Assis-debout

24 janvier 2025. Publié par Benoît Labourdette.
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Assis debout, un exercice ludique et profond pour identifier le concept de communauté. L’exercice « assis debout » est souvent présenté comme un brise-glace, c’est-à-dire un exercice qui permet au groupe de personnes d’être mieux en lien. Il a en effet cette utilité, mais à mon avis, il contient des ressources qui vont bien au-delà.

Voici le principe : face à un groupe de personnes assises, vous avez préparé une dizaine de questions, fermées, auxquelles chacun.e peut répondre par oui ou par non. Par exemple :

  • Qui est venu en vélo ?
  • Qui porte un vêtement de seconde main ?
  • Qui a l’application TikTok sur son téléphone ?
  • Qui est abonné à Netflix ?
  • Etc.

Il est préférable que les personnes ne soient pas assises derrière des tables, mais en cercle par exemple, pour pouvoir se voir mutuellement. Cela vaut la peine de repenser l’organisation de la salle, de bouger les tables, avec les participants, cela amène déjà à se déplacer intérieurement, c’est-à-dire à se mettre en capacité de recevoir.

Ensuite, on donne la consigne : on va assez rapidement poser des questions, et ce qu’on leur propose de faire est de se lever si la réponse est oui et de rester assis si la réponse est non. On invite les personnes à se préparer à pouvoir se lever et se rasseoir rapidement. Cela peut sembler un détail, mais il est très important de prendre le temps de la consigne, pour que les personnes puissent se mettre en condition de faire cette activité physique. Le corps est engagé, ce qui demande un petit temps, un sas.

Les questions doivent être choisies avec soin. Elles fonctionneront bien si elles sont faussement polémiques. Par exemple :

  • Qui est abonné à Netflix ?
  • Qui a un poste de télévision chez lui ?
  • Qui passe plus de 5 heures par jour devant des écrans ?
  • Etc.

Il faut qu’il y ait une touche d’humour. Et ces questions doivent être préparées en fonction des problématiques a priori partagées par les personnes qui se sont rassemblées. Pour des musiciens classiques, par exemple, on peut poser des questions du type :

  • Qui s’accorde en 432 Hz plutôt qu’en 440 Hz ?
  • Qui joue sur un instrument de plus de 100 ans ?
  • Qui fait de la relaxation avant de se mettre à jouer de son instrument ?

Cela ne dure pas plus de 5 minutes, cela fait rire les personnes, et en choisissant bien les questions, comme je le disais au début, plus qu’un simple brise-glace, cet exercice va permettre au groupe de personnes de se découvrir de façon légère, mais profonde. Il permet d’identifier ce qui fait lien, ce qui fait dissenssion, dans le rire. Cela crée un sentiment de communauté, par l’activité commune, dans la diversité.

Le fait de se lever est déjà une forme d’expression. On ose, devant les autres, partager quelque chose qui relève de nous en tant que personnes et pas dans un rôle social. Donc, cela induit des liens et cela permet de commencer à mettre en mouvement les sujets sur lesquels on va travailler ensemble.

Cela ne dure pas plus de 5 minutes, c’est joyeux, et cela a permis d’entrer ensemble de plain pied dans un espace de travail et déjà dans le sujet. On a déjà appris des choses, si les questions avaient été bien choisies.


Cette activité m’a été transmise par Sonia Leplat, qui l’avait elle-même reçue de Christelle Blouët.

Dans le cadre de l’entreprise, comme dans le cadre associatif, social, artistique, de médiation et d’action culturelle, de formation professionnelle ou initiale, ainsi que dans l’action sociale, mobiliser l’intelligence collective des personnes participantes est un levier très puissant, qui permet l’enrichissement mutuel, l’amélioration des liens, de la cohésion, l’émergence d’idées, l’invention de projets, une meilleure implication, etc.

Les outils d’intelligence collective sont aussi des outils démocratiques forts. Ils ont été développés en grande partie dans le champ de l’éducation populaire, où la contribution de chaque personne est bien plus valorisée que dans le champ de l’éducation nationale, qui, en France, reste malheureusement souvent bien trop traditionnelle dans ses formes.

J’ai très souvent participé à des ateliers d’intelligence collective, et j’en ai animé, appliqué, affiné, adapté et inventé un certain nombre. Vous trouverez ici une collection d’outils que j’ai moi-même employés, qui sont intégrés dans les méthodes que je propose, appuyées sur des cas d’usage réels. Je pense que ces outils méritent grandement d’être partagés, car j’en tellement d’effets si bénéfiques ! Je me fais souvent cette remarque, dans des moments collectifs comme une conférence par exemple : qu’il est dommage d’en rester à une stricte écoute, tous ces cerveaux réunis pourraient, si on les mobilisait mieux, produire ensemble quelque chose de plus grand.


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