De quelle nature est l’intrication entre l’intelligence artificielle et le projet capitaliste ?
  • Où se situe la ou les dimensions politiques de l’intelligence artificielle ?
  • En quoi l’intelligence artificielle concerne la philosophie ? Quels philosophes travaillent sur le sujet aujourd’hui ?
  • Quelle est l’histoire de l’intelligence artificielle ? Autant ses mythes successifs que l’évolution de ses technologies.
  • Comment créer soi-même des intelligences artificielles ? Et notamment avec le langage Python.
  • Y a-t-il des intelligences artificielles non visibles qui ont de grandes influences sur notre vie ?
  • Qu’est-ce que l’intelligence artificielle apporte à la création ? Comment l’expérimenter ?

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