Conférence : « EAC et droits culturels : des convergences à identifier et à mettre en oeuvre »

5 février 2025. Publié par Benoît Labourdette.
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Comment les droits culturels peuvent être un outil pour une meilleure mise en œuvre des projets d’éducation artistique et culturelle ? Et comment on peut identifier des convergences entre les deux, et comment l’un peut aider l’autre ou l’autre peut aider l’un !

Dans le cadre des Rencontres territoriales « Éducation artistique et culturelle & Projets culturels de territoire » (Foix, 5 février 2025), que j’ai co-construites, organisées par l’Association des Maires Ruraux de l’Ariège (AMR09), l’Office
Central de la Coopération à l’Ecole d’Ariège
(OCCE-09) et l’UFISC.

Synthèse complète de la rencontre.


(photographie : Marie-Cécile Rivière)

Conférence de Benoît Labourdette : « EAC et droits culturels : des convergences à identifier et à mettre en oeuvre »

Retranscription non réécrite de la conférence

Je voudrais vous évoquer, c’est un partage d’outils, le lien entre éducation artistique et culturelle et droits culturels. Comment on peut identifier des convergences entre les deux et comment l’un peut aider l’autre ou l’autre peut aider l’un. Alors, c’est assez rapide, 15 minutes, donc je vais vous partager un point de vue, une direction de pensée qui est la mienne, qui peut se débattre évidemment. Évidemment, je voudrais donner quelques notions. Alors, l’éducation artistique et culturelle, pour moi, et encore une fois, c’est dans mon point de vue, on est dans l’esprit de ce qu’on appelle la démocratisation culturelle, à priori, avec la question de la rencontre avec les artistes et les œuvres, les trois piliers de l’EAC, de la pratique. Mais la pratique, c’est de la démocratisation, c’est-à-dire qu’on va proposer à des personnes de pratiquer des compétences artistiques proposées par des artistes, généralement, et puis la connaissance, qui est plutôt académique. Donc, voilà, pour le côté EAC.

Je le fais très, très rapidement et je trouve ça très bien. Et du coup, je vais maintenant dessiner à grands traits aussi, brosser à grands traits les droits culturels, ce que j’entends par là, sachant qu’on sait que c’est un concept qui peut sembler parfois un peu théorique. Moi, il me semble que c’est un concept très pratique, mais qui se nourrit d’autres sciences. En fait, je peux le dire comme ça.

Donc, les droits culturels, on a vu ce matin que pas mal de personnes étaient au courant de ce que c’était, mais je me permets de le définir à ma manière parce que chacun a aussi sa manière de s’expliquer ce qui va réguler le respect de la dignité humaine. Parce que c’est ça, en fait, les droits culturels. Au départ, ça s’appuie sur les dignités. Diverses déclarations des droits humains depuis 1948. Et puis, ça se formalise. Il y a une formalisation qui n’est pas la seule, mais il y a une formalisation qui fait un petit peu référence aujourd’hui. C’est la déclaration de Fribourg.

En fait, il s’agit d’envisager la culture dans son sens anthropologique. Donc c’est complètement déjà différent de l’éducation artistique et culturelle. Le mot culture dans l’éducation artistique et culturelle n’est pas le même que le mot culture dans les droits culturels. C’est-à-dire, dans les droits culturels, la culture au sens anthropologique, c’est-à-dire ce qui nous constitue. Ce que j’aime, où j’habite, d’où je viens, la musique que j’écoute, les réseaux sociaux que je fréquente, par exemple. Eh bien, tout ça, c’est la culture, c’est ce qui me constitue. Et l’idée des droits culturels, c’est de respecter la culture des gens.

Respecter mais respecter qui, en fait ? Nous, acteurs institutionnels, acteurs financés par le bien commun, eh bien, nous avons pour mission, c’est inscrit dans la loi maintenant, en France en tout cas. Dans deux lois, en 2015 et 2016. Les droits culturels sont cités, mais sachez que les droits culturels en eux-mêmes ne sont pas en eux-mêmes un article de loi. Ils sont cités dans des lois, mais en eux-mêmes, même la déclaration de Fribourg, c’est une sorte de copier-coller, si vous voulez, de reformulation d’articles de loi, mais elle ne fait pas force de loi, la déclaration de Fribourg.

Donc, si jamais on veut opposer les droits culturels, par exemple, je ne sais pas, si on trouve qu’un lieu ne respecte pas les droits culturels des personnes, eh bien, on ne peut pas mobiliser les droits culturels en eux-mêmes, mais ce qui les sous-tend. Donc, c’est un petit peu spécial au niveau juridique. Bref, les droits culturels, c’est à nous de respecter la culture des personnes, leur identité, par exemple, leur identité culturelle dans ce qu’elle a de singulier et de non normatif. Afin que les personnes elles-mêmes puissent reconnaître la valeur sociale de leur propre culture.

C’est-à-dire que si quelqu’un, je ne sais pas, qui parle mal le français, mais qui parle très bien d’autres langues, par exemple, se fait juger et éventuellement exclure ou stigmatiser parce qu’il ne parle pas bien le français. Eh bien, ses droits culturels n’ont pas été respectés et lui-même ne se sent pas autorisé à donner de la valeur à sa propre culture. Et je crois que notre rôle dans nos rôles institutionnels, quelle que soit la place où on est, nous, on encadre des choses. Eh bien, c’est de respecter les gens afin qu’ils puissent eux-mêmes reconnaître la valeur personnelle et sociale de leur propre culture.

Et dès lors, ils se sentent autorisés à participer à la vie de la cité. En fait, c’est ça. Si je ne me reconnais pas de la valeur à ma propre culture, il m’est rigoureusement impossible de participer à la vie de la cité parce que ma culture n’a pas de valeur dans l’espace social. Donc, je ne peux pas participer à l’espace social. Et donc, voilà, à mon sens, c’est ça. Et les droits culturels amènent la démocratie. La démocratie culturelle.

Et du coup, je voudrais préciser ça, cette nuance avec la démocratisation culturelle. C’est Malraux, en fait, ce sont les grandes œuvres de l’humanité qui sont rendues accessibles à tout le monde, les œuvres qui sont jugées comme ayant une valeur culturelle, mais là c’est la culture avec un grand C. Et la démocratie culturelle, c’est plutôt un espace où on va s’enrichir les uns les autres de nos cultures respectives.

Et là, c’est un endroit où les droits culturels sont très critiqués, parce qu’on peut dire, ah bah oui, ok, c’est du relativisme culturel, ça veut dire que tout se vaut, finalement, donc finalement notre boulot, il est un petit peu foulé du pied, d’une certaine manière, quid de l’excellence du travail artistique, etc. En fait, les droits culturels, à mon sens, ne disent pas que tout se vaut, mais ils postulent l’idée de la diversité et l’idée de l’enrichissement mutuel, quelles que soient les cultures des uns et des autres. On change de dynamique et d’énergie, si je puis dire, et donc finalement, il y a, me semble-t-il, alors je vous donne deux exemples, si dans un lieu comme celui-ci, par exemple, arrive un groupe d’enfants, comme tout à l’heure un groupe d’enfants est arrivé, qui sont bruyants, et qu’ils se font disputer, ils se font engueuler parce qu’ils sont bruyants. Et bien, dans les lunettes, comme on dit, des droits culturels, leurs droits n’ont pas été respectés.

Alors, on peut dire, mais oui, mais si jamais ils ont fait du bruit et qu’ils ont gêné les gens qui étaient en train de regarder le spectacle dans cette salle, eux-mêmes n’ont pas respecté les droits de ceux qui regardaient le spectacle. En fait, leurs droits n’ont pas été respectés dans le sens, est-ce qu’on s’est suffisamment intéressé à eux et à leur cheminement ? Est-ce qu’on leur a suffisamment partagé le sens des codes de ce type de lieu ou pas ? Et comment, dans la manière d’accueillir, parce que les droits culturels, c’est aussi comment on accueille, comment on chemine vers quelque chose. Donc, pour moi, ça fait réfléchir un petit peu sur le lacet aussi.

Et alors, comment on fait tout ça ? Je voulais mettre en exergue un petit peu les méthodes. On a employé aujourd’hui, pour ce qu’on partage ensemble, je voudrais apporter une notion qui vient plutôt de la psychanalyse. Je parle des droits culturels, mais les droits culturels, on est plutôt sur un arsenal juridique, un para-juridique. Et en fait, dans la mise en pratique des droits culturels, on va mobiliser d’autres choses que les droits culturels. Ce ne sont pas des méthodes. Les droits culturels, c’est plutôt des façons d’évaluer et de regarder les choses. Mais ça n’apporte pas tellement de solutions en tant que telles. Il faut mobiliser d’autres compétences, me semble-t-il, pour les mettre en pratique.

Et du coup, je voudrais vous parler de, en psychanalyse, ce qu’on va appeler le tiers symbolique. Qu’est-ce qui permet la rencontre entre des personnes, comme on essaie d’avoir aujourd’hui ? En fait, il y a la relation duelle, ce qu’on appelle la relation duelle. C’est-à-dire, je te demande de faire quelque chose, je te donne une consigne, par exemple. Et puis, ça, c’est une relation duelle, c’est une relation de pouvoir. Et ça, c’est assez compliqué parce que, finalement, la personne doit obéir. Obéir, de certaine manière, à ce qu’on lui dit.

Le tiers... C’est cette instance, cet objet qui est entre nous et qui va nous permettre de mieux nous rencontrer. C’est-à-dire que si on dit, par exemple tout à l’heure quand on vous dit, on donne une consigne, écrivez quelque chose, écrivez une proposition, puis vous l’écrivez et vous le mettez en ligne, en fait vous écrivez ce que vous voulez. Donc c’est un tiers entre nous. Et ce tiers, il nous permet de nous rencontrer. Vous voyez, c’est pas directement.

Donc en fait cette dimension du tiers est pour moi très liée à la dimension pratiquée de l’éducation artistique et culturelle. Mais comment on fait, on propose la pratique ? Donc moi, l’outil pour moi est assez important et central. Si je dis aux personnes comment il faut faire, eh bien je... Je vais, me semble-t-il, rester dans une relation duelle. Si par contre, je partage mes outils, je leur donne des outils, des feutres, de la peinture, je propose un cadre.

Dans ce cadre, qui est bien proposé par l’artiste, donc c’est l’atelier de l’artiste, si on peut dire, le cadre qui est proposé, eh bien, les personnes ont un cadre, et si à l’intérieur de ce cadre, elles sont libres d’une certaine manière de faire ce qu’elles veulent, eh bien, moi, en tant qu’artiste, et je le sais parce que je le suis aussi, je mets en place beaucoup d’actions auprès des publics, je vais recevoir ce qu’ils vont inventer dans mon dispositif.

Donc, vous voyez, le fait de donner l’outil, ça permet aux personnes de faire à leur manière, me semble-t-il, on est dans une pratique, mais on est dans une pratique de démocratie culturelle, vous voyez la nuance entre démocratisation, en gros, je donne la consigne, il faut faire comme j’ai dit, parce que moi, je suis l’artiste, j’ai la compétence, etc., ou alors, je partage mes outils, et les personnes se les approprient à leur manière, et moi, je reçois, et peut-être, en tant qu’artiste, je reçois des choses, et je suis transformé aussi par ce qui se passe. Mais du coup, c’est vraiment une énergie, et il me semble que vraiment la question de l’outil... C’est le cœur aussi des pédagogies freinées, les questions de l’outil qui est au centre.

On fait un journal, le but c’est de faire un journal, et ensuite chacun, de façon complémentaire, va faire des choses différentes. Et je crois que, justement, ce n’est plus tant tout le monde fait la même chose, ça ce serait la démocratisation, mais chacun fait aussi avec ses compétences et enrichit le collectif. Donc il me semble que cette vision et cette mise en pratique des droits culturels peut permettre d’éclairer l’éducation artistique et culturelle.

Je vous donne un exemple d’atelier photo, qu’on aurait pu vous proposer aujourd’hui, mais on avait tellement de choses à vous proposer, que je fais faire souvent, je propose à des gens de faire chacun et chacune une photo, avec des petites consignes, il faut qu’il y ait une main dans la photo, et puis une thématique, mais enfin chacun fait une photo comme il veut. Et puis les gens mettent en ligne la photo, avec le fameux QR code que vous avez employé, et puis on se retrouve, ça prend quoi, 5-10 minutes, même pas, faire une photo, il y a une intention, et on se retrouve avec les photos. Toutes les photos faites par les personnes. Alors là, on est un grand groupe. Avec un groupe de 10 ou 15, ça marche mieux.

Et on va regarder les photos ensemble avec une consigne un petit peu inhabituelle qui est que la personne qui a fait la photo n’a pas le droit de parler. Mais les autres qui regardent la photo lui renvoient ce qui ressemble de sa photo, ce qu’ils y voient, ce que ça leur évoque, etc. Et du coup, ce qui est très intéressant là-dedans, c’est qu’il y a eu une pratique artistique, la création d’une photo. Mais la pratique du regard ensemble fait que les gens qui ont fait la photo reçoivent des regards et les gens voient plein de choses différentes dans leur photo.

Et du coup, c’est assez surprenant parce que souvent, les gens peuvent voir des trucs philosophiques, etc. que moi, je n’ai pas du tout mis. Moi, j’ai fait ma photo de merde, j’ai fait ma petite photo. Et je me dis, c’est du foutage de gueule. Ils y voient des choses que je n’ai pas mises. Mais en fait, ces choses, elles y sont. Et ce faisant, grâce au regard des autres, je vais apprendre sur ma propre photo. Je vais être enrichi du regard des autres.

Alors que, et c’est très fort en fait ce qui se passe, et petit à petit peut-être, c’est pas que je vais être valorisé. Souvent on parle de valorisation des jeunes. Personnellement, je m’inscris un peu en faux là-dessus. Ce qui compte, c’est le cheminement des personnes. Le problème de la valorisation, c’est que ça postule une hiérarchisation des choses. Alors que le cheminement, c’est me semble-t-il le plus important. Et du coup, c’est aussi prendre conscience que l’art appartient autant aux créateurs qu’aux spectateurs. Et qu’on a chacun notre rôle, en fait.

Et dans cette pratique, on a passé beaucoup plus de temps à regarder ensemble. Et c’était un moment très important qu’à fabriquer. Et du coup, il me semble que, par exemple dans une restitution, et je finis sur le rôle de l’artiste, bien souvent lors de la restitution, on va justement expliquer, justifier ce qu’on a fait. Donc c’est l’inverse. Là, mon exercice de photo. Mais en fait, ce que je veux dire, on réduit à l’intentionnalité. C’est comme la question qu’a voulu dire l’auteur. Mais ça n’a aucune importance. Ce n’est pas le sujet, en fait. Et ce qui est important, c’est ce qu’on a reçu et comment on peut partager. Ça peut être intéressant, pourquoi pas, mais ce n’est pas du tout l’essentiel de l’art.

L’art, moi, je me réfère beaucoup à John Dewey, la philosophie pragmatiste américaine. L’art comme expérience. Il dit que l’art, ce n’est pas un objet. L’art, c’est l’expérience qu’on vit. Et il me semble que dans les projets d’éducation artistique et culturelle, il y a le mot éducation. Donc, les personnes sont au centre. L’éducation, c’est les personnes au centre, bien entendu, si elle était bien menée. Et dans les droits culturels, les personnes sont mises au centre aussi. Et c’est ça qu’il faudrait mettre en œuvre.

Dans une restitution, souvent, il y a la problématique du résultat. Il y a eu tout un atelier, etc. Puis il y a une restitution, on montre le résultat. Le problème de ça, c’est que le moment de la restitution, il est important, il valide, il institue. Et du coup, il y a les tutelles, les parents, les profs, les financeurs, le maire de la ville, que sais-je. Et du coup, tout le monde a la pression. Il faut que ce soit bien.

Et dans un projet EAC, pour l’artiste aussi il y a de l’enjeu. Il y a les conseillers DRAC qui sont là. Donc c’est son identité d’artiste aussi, vu qu’il a animé l’atelier. Donc souvent, on se retrouve avec des ateliers où l’artiste va finaliser les trucs. Si ce sont des tableaux, des photos, des films ou même un spectacle, il va arranger les œuvres faites par les participants, pour que ça valorise tout le monde, que ça valorise l’institution. Mais ce faisant, la dimension éducative, le chemin des gens, les participants, ils se retrouvent dominés par cette puissance finalement de l’artiste, ce pouvoir qui est plus grand que le leur. Donc on n’est plus du tout en démocratie. Et ce faisant, on a dérivé, me semble-t-il, vers une production institutionnelle qui est là pour valoriser tout le monde. Mais il me semble qu’on a complètement perverti les textes même de l’éducation artistique et culturelle. Et il n’y a eu jamais aucune mauvaise intention.

Et du coup, j’ai une proposition, et je terminerai là-dessus, c’est de documenter les processus, de documenter ce qui se passe, de vraiment noter ça a été quoi le cheminement, de faire des photos, de faire des journaux, etc. De ne jamais, en tant qu’artiste, intervenir sur l’œuvre pour l’arranger, etc. Jamais de la vie, de se mettre un interdit là-dessus, d’accompagner les gens et, à la restitution, ce qu’on restitue, c’est le cheminement dont on a des traces.

Et puis, finalement, l’œuvre, existe, bien sûr, il y a un résultat final. Mais la restitution, c’est le cheminement. Et là, on sera dans une démarche éducative, vous voyez, me semble-t-il. Et encore une fois, tout ça se débat. Je vous partage mon point de vue. Donc, il me semble que là, les droits culturels peuvent nous aider, parce que finalement, on va se recentrer sur la personne, sur l’éducation et sur le cheminement de la personne, et non pas sur une sorte de domination artistique qui a priori pas ce qu’on souhaite faire, voilà, merci de votre attention.

Les « droits culturels », qui découlent de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sont un concept développé et défendu par des chercheurs, sociologues, philosophes, responsables politiques et acteurs du monde culturel. Présents dans un certain nombre d’articles de loi depuis 2001, les droits culturels visent à mettre en évidence et formaliser, pour pouvoir les rendre opérants, les principes d’une « démocratie culturelle ». Pour le synthétiser rapidement, il s’agit que chaque personne puisse donner à ses propres yeux de la valeur à sa culture personnelle, afin d’être en capacité d’exercer sa citoyenneté : s’exprimer, défendre son point de vue, créer, développer ses pratiques, avoir accès à une diversité culturelle, etc. Les droits culturels opèrent dans un champ bien plus vaste que celui du strict secteur culturel.

La notion de « droits culturels » est présente en France dans les lois NOTRe (2015) et LCAP (2016). Elle est portée par une délégation du Ministère de la Culture (Délégation générale à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle, depuis le 1er janvier 2021).

Les droits culturels sont paradoxalement difficiles à mettre en œuvre dans le secteur culturel, qui est traditionnellement plutôt attaché à la « démocratisation culturelle » : on y défend souvent l’idée de la transmission aux publics d’œuvres d’art de la meilleure qualité possible, selon un principe de hiérarchie de « valeurs culturelles ». Ainsi, les droits culturels peuvent être vécus par certains professionnels de la culture comme une dynamique dangereuse pour l’Art, une tendance vers les pratiques amateur, ce qui n’est pas le cas.

Dans mon point de vue, qui est celui d’un praticien/chercheur dans le champ culturel, les droits culturels sont avant tout une pratique, un exercice de la démocratie dans les méthodes même d’organisation du travail, du rapport à l’autre et de la place de chacun.e, les choix de programmation, les méthodes de médiation et d’animation d’ateliers, le mode d’inscription territorial de la politique culturelle, etc.

Je propose dans cette rubrique des méthodes de travail concrètes pour des bonnes pratiques de mise en œuvre des droits culturels, basées sur mes expériences de terrain, ainsi qu’un partage de réflexions plus théoriques, dans le cadre de ma propre recherche sur les droits culturels.

Je me situe dans la filiation de penseurs comme John Dewey. Mais les droits culturels ne sauraient être présentés sans citer Patrice Meyer-Bisch, Jean-Michel Lucas, Christelle Blouët, la « Déclaration de Fribourg », etc.


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