L’arpentage collectif de textes est une méthode où un groupe divise un document en parties, chaque sous-groupe travaillant sur une section avant de partager sa synthèse. Cette approche permet d’enrichir la compréhension grâce à l’intelligence collective, offrant une vision plus complète que la lecture individuelle.
L’arpentage collectif de textes est une méthode qui permet de partager de la pensée dans un groupe d’une manière efficace. Cette technique qui fonctionne très bien, ce qui m’a moi-même beaucoup surpris, mais j’ai pu en voir l’efficacité. En voici la méthode, telle que je l’ai pratiquée :
J’en fus le premier étonné, mais le fait de ne pas travailler sur tout le texte, ce qui pour moi représentait au départ un vrai manque (car comment peut-on comprendre un texte dont on n’a pas eu la lecture globale ?) fonctionne en fait très bien. Même si dans notre première lecture et dans notre première élaboration nous n’avons en effet peut-être pas tout reçu de toutes les nuances du texte, du fait d’un manque de contexte, puisque nous n’avons pas tout lu, eh bien, au moment du partage collectif, ce contexte arrive d’une façon il est vrai très synthétique, mais d’une façon retransmise, retranscrite, partagée et synthétisée par des personnes qui sont au même « niveau » que nous, qui comme nous n’ont lu qu’une partie. Ainsi, cela fonctionne, on s’approprie ce texte en le faisant vivre, d’une manière profonde, utile et constructive pour une réécriture, par exemple.
Et puis cet arpentage n’est absolument pas la seule voie d’accès à ce texte. On peut tout à fait, dans un deuxième temps, relire le texte dans son entièreté. Et c’est là que cette méthode trouve sa plus grande force, me semble-t-il : lorsque nous revenons à ce texte dans son intégralité plus tard, nous bénéficions de l’intelligence de toutes ces autres personnes qui avaient elles aussi pris connaissance de ce texte et nous l’avaient enrichi de leurs points de vue. Le est dans un deuxième mouvement encore plus éclairé par le collectif.
L’intelligence collective m’apparaît là comme quelque chose d’extrêmement précieux et constructif, car nous ne sommes plus seuls face à ce texte quand nous le réinvestissons, quand nous le lisons. Nous en avons une vision beaucoup plus vaste grâce à l’exercice d’arpentage, qui pouvait sembler superficiel de prime abord. Bien-sûr l’arpentage ne remplace pas la lecture complète, il l’éclaire ; de façon partielle aussi, certes, car les autres n’ont pas non plus lu tout le texte, mais cette addition d’apports partiels est en fait très riche.
Par ailleurs, chacun peut en recevoir ce qu’il veut de ce texte. Certains peuvent en rester à cette première « lecture arpentée » et d’autres peuvent approfondir et enrichir leur future relecture grâce aux lectures des autres.
Dans le cadre de l’entreprise, comme dans le cadre associatif, social, artistique, de médiation et d’action culturelle, de formation professionnelle ou initiale, ainsi que dans l’action sociale, mobiliser l’intelligence collective des personnes participantes est un levier très puissant, qui permet l’enrichissement mutuel, l’amélioration des liens, de la cohésion, l’émergence d’idées, l’invention de projets, une meilleure implication, etc.
Les outils d’intelligence collective sont aussi des outils démocratiques forts. Ils ont été développés en grande partie dans le champ de l’éducation populaire, où la contribution de chaque personne est bien plus valorisée que dans le champ de l’éducation nationale, qui, en France, reste malheureusement souvent bien trop traditionnelle dans ses formes.
J’ai très souvent participé à des ateliers d’intelligence collective, et j’en ai animé, appliqué, affiné, adapté et inventé un certain nombre. Vous trouverez ici une collection d’outils que j’ai moi-même employés, qui sont intégrés dans les méthodes que je propose, appuyées sur des cas d’usage réels. Je pense que ces outils méritent grandement d’être partagés, car j’en tellement d’effets si bénéfiques ! Je me fais souvent cette remarque, dans des moments collectifs comme une conférence par exemple : qu’il est dommage d’en rester à une stricte écoute, tous ces cerveaux réunis pourraient, si on les mobilisait mieux, produire ensemble quelque chose de plus grand.