Droits culturels et découvrabilité numérique

17 août 2025. Publié par Benoît Labourdette.
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Face à l’échec de beaucoup de stratégies culturelles numériques institutionnelles, les droits culturels et son corollaire la démocratie culturelle me semblent être des outils très constructifs. Voici comment.

Limites et opportunités des politiques de découvrabilité numérique

La question de la découvrabilité numérique des contenus culturels révèle un paradoxe frappant : alors que les institutions culturelles investissent massivement dans la numérisation et la diffusion en ligne, leurs contenus demeurent largement invisibles dans l’océan numérique. Cette invisibilité n’est pas accidentelle ; elle résulte à mon sens d’une incompréhension assez fondamentale de la nature même de l’espace numérique, qui est avant tout un territoire de démocratie culturelle, sur lequel on projette les modèles anciens de la démocratisation culturelle.

Le numéro 64 de la revue l’Observatoire du mois de juillet 2025, centré sur le sujet de la découvrabilité numérique, offre des éclairages très précieux, dont voici une courte synthèse. J’y ajoute ici quelques principes méthodologiques qui sont je pense complémentaires.

Synthèse du numéro 64 de la revue l’Observatoire

La découvrabilité numérique représente aujourd’hui l’un des défis majeurs pour les acteur·rice·s culturel·le·s, bien au-delà de la simple mise en ligne de contenus. L’environnement est dominé par quelques plateformes géantes et leurs logiques algorithmiques. Il ne suffit plus de produire et diffuser, il faut comprendre et maîtriser les mécanismes qui permettent à une œuvre d’être trouvée, recommandée et rencontrée par des publics qui ne la cherchaient pas nécessairement.

Cette notion de découvrabilité redéfinit fondamentalement le rapport entre création, diffusion et réception culturelle. Les algorithmes des grandes plateformes, en privilégiant systématiquement les contenus populaires selon des logiques de maximisation de l’engagement, créent un effet d’entonnoir qui peut marginaliser la diversité culturelle, linguistique et territoriale. Face à cette concentration, les acteur·rice·s culturel·le·s doivent repenser leurs stratégies en comprenant que les nouveaux « gatekeepers » ne sont pas uniquement algorithmiques. Les intermédiaires humain·e·s, curateur·rice·s de playlists, stratèges numériques, labels, distributeur·rice·s, conservent un pouvoir de prescription déterminant, créant des opportunités de négociation et de partenariat dont la géométrie varie selon les territoires, les moyens disponibles et la force des réseaux professionnels mobilisés.

La réponse à ces enjeux ne peut être uniquement défensive ou technique. Elle passe par une approche stratégique multiple qui articule plusieurs niveaux d’action. Au niveau des contenus eux-mêmes, l’enrichissement des métadonnées, la multiplication des formats et des canaux de diffusion deviennent des compétences essentielles. Mais cette dimension technique doit s’accompagner d’un ancrage territorial fort. Les collectivités territoriales émergent comme des acteur·rice·s clés, quand elles développent des plateformes locales alternatives, soutiennent des initiatives patrimoniales participatives et créent des dispositifs, comme le Pass Culture par exemple, qui privilégie la mise en réseau locale des jeunes et des acteur·rice·s culturel·le·s.

L’innovation la plus prometteuse réside peut-être dans l’émergence de modèles participatifs qui remettent en cause la passivité traditionnelle du·de la consommateur·rice culturel·le. La coproduction de la découvrabilité, qui implique activement les publics dans la structuration des parcours de découverte, dans l’enrichissement des métadonnées ou dans les expérimentations algorithmiques, ouvre des perspectives nouvelles. Cette approche transforme les usager·ère·s en allié·e·s actif·ve·s, capables non seulement de prescrire mais aussi de co-construire les stratégies de diffusion et d’indexation. Les exemples de plateformes d’écriture collaborative comme Wattpad ou AO3 montrent comment ces espaces peuvent favoriser la représentation de diversités identitaires et culturelles tout en fonctionnant comme des archives vivantes pour des communautés spécifiques.

Cette transformation s’inscrit dans le cadre plus large de droits culturels, où la découvrabilité devient un enjeu de participation à la vie culturelle, d’accès à sa propre culture et de découverte de celle des autres. Les principes juridiques de non-discrimination, d’équité, de transparence et d’explicabilité offrent des leviers pour négocier avec les plateformes et garantir une diversité d’accès face aux risques de manipulation algorithmique. Cette dimension juridique et politique ne doit pas être négligée par les acteur·rice·s culturel·le·s, qui peuvent s’appuyer sur ces cadres pour défendre leurs intérêts et ceux de leurs publics.

La bataille de la découvrabilité ouvre ainsi à une mutation profonde du secteur culturel dans le champ numérique. Elle appelle les acteur·rice·s culturel·le·s à développer une intelligence stratégique nouvelle, combinant expertise technique, ancrage territorial et mobilisation citoyenne. Il ne s’agit plus seulement de s’adapter aux plateformes dominantes mais de participer activement à la construction d’un écosystème numérique culturel plus équitable et diversifié. Cette approche nécessite de dépasser les logiques sectorielles pour investir les terrains de la formation, de l’éducation aux médias et de l’inclusion numérique, entre autres.

L’enjeu fondamental pour les acteur·rice·s culturel·le·s est donc de comprendre que la découvrabilité n’est ni un simple problème technique ni une fatalité économique, mais un terrain de lutte pour la diversité, l’inclusion et la participation citoyenne à la vie culturelle. Dans ce contexte, leur rôle évolue : ils·elles deviennent des médiateur·rice·s actif·ve·s entre les œuvres et les publics, des architectes de stratégies hybrides combinant plateformes dominantes et alternatives locales, et des catalyseurs de participation citoyenne. Cette transformation exige certes des compétences nouvelles et des ressources, mais elle ouvre aussi des opportunités inédites pour repenser la relation entre création, diffusion et réception culturelle dans l’environnement numérique contemporain.

Trois institutions pionnières du service public

Trois exemples emblématiques illustrent en France la manière dont les institutions publiques ont pu investir le numérique pour élargir l’accès à la culture :

  • La Bibliothèque nationale de France a révolutionné l’accès au patrimoine écrit avec Gallica, sa bibliothèque numérique lancée en 1997, qui propose aujourd’hui plus de 10 millions de documents numérisés (manuscrits médiévaux, livres rares, cartes anciennes et périodiques) constituant l’une des plus importantes collections numériques patrimoniales au monde et servant de modèle international pour la démocratisation du savoir.
  • L’Institut national de l’audiovisuel (INA) a été créé le 1er janvier 1975, dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel menée par la loi du 7 août 1974. Sa plateforme grand public, www.ina.fr, qui rend accessibles ses archives en ligne, a été ouverte en 2006, après un vaste chantier de numérisation des collections. Son succès fut immédiat et immense. Cette plateforme rend accessible un corpus unique qui mêle histoire politique, sociale et culturelle de la France. Par ailleurs, le travail de l’INA ne se limite pas à l’archivage, il intègre une éditorialisation et des usages pédagogiques et scientifiques, faisant de ces ressources audiovisuelles un outil pour les chercheur·euse·s, les enseignant·e·s et le grand public. L’institution incarne ainsi une politique publique où mémoire collective et innovation numérique s’alimentent mutuellement.
  • La chaîne franco-allemande Arte a aussi fait figure de précurseur dans le domaine du numérique culturel avec le lancement d’Arte LiveWeb en 2007, devenue depuis Arte Concert en 2009. Cette plateforme pionnière dans la diffusion en direct et à la demande de spectacles vivants (concerts, opéras, théâtre) préfigurait les usages actuels du streaming culturel. En proposant des contenus créatifs spécifiquement conçus pour le web, des documentaires interactifs et des expériences transmédias, Arte a non seulement offert une nouvelle visibilité à la scène culturelle européenne mais a aussi su attirer un public rajeuni et international. En se positionnant très tôt sur le streaming culturel gratuit, la chaîne a affirmé sa vocation de service public européen et s’est établie comme une référence en matière de politique éditoriale numérique audacieuse et de qualité.

Cependant, au-delà de ces exemples phares et de quelques expériences éparses, souvent sérieuses mais rarement pérennes, la réflexion reste faible, et ce de façon récurrente. Pourtant des chercheur·euse·s travaillent d’arrache-pied, comme par exemple lors du dernier « Carrefour de l’agrégation » au mois de juin 2025, dont le but était que l’ensemble des informations sur le patrimoine culturel français soient organisées, partagées et accessibles de façon moderne et efficace, tant pour les citoyen·ne·s que pour les institutions et les chercheur·euse·s. Il s’agit de s’assurer que la France et l’Europe restent à la pointe sur la diffusion et la circulation du patrimoine culturel dans l’espace numérique, tout en garantissant la fiabilité et la sécurité des données. Il s’agissait de façon très concrète de discuter de l’adoption de standards communs, comme LIDO-MC, qui permettent l’interopérabilité, c’est à dire de connecter les informations entre institutions, de rendre le patrimoine plus visible et facilement utilisable, et de soutenir du côté technique le développement possible de services innovants à tous les étages de la société.

L’exemple le plus flagrant de ce décalage est la récurrence des chaînes YouTube institutionnelles créées par les lieux culturels comme en une forme d’obligation. La plupart d’entre elles sont désertées en termes d’audience et d’interactions. Elles consomment du temps et des ressources considérables pour un résultat dérisoire : leurs contenus, aussi qualitatifs soient-ils, se retrouvent noyés dans l’immensité de la plateforme. Elles échouent à constituer un véritable lieu culturel en ligne, notamment parce qu’elles négligent une dimension fondamentale de l’engagement culturel : son ancrage territorial. Cette aberration symptomatique montre bien, à mon sens, une incompréhension quasi-complète des potentialités réelles de la découvrabilité numérique.

La confusion entre démocratisation et démocratie culturelle

Je suis convaincu·e que ce qui manque à ces démarches, malgré leur sincérité et les efforts investis, c’est la prise en compte de la nature spécifique de l’espace numérique. Cet espace n’est pas un simple canal de diffusion ; il est, par essence, un lieu de démocratie culturelle, et non de démocratisation culturelle comme le sont les lieux physiques traditionnels. Un théâtre, un musée ou un centre d’art sont des espaces de démocratisation : on y propose au public des œuvres, des spectacles, des ateliers animés par des professionnel·le·s. Il s’agit d’une transmission, d’un enrichissement que l’on peut qualifier d’intransitif, car il s’opère principalement du haut (l’institution, l’artiste) vers le bas (le public). Cette démarche a toute sa valeur, mais elle ne peut être transposée telle quelle dans l’espace numérique.

L’espace numérique, le web dans son entièreté, fonctionne sur un paradigme radicalement différent. Il met en acte la démocratie culturelle, un principe où chacun·e peut non seulement consulter, mais aussi et surtout contribuer, créer, commenter, agréger, et former des communautés d’intérêt et de pratique. La notoriété n’y répond pas aux mêmes critères de légitimité historique ou institutionnelle, symbolisée par des bâtiments prestigieux, par exemple. Sur Internet, n’importe qui peut, avec un simple téléphone, créer un contenu et connaître un succès phénoménal sur une plateforme comme TikTok, générant parfois plus d’audience et de valeur que des projets professionnels longuement mûris. Comme l’a théorisé le sociologue américain Henry Jenkins, nous sommes passé·e·s d’une culture de la consommation à une « culture de la participation » où la distinction entre producteur·rice et consommateur·rice s’estompe.

Il ne s’agit nullement de dévaloriser le travail des professionnel·le·s, mais de constater un changement de paradigme. La structure pyramidale et hiérarchique de la démocratisation culturelle est remplacée, en ligne, par une horizontalité foisonnante. L’enrichissement devient transitif : on apprend les un·e·s des autres, dans une réciprocité permanente. C’est pourquoi la simple translation d’un contenu des murs vers l’écran, par exemple, filmer une rencontre avec un·e metteur·euse en scène et la poster sur YouTube, ne fonctionne pas. Une rencontre avec le·la metteur·euse en scène en salle peut très bien fonctionner, car il y a la coprésence, mais captée comme telle et diffusée sur Internet, elle perd son sens (à part sa valeur d’archive).

Pour une refondation par les droits culturels : vers des politiques publiques véritablement numériques

Si nous souhaitons que les politiques culturelles publiques investissent avec succès ce nouvel espace, il est impératif d’en accepter les règles intrinsèques, qui sont celles de la démocratie culturelle. Ce cadre de pensée est remarquablement bien formalisé par les droits culturels, notamment dans la Déclaration de Fribourg (2007), qui stipule que « toute personne, aussi bien seule qu’en commun, a le droit d’accéder aux patrimoines culturels et de les enrichir ». C’est à partir de cette approche méthodologique que nous pourrons imaginer et construire de véritables espaces culturels numériques, à mon sens.

J’ai récemment proposé, dans l’article Droits culturels et numérique plusieurs pistes de travail très concrètes et territorialisées de mise en œuvre de politiques culturelles numériques. Je ne prétends pas fournir des recettes toutes faites ou des solutions universelles, ce serait contraire à l’esprit même des droits culturels. Il s’agit plutôt de respecter les identités culturelles des personnes auxquelles nous souhaitons nous adresser, dans leur extrême diversité, pour inventer des dispositifs spécifiques, des projets adaptés, des idées nouvelles. L’entrée méthodologique que je propose ici a pour but d’aider à rendre possible une véritable mission de politique culturelle publique dans le champ numérique. Elle ne dicte pas le comment ni le quoi faire, mais définit le type d’approche nécessaire pour se mettre en mesure d’agir efficacement.

L’exigence d’une évaluation libre et externe

L’adoption d’une perspective fondée sur les droits culturels peut bouleverser de fond en comble bien des dogmes et méthodes de travail jusqu’à présent légitimes. Cette transformation nécessite un regard critique et distancié sur nos pratiques. Pour être réellement dans une démarche de démocratie culturelle, nous avons besoin d’évaluations conduites par des personnes extérieures aux enjeux de nos projets, libérées des biais du « vouloir bien faire » ou des contraintes imposées par nos partenaires financeur·euse·s et nos tutelles.

Il me semble essentiel de mettre en place des instances d’évaluation et de validation progressive animées par des personnes n’ayant aucun enjeu institutionnel dans la réussite ou l’échec de nos démarches. Cette liberté de regard constitue une condition sine qua non pour dépasser les limites actuelles et inventer de nouvelles formes d’action culturelle numérique.

Oser le changement de paradigme

La découvrabilité numérique des contenus culturels ne peut se résumer à une simple question technique de visibilité en ligne. Elle interroge fondamentalement notre conception même de l’action culturelle publique à l’ère numérique. Le passage nécessaire de la démocratisation à la démocratie culturelle implique d’accepter une redistribution des légitimités, une horizontalisation des échanges, une reconnaissance de la diversité des expressions culturelles.

Ce changement de paradigme, exigeant et très déstabilisant, constitue pourtant la condition indispensable pour que les politiques culturelles publiques retrouvent leur pertinence dans l’espace numérique. Il ne s’agit pas d’abandonner les missions traditionnelles de démocratisation culturelle, toujours importantes (mais pas suffisantes) dans les espaces physiques, mais de développer parallèlement une approche adaptée aux spécificités du numérique, fondée sur les droits culturels et la participation active de tou·te·s les acteur·rice·s.

L’enjeu dépasse largement la seule question de l’efficacité des investissements publics. Il touche à la capacité de nos sociétés à maintenir une diversité culturelle vivante face aux logiques monopolistiques des grandes plateformes numériques. Comme l’affirme l’UNESCO dans sa Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005), « la diversité culturelle constitue un patrimoine commun de l’humanité et devrait être célébrée et préservée au profit de tous ». Cette préservation passe aujourd’hui, nécessairement, par une réinvention de nos politiques culturelles numériques à l’aune des droits culturels. C’est donc à ce prix, celui de l’humilité et de l’ouverture radicale, si difficiles à mettre en œuvre au sein d’équipes déjà constituées par des professionnel·le·s formé·e·s à d’autres « valeurs », que nous pourrons enfin doter nos politiques culturelles d’une véritable et puissante mission dans l’univers numérique.

Les « droits culturels », qui découlent de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sont un concept développé et défendu par des chercheurs, sociologues, philosophes, responsables politiques et acteurs du monde culturel. Présents dans un certain nombre d’articles de loi depuis 2001, les droits culturels visent à mettre en évidence et formaliser, pour pouvoir les rendre opérants, les principes d’une « démocratie culturelle ». Pour le synthétiser rapidement, il s’agit que chaque personne puisse donner à ses propres yeux de la valeur à sa culture personnelle, afin d’être en capacité d’exercer sa citoyenneté : s’exprimer, défendre son point de vue, créer, développer ses pratiques, avoir accès à une diversité culturelle, etc. Les droits culturels opèrent dans un champ bien plus vaste que celui du strict secteur culturel.

La notion de « droits culturels » est présente en France dans les lois NOTRe (2015) et LCAP (2016). Elle est portée par une délégation du Ministère de la Culture (Délégation générale à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle, depuis le 1er janvier 2021).

Les droits culturels sont paradoxalement difficiles à mettre en œuvre dans le secteur culturel, qui est traditionnellement plutôt attaché à la « démocratisation culturelle » : on y défend souvent l’idée de la transmission aux publics d’œuvres d’art de la meilleure qualité possible, selon un principe de hiérarchie de « valeurs culturelles ». Ainsi, les droits culturels peuvent être vécus par certains professionnels de la culture comme une dynamique dangereuse pour l’Art, une tendance vers les pratiques amateur, ce qui n’est pas le cas.

Dans mon point de vue, qui est celui d’un praticien/chercheur dans le champ culturel, les droits culturels sont avant tout une pratique, un exercice de la démocratie dans les méthodes même d’organisation du travail, du rapport à l’autre et de la place de chacun.e, les choix de programmation, les méthodes de médiation et d’animation d’ateliers, le mode d’inscription territorial de la politique culturelle, etc.

Je propose dans cette rubrique des méthodes de travail concrètes pour des bonnes pratiques de mise en œuvre des droits culturels, basées sur mes expériences de terrain, ainsi qu’un partage de réflexions plus théoriques, dans le cadre de ma propre recherche sur les droits culturels.

Je me situe dans la filiation de penseurs comme John Dewey. Mais les droits culturels ne sauraient être présentés sans citer Patrice Meyer-Bisch, Jean-Michel Lucas, Christelle Blouët, la « Déclaration de Fribourg », etc.


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