Explorons et travaillons les potentialités de la relation texte-image dans le cinéma. Présent dès l’ère muette avec les intertitres, l’écrit s’est diversifié avec le numérique, facilitant l’intégration de textes et d’habillages graphiques dans les productions cinématographiques contemporaines.
Le cinéma, bien au-delà des images
Le cinéma n’a jamais été constitué uniquement d’images et de sons, car les images peuvent restituer autre chose que des images ; elles peuvent restituer du mouvement, des tableaux, des humains, de la danse, du théâtre, tout ce qu’on veut, y compris de l’écrit. Par ailleurs, on peut aussi écrire sur les images.
Le cinéma muet (de 1895 à 1927) utilisait énormément l’écrit, les « intertitres », pour donner les dialogues importants des personnages. Dans le cinéma contemporain, il y a, dans certains films, des chapitres qui sont écrits à l’écran, que ce soit dans des films sérieux comme Barry Lyndon de Stanley Kubrick, ou dans des films humoristiques comme Pulp Fiction de Quentin Tarantino, et bien d’autres.
Le numérique et la bascule dans l’écrit
Depuis une quinzaine d’années, le cinéma est passé en numérique pour sa prise de vue et sa post-production. Avant, le cinéma sur pellicule rendait très compliquées et chères les manipulations sur l’image. Depuis que le cinéma est passé en numérique, il est extrêmement facile d’écrire du texte à l’écran et d’intégrer ce qu’on appelle des habillages graphiques sur l’écran. Par exemple, des SMS en train d’être écrits, des dessins par-dessus l’image, des images dans l’image, et autres, sont bien plus courants qu’avant.
Le cinéaste Jean-Luc Godard a beaucoup utilisé le texte sur l’écran, notamment lorsqu’il a réalisé la série Histoires du cinéma, qui était entièrement montée en vidéo. La vidéo, à cette époque-là, dans les années 80, permettait de rajouter très facilement des titres, autant qu’on voulait, sans coût supplémentaire. Au cinéma, chaque ajout représentait une opération technique qui devait être faite en laboratoire. Même un simple fondu enchaîné avait un coût non négligeable, alors qu’en vidéo, avec les outils même de l’époque, des années 80, il était tout à fait possible de rajouter des titres, des fondus enchaînés, des effets de tourné de pages, etc.
Les vidéos des réseaux sociaux, par exemple sur TikTok, utilisent énormément l’écrit sur l’écran et la relation entre les deux. La figure du youtubeur qui dit où cliquer par rapport à l’image pour s’abonner à la chaîne, par exemple, utilise même l’écrit qui est en dehors de l’écran !
Je crois qu’il est extrêmement riche d’explorer, d’essayer, de jouer avec l’écrit à l’écran, les espaces d’exploration sont encore très vierges, amusons-nous avec cela, et ce dès l’écriture du scénario.