Les logiciels de scénario standardisent la mise en page, appliquent automatiquement styles et numérotation, et libèrent du temps pour la créativité. De Final Draft à Celtx, ils sont devenus des outils précieux pour les scénaristes.
Un scénario de film rentre, le plus souvent, dans une présentation standardisée, qui se résume à quelque chose de très simple : une page = 1 minute.
Une page de scénario contient : les numéros, titre et détails des scènes, les didascalies (indications de ce qui se passe), et les dialogues. La présentation est traditionnellement très aérée, et le temps de la lecture est d’approximativement une minute.
Ainsi, temps de lecture = temps du film. Donc, à la lecture du scénario, on « sent » le rythme du film.
Même la présentation, la mise en page, répond à des critères très standardisés. On pourrait, à juste titre, critiquer cette standardisation, et la qualifier de frein à la créativité. Mais, au fond, je ne pense pas, je pense que c’est un simple cadre technique. De même qu’un film, pour pouvoir être vu, quelle que soit son originalité, doit toujours être sur un support standard de projection, un scénario procède de la même logique. C’est un document technique support d’un projet de film.
Donc, bien souvent, le scénario n’est pas suffisant pour décrire et préparer le film. Il n’est qu’un élément parmi d’autres, et un élément dont l’objet principal est dramaturgique.
Donc, avant l’existence des logiciels d’écriture de scénario, on utilisait Word, en passant un temps fou à faire de jolies indentations, marges, caractères gras et autres, afin que le scénario ait la « tête » de cette standardisation. On perdait beaucoup de temps. Par exemple, si on voulait rajouter, ou enlever, une scène, il fallait, manuellement, changer tous les numéros de scènes suivants.
Ainsi, utiliser un logiciel d’écriture de scénario permet de gagner un temps précieux pour la mise en forme technique du document. C’est son principal intérêt. Ensuite, certains logiciels permettent d’aller plus loin, de travailler la « courbe dramatique » du film, de construire les personnages, de préparer le plan de travail, etc. Ce sont des fonctions supplémentaires, qui, là, peuvent prêter plus facilement à critiques.
Un scénario est divisé en trois « styles » de caractères et de paragraphes principaux :
Auparavant, il fallait, élément par élement, redéfinir manuellement les marges, les gras, etc. à chaque endroit du scénario. Maintenant, on peut utiliser les « styles », en informatique : on qualifie tel morceau de texte de « Dialogues », et ça peut se faire au moyen d’une seule touche, et automatiquement, les marges s’adaptent. Si, à un moment donné, on trouve que les marges des dialogues sont à changer, il suffit de changer leur définition, et tout va changer automatiquement dans le document.
Le principe des styles, c’est à dire d’une approche sémantique des portions de texte, est à la base, entre autres, des logiciels d’écriture de scénario.
Le premier en date, me semble-t-il, est Final Draft. Un logiciel, purement technique, de mise en forme du document final.
Puis, à la fin des années 90, Michel Loulergue (scénariste de Rue case nègres), a développé, avec sa société Creative Valley, le logiciel Scenario Pro, basé sur sa méthode d’enseignement du scénario. C’est une série de questions, posées à l’auteur, auxquelles il doit répondre, et qui l’emmène, peu à peu, à construire la structure du récit et les personnages. Une approche intéressante, pédagogique, mais qui n’a pas su trouver son public, malgré des partenariats avec des écoles comme l’Esra.
Aujourd’hui, la règle est plutôt aux conseils prodigués par des experts, intégrés dans les logiciels, une sorte de fichier d’aide classique amélioré.
Il ne s’agit pas ici d’être exhaustif, mais de proposer des outils intéressants.
Outils et techniques pour l’écriture de scénario et la construction de projets de films.
Dans notre monde où des intelligences artificielles créent directement des films à partir des désirs de leurs auteurs exprimés en très peu de mots, dans ce monde où les films de 3h30 dans les salles obscures côtoient les vidéos de 10 secondes sur les réseaux sociaux, lesquels ont besoin de scénarios, pourquoi, et qu’est-ce qu’un scénario ?
Un scénario est-il encore utile à l’époque où chacun a dans sa poche un matériel de création audiovisuelle de niveau quasiment professionnel ? À quoi sert le scénario ?
Pour les auteurs, réalisateurs, producteurs et surtout créateurs de contenu, comme on les nomme le plus souvent aujourd’hui, je crois que le scénario, ses modes de création, d’écriture, ses façons de raconter les histoires, est un outil extrêmement puissant pour nous aider à créer les œuvres audiovisuelles les plus importantes possibles et qui rencontreront au mieux leur public aujourd’hui et demain, dans leurs espaces respectifs de diffusion, que ce soit la salle de cinéma, l’écran de télévision, la plateforme de SVOD, les sites de vidéos communautaires ou les nouveaux médias construits exclusivement autour de la vidéo collaborative comme TikTok.
Ce guide n’a pas la prétention d’être exhaustif, mais il s’appuie sur des expériences concrètes, celles que j’ai vécues et celles que j’ai fait vivre. Depuis plus de 30 ans, j’ai accompagné des milliers de personnes dans la réalisation de films de tous genres, j’ai fondé et dirigé plusieurs festivals de cinéma, j’ai créé de nombreux événements innovants autour de l’audiovisuel, et j’ai également siégé dans des commissions d’aide à la création. Ce que je partage ici est donc subjectif et concret, issu de mon parcours et de mes observations en pratique.