La technique du tamis aide à surmonter le manque d’inspiration. En collectant des idées sans filtre, puis en les « tamisant », on laisse émerger celles qui brillent comme de l’or, révélant des trésors cachés dans une masse informe. Une méthode pour trouver des idées pépites.
Lorsqu’on imagine un film, c’est-à-dire lorsqu’on écrit un scénario, il y a des moments où les idées fusent et s’enchaînent les unes aux autres de façon presque naturelle et évidente. Et puis, il y a des moments où l’on sèche, où la quantité d’éléments déjà présents semble bloquer l’émergence de nouveaux éléments, pourtant indispensables. L’existant, déjà un peu organisé, coince et ne laisse pas de place à ces nouveaux éléments, qu’il devient difficile d’intégrer. On se retrouve alors prisonnier de ce qui est déjà là, tout en sachant qu’il faut l’ouvrir.
C’est là que les échanges et les discussions avec quelqu’un d’autre que soi-même peuvent être très enrichissants pour débloquer la situation. Mais ce n’est pas le seul moyen. La « technique du tamis » que je propose consiste à collecter en vrac un grand nombre d’idées, peu importe leur origine. Par exemple, dans mon appartement, je regarde autour de moi : je vois un pot de fleurs, j’écris « pot de fleurs » ; je sors dehors et je vois un vélo de facteur, j’écris « vélo de facteur » ; je vois trois enfants qui jouent dans un parc, je note cette idée, etc. Même si ces idées n’ont rien à voir avec le sujet, je les inscris quand même. Je les collecte de façon désordonnée, comme un chercheur d’or qui met dans son tamis une grande quantité de sable, dont l’immense majorité sera inutile.
La première étape est donc une collecte désordonnée, qui semble n’avoir aucun lien avec le sujet que je traite. Ensuite, comme avec un tamis, je vais agiter toutes ces idées. Je peux, par exemple, les écrire sur des morceaux de papier, les jeter au sol en vrac, puis les mélanger. En les agitant, je laisse émerger, comme par hasard, celles qui vont apparaître soudainement comme étant reliées à mon sujet. Peut-être que parmi les 50 idées notées, il n’y en aura qu’une ou deux qui ressortiront du tamis. Mais soyez sûrs qu’elles ressortiront avec évidence.
Pour résumer : je suis en train de travailler sur un sujet précis, je me sens bloqué, alors je collecte plein d’idées dans tous les sens. Je les écris chacune sur un bout de papier, puis, je les mélange toutes ensemble, et je laisse sortir celles qui se relient à mon sujet. Elles sortiront toutes seules. Il y en aura très peu, mais celles qui seront reliées à mon sujet brilleront comme de minuscules paillettes d’or dans le tamis du chercheur d’or au bord de la rivière.
Cette grande matière inutile n’aura pas été collectée pour rien. Elle aura permis de découvrir, au milieu d’elle, le précieux trésor auquel nous n’aurions jamais eu accès si nous n’avions pas pioché dans cette grande masse informe. Le trésor était là, logé à l’intérieur, invisible avant que nous ne tamisions cette masse et que les liens se fassent d’eux-mêmes.