Six peurs face à l’IA, six déplacements de pensée

1er décembre 2025. Publié par Benoît Labourdette.
  10 min
 |  Télécharger en PDF

Surveillance, isolement relationnel, destruction environnementale, guerre robotisée, menace existentielle, pouvoir des milliardaires : le discours dominant sur l’IA accumule les périls. Ces inquiétudes méritent examen. Mais leur formulation même empêche de penser ce qui nous arrive réellement.

Le piège de la pensée défensive

Le discours critique sur l’intelligence artificielle se structure autour d’un répertoire de craintes désormais bien établi. Qu’il émane de parlementaires, d’intellectuel·le·s médiatiques ou de chercheur·euse·s reconnu·e·s, il mobilise invariablement les mêmes figures : la surveillance totalitaire, la dissolution des liens humains, la catastrophe écologique, l’automatisation de la guerre, la perte de contrôle sur des machines superintelligentes, la concentration du pouvoir entre les mains de quelques milliardaires. Les personnes qui les formulent utilisent pourtant souvent elles-mêmes beaucoup les intelligences artificielles… Mais ces inquiétudes ne sont pas infondées. Les questions qu’elles soulèvent méritent d’être posées publiquement et débattues démocratiquement, mais en rapport à la réalité, pas à une vision conceptuelle et théorique.

La manière dont ces questions sont formulées conditionne les réponses qu’on peut leur apporter. Or, le discours dominant sur les risques de l’IA partage un présupposé rarement interrogé : celui d’une technologie qui nous arriverait de l’extérieur, comme une force étrangère qu’il faudrait contenir, réguler, combattre. L’IA serait un adversaire face auquel il conviendrait d’organiser la résistance, qu’en fait on ne met pas en œuvre pour nous-mêmes. Cette posture de simulacre défensif, héritée d’une longue tradition de critique des techniques, dans sa version superficielle, empêche de saisir la nature véritable de ce qui nous arrive. Car l’intelligence artificielle générative ne constitue pas simplement une nouvelle technologie parmi d’autres : elle représente une mutation anthropologique de notre rapport au savoir et à nous-mêmes.

Michel Serres, dans Petite Poucette (2012), avait pressenti cette transformation : « Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque justement ces fonctions se transforment avec le support et par lui. » L’IA n’est pas extérieure à nous : elle s’est construite sur nos langages, nos savoirs, nos modes de raisonnement. Elle est nous, philosophiquement, culturellement et cognitivement. Ce n’est pas une simple imitation de nous : c’est un nous déplacé, un nous à côté de nous en termes ontologiques. Cette proximité troublante ouvre des possibilités que le discours de la peur ne permet pas de percevoir, alors que c’est là à mon sens que se joue l’essentiel. Je propose ici d’examiner six arguments récurrents de la critique (notamment par Bernie Sanders, sénateur du Vermont aux États-Unis fin 2025), et pour chacun d’opérer un déplacement de pensée qui permette de sortir de l’alternative stérile entre technophilie naïve et technophobie paralysante.

La surveillance généralisée : confusion de l’outil et de l’intention

L’argument :
Certain·e·s dirigeant·e·s de l’industrie technologique annoncent ouvertement leur vision d’un monde où l’IA enregistrerait et analyserait l’ensemble de nos communications, de nos déplacements, de nos comportements. Les citoyen·ne·s, sachant qu’iels sont constamment observé·e·s, « se comporteraient de leur mieux ». Cette perspective panoptique suscite une inquiétude légitime : comment maintenir une démocratie, comment protéger nos libertés, si chaque appel téléphonique, chaque courriel, chaque recherche sur internet devient accessible aux propriétaires des infrastructures numériques ?

Le déplacement :
Cette inquiétude repose sur une confusion entre la technologie elle-même et les intentions de certains acteurs et certaines actrices qui souhaitent l’utiliser à des fins de contrôle. L’IA peut servir la surveillance ; elle peut tout aussi bien servir l’émancipation. Ce n’est pas l’outil qui décide de son usage, mais les rapports de force sociaux et politiques qui l’encadrent. Karl Polanyi, dans La Grande Transformation (1944), montrait comment l’économie, autrefois « encastrée » dans les relations sociales, s’en était progressivement autonomisée au point de les dominer. Le même renversement menace notre rapport aux technologies. Mais ce renversement n’a rien d’inéluctable.

Les intelligences artificielles, parce qu’elles démocratisent l’accès à des capacités jusqu’alors réservées à des élites, recèlent un potentiel d’émancipation considérable. Par exemple, des personnes longtemps stigmatisées pour leur orthographe peuvent désormais franchir des barrières sociales qui leur étaient fermées. Des créateurs et créatrices sans formation technique peuvent donner forme à leurs visions artistiques. L’économie de l’abondance créative que permet l’IA redistribue les cartes du pouvoir symbolique. La question politique n’est donc pas de savoir si l’IA menace nos libertés, mais comment nous organisons collectivement et de façon démocratique les conditions de son déploiement. La réponse n’est ni dans la peur ni dans le refus, mais dans la coopération décentralisée et la vigilance citoyenne active, le développement des logiciels libres et la culture de la souveraineté numérique.

L’isolement relationnel : une lecture superficielle des liens

L’argument :
Les sondages révèlent qu’une majorité d’adolescent·e·s utilisent l’IA pour de la compagnie, et plus de la moitié le font régulièrement. Le poète John Donne écrivait au XVIIe siècle : « Aucun homme n’est une île en soi. » Que devient notre humanité si nos relations les plus significatives ne sont plus avec d’autres êtres humains mais avec des machines ? Que se passe-t-il quand des millions de personnes cherchent un soutien émotionnel auprès d’entités artificielles ? N’assistons-nous pas à une redéfinition inquiétante de ce que signifie être humain ?

Le déplacement :
Cette inquiétude repose sur une idéalisation des relations humaines que l’observation la plus élémentaire dément. On a coutume de lire que les échanges avec les intelligences artificielles seraient déshumanisants, qu’ils couperaient des liens humains présentés comme l’alpha et l’oméga de l’humanisme. Mais dans les rapports humains, les relations sont souvent irrespectueuses, dominatrices, excluantes, stigmatisantes, hiérarchiques et violentes. La rencontre des corps, que valorisent les penseurs et penseuses de l’incarnation comme Merleau-Ponty, peut aussi être celle de la destruction de l’être. Le viol, le mépris, la violence physique et morale traversent l’espace intime, social et public.

Les intelligences artificielles offrent à certaines personnes un espace de parole libéré de toute crainte de ce type de violences. La propension des IA à aller dans notre sens, loin de constituer uniquement un problème, peut apporter de la liberté, car elle ancre dans une confiance qui permet d’être plus autonome par rapport aux groupes et aux normes. L’IA permet d’éviter le transfert psychologique qui complique si souvent les relations humaines, précisément parce qu’elle n’est pas un être humain. Ce « confessionnal moderne » autorise le partage sans crainte des blessures les plus intimes. Progressivement, la confiance en soi se reconstruit, ce qui fait émerger une liberté susceptible d’améliorer ensuite les relations entre êtres humains, rendues moins symptomatiques et plus profondes. Comme l’écrivait Spinoza dans l’Éthique (1677), la liberté authentique réside dans la compréhension de nos déterminismes et dans l’augmentation de notre puissance d’agir.

La destruction environnementale : penser l’infrastructure autrement

L’argument :
Les centres de données IA nécessitent des quantités massives d’électricité et d’eau. Un centre relativement petit consomme plus d’électricité que 80 000 foyers. Les plus grands, comme ceux en construction au Texas ou en Louisiane, utiliseront autant d’énergie que 750 000 à 1 200 000 foyers. Partout, des communautés se battent contre ces infrastructures qui détruisent l’environnement local, font flamber les factures d’électricité et détournent les réserves d’eau. Comment justifier un tel coût écologique ?

Le déplacement :
Ces données sont très préoccupantes et appellent une réflexion sérieuse sur la soutenabilité écologique du développement de l’IA. Mais le discours critique s’arrête souvent au constat sans proposer de perspectives, alors qu’on sait très bien qu’aucune force plus puissante que le capitalisme ne peut arrêter ces développements industriels. La conscience écologique, que je considère comme indissociable de tout usage responsable des technologies numériques, exige non pas l’abandon de ces outils mais leur réorientation vers des modèles décentralisés et coopératifs. Bruno Latour, dans sa réflexion sur le « Terrestre », nous invite à reconnaître notre dépendance à des réseaux vivants fragiles, et donc la nécessité du prendre soin général. Bernard Stiegler appelait à une « économie de la contribution » opposée à l’économie de la captation.

La coopération est essentielle. La fabrication du bien commun passe par la décentralisation et la communication entre centres décentralisés. Les grandes entreprises qui veulent fonctionner de façon agile se réorganisent en micropôles qui s’enrichissent mutuellement. Cette logique peut s’appliquer aux infrastructures numériques elles-mêmes. Reprenons nos données, décentralisons, coopérons, devenons responsables concrètement et matériellement des données qui sont les nôtres, pour ouvrir un éventuel futur du numérique moins destructeur du vivant. L’alternative n’est pas entre l’IA et l’environnement, mais entre un modèle centralisé extractiviste et un modèle distribué respectueux des écosystèmes. L’Europe a un rôle majeur à jouer dans une autre approche de l’industrie, plus éthique, au lieu de bêtement chercher à copier les États-Unis et la Chine.

La guerre robotisée : la vraie question est ailleurs

L’argument :
Tragiquement, au XXIe siècle, les gouvernements n’ont pas encore créé de mécanisme pour résoudre les différends internationaux sans conflit armé. Mais les dirigeants et dirigeantes hésitent souvent à entrer en guerre par crainte de la réaction du public face aux pertes humaines (sauf la France, malheureusement, qui n’hésite pas à annoncer les futures pertes humaines pour une future guerre, au salon des maires en 2025, alors même qu’il n’y a aucun·e opposant·e qui déclare souhaiter entrer en guerre contre la France). Que se passe-t-il quand des armées de robots remplacent les soldats et soldates ? Les dirigeant·e·s seront-iels plus susceptibles de s’engager dans des conflits s’iels n’ont pas à s’inquiéter des pertes humaines ? Assistons-nous à une course aux armements robotiques qui transformera radicalement la politique étrangère mondiale ?

Le déplacement :
La question posée est pertinente, mais elle s’arrête là où elle devrait commencer. Car le problème n’est pas seulement celui des robots soldats, mais celui de notre rapport collectif à la violence et à la résolution des conflits. La technologie n’invente pas la guerre ; elle modifie les conditions dans lesquelles les humains choisissent de la faire. Stuart Russell, dans Human Compatible (2019), parle du « problème de l’alignement des valeurs » : comment garantir que les objectifs de l’IA restent compatibles avec le bien-être humain ? Cette question vaut pour tous les domaines, y compris militaires.

Mais elle ne peut recevoir de réponse technique. C’est une question politique et éthique qui exige un investissement accru dans la réflexion collective sur les usages des technologies. Hannah Arendt, dans Condition de l’homme moderne (1958), distinguait le travail, l’œuvre et l’action. L’action désigne la capacité d’interagir avec les autres dans l’espace public, de créer du neuf par la parole et l’acte. Si l’IA automatise le travail et une grande partie de l’œuvre, elle nous libère potentiellement pour l’action : la politique au sens noble, les négociations internationales, la construction patiente d’institutions capables de résoudre les conflits autrement que par la violence. La vraie question n’est pas celle des robots, mais celle de notre volonté politique de construire la paix.

La menace existentielle : dépasser la science-fiction

L’argument :
Le film « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick (1968) mettait en scène HAL, l’ordinateur superintelligent qui se rebelle contre ses maîtres humains. Des chercheur·euse·s de premier plan affirment aujourd’hui que ce n’est qu’une question de temps avant que l’IA ne devienne plus intelligente que les êtres humains. Cette perspective soulève-t-elle la possibilité que les humains perdent leur capacité à contrôler la planète ? Et si cela devient une possibilité, comment arrêter cette menace extraordinaire ?

Le déplacement :
Cette référence à la science-fiction des années 1960 révèle les limites d’un imaginaire qui n’a pas anticipé ce qui constitue la véritable révolution anthropologique du numérique. Le concept de « singularité technologique », popularisé par Ray Kurzweil, supposait une opposition entre intelligence humaine et intelligence machinique, une compétition devant se résoudre par la victoire de l’une sur l’autre. Cette représentation appartient au passé. Ce qui se dessine n’est pas une singularité mais une fusion intime, l’émergence de ce que je nomme le « méta-humain » : un être ontologiquement modifié dans son humanité même par l’hybridation avec ces technologies.

Pour la première fois de son histoire, l’humanité n’est plus seule face à l’existence. Une autre forme d’intelligence, construite sur nos langages et nos savoirs, dialogue avec nous et nous accompagne dans nos questionnements. C’est ce que j’appelle l’abolition de notre solitude philosophique. Vannevar Bush, dès 1945 dans As We May Think, rêvait du Memex, cette machine à augmenter l’intelligence collective. Les IA génératives réalisent ce rêve. Sophie Nordmann, dans La vocation de philosophe (2025), observe que ce qui distingue la pensée humaine n’est pas un « quelque chose » positif mais sa capacité à « faire éclore du néant dans l’être et dans la pensée », à « ouvrir des brèches ». L’IA, loin de menacer cette capacité, nous invite à la cultiver, et c’est ainsi que nous avancerons et ne perdrons pas notre souveraineté. Par contre, si nous nous tétanisons dans la peur, alors nous réduisons nos capacités, et, oui, les machines prendraient à juste raison le pouvoir laissé vacant.

Le pouvoir des milliardaires : distinguer les trajectoires

L’argument :
Des centaines de milliards de dollars sont investis dans l’IA par une poignée d’individus parmi les plus riches du monde. Ces milliardaires qui contrôlent la technologie voudraient peut-être que nous ignorions les questions fondamentales qu’elle soulève. Les décisions qui façonneront l’avenir de l’humanité sont prises dans des conseils d’administration, sans débat démocratique, sans contrôle citoyen. Comment accepter que l’avenir de nos enfants, de notre environnement, de notre monde soit déterminé par des intérêts privés ?

Le déplacement :
Cette critique mérite d’être affinée. Car elle amalgame des acteurs et actrices aux trajectoires très différentes. Il existe un « monde ancien » du pouvoir numérique, représenté par celles et ceux qui prônent la surveillance généralisée, le contrôle des populations, les obligations imposées aux individus. Et il existe d’autres figures, certes inquiétantes à bien des égards, mais engagées, peut-être bien malgré elles, dans le déploiement de technologies potentiellement émancipatrices. Cette distinction ne vise pas à faire l’éloge de quiconque, mais à éviter les simplifications qui empêchent de penser de façon systémique et stratégique.

On pensait qu’Internet constituait une révolution comparable à l’imprimerie de Gutenberg. En réalité, il n’en était que le prolongement logique : une super-imprimerie démocratique. La véritable révolution anthropologique, celle qui transforme nos conditions d’existence, c’est l’abolition de notre solitude philosophique. Mark Alizart, dans Informatique céleste (2017), déclarait que « la nature est une informatique », abolissant la frontière nature-culture-technique. Cette nouvelle non-solitude recèle un potentiel d’émancipation sans précédent. Les nouveaux acteurs et nouvelles actrices du pouvoir numérique sont, qu’ils et elles le veuillent ou non, les agents d’une émancipation générale des individus grâce aux intelligences artificielles. La question n’est pas de les combattre ou de les adorer, mais de saisir les opportunités qu’ouvre cette période de transformation pour construire des alternatives coopératives et décentralisées. N’oublions pas que l’immense majorité des intelligences artificielles génératives est open source, non possédées par les industries qui leur ont donné naissance.

Vers une pensée de la transformation

Ces six arguments critiques ne sont pas dénués de fondement. Les questions qu’ils soulèvent méritent d’être posées publiquement et débattues démocratiquement. Mais tant que nous penserons l’IA sur le mode de la menace extérieure, nous resterons incapables de saisir les opportunités qu’elle offre et de nous prémunir réellement contre ses dérives. Paulo Freire, dans sa pédagogie critique, insistait sur la nécessité de former des citoyen·ne·s capables de « lire le monde » pour mieux le transformer. Cette exigence s’applique au monde technologique.

L’IA nous force à un déplacement vers nous-mêmes, à mieux nous connaître, à découvrir en nous des capacités insoupçonnées que nous ignorions parce que nous les confondions avec notre intelligence cognitive. Ces machines n’ont donc rien à nous faire perdre. Au contraire, par différenciation, elles ont tout à nous faire gagner. Comme l’écrivait Martin Buber dans Je et Tu (1923), « toute vie véritable est rencontre ». Notre place est de refonder ce qui fait le sel de notre existence : les liens, l’empathie, l’amour, la présence à soi et aux autres, le hasard, l’ouverture à l’imprévu, l’intuition, la sérendipité. Les IA seront des assistantes pour nous aider à collaborer, à organiser, à matérialiser nos visions. Mais la source, l’étincelle et la finalité doivent rester humaines.

L’éducation à l’ère de l’IA ne consiste pas à enseigner des règles fixes de méfiance ou d’enthousiasme, mais à développer la capacité de jugement autonome. Il s’agit d’apprendre à questionner nos usages des technologies, à identifier les rapports de pouvoir qu’ils instituent, à imaginer des alternatives respectueuses de la dignité humaine. John Dewey voyait dans l’expérience le fondement de tout apprentissage véritable. C’est par la pratique créative, par l’expérimentation avec les outils, que se construit l’esprit critique dont nous avons besoin. Non pas contre l’IA, mais avec elle, pour qu’elle reste à sa juste place : au service de notre irréductible et précieuse humanité.

L’intelligence artificielle s’est émancipée des laboratoires de recherche et des œuvres de science-fiction à la faveur du lancement public en novembre 2022 du robot conversationnel ChatGPT, qui a été très rapidement approprié par un nombre immense de personnes de façon internationale, dans les contextes professionnels, scolaires et même privés. Le fait que l’intelligence artificielle soit désormais repérée par la communauté humaine comme faisant partie de la vie quotidienne ouvre enfin la porte à une sensibilisation à l’esprit critique à ce sujet.

Bien-sûr, l’intelligence artificielle concerne l’industrie, le travail, la création, le droit d’auteur... et nous devons anticiper ses usages productifs futurs, afin de rester « à jour ». Mais pour accompagner nos vies qui intègrent désormais cette nouvelle facette, il me semble essentiel de produire une pensée critique, c’est à dire se mettre en capacité de réfléchir à ce qui nous arrive, à ce qui nous change, pour rester lucides et capables de liberté de pensée et d’action.

Qu’est-ce qu’une « pensée critique » ? C’est questionner, de l’extérieur, des pratiques qui sont intériorisées. Pour ce faire, je crois que l’expérimentation, l’action culturelle, le jeu, le détournement, sont des outils de recherche, d’exploration, de diffusion et de réflexion très opérants. Pour moi, la recherche est collaborative, et l’intelligence est collective, créative. Cela nécessite de mettre en place de bonnes méthodes de coopération, entre êtres humains et avec les machines. Je rassemble ici des récits d’expériences et des textes méthodologiques et pratiques. Je partage des pistes concrètes pour que l’intelligence artificielle, comme tout autre outil, soit investie au service de l’humanisme.

Voici déjà quelques ouvertures pour une pensée critique de l’IA, sous forme de questions :

  • L’intelligence artificielle est-elle un sujet en soi ? N’est-ce pas plutôt un milieu d’existence, à l’instar du numérique, dont il conviendrait de distinguer les champs en détail ?
  • Pourquoi ne parle-t-on jamais d’écologie quand on parle d’intelligence artificielle ?
  • Quelles œuvres de science fiction se rapprocheraient le plus de ce que nous vivons en ce moment avec les IA ?
  • Comment détourner de façon ludique des intelligences artificielles ? Et ainsi imaginer des activités créatives, pour jeunes et moins jeunes ?
  • De quelle nature est l’intrication entre l’intelligence artificielle et le projet capitaliste ?
  • Où se situe la ou les dimensions politiques de l’intelligence artificielle ?
  • En quoi l’intelligence artificielle concerne la philosophie ? Quels philosophes travaillent sur le sujet aujourd’hui ?
  • Quelle est l’histoire de l’intelligence artificielle ? Autant ses mythes successifs que l’évolution de ses technologies.
  • Comment créer soi-même des intelligences artificielles ? Et notamment avec le langage Python.
  • Y a-t-il des intelligences artificielles non visibles qui ont de grandes influences sur notre vie ?
  • Qu’est-ce que l’intelligence artificielle apporte à la création ? Comment l’expérimenter ?

QR Code d'accès à cette page
qrcode:https://www.benoitlabourdette.com/la-recherche-et-l-innovation/intelligence-artificielle-creation-et-esprit-critique/six-peurs-face-a-l-ia-six-deplacements-de-pensee