Podcast: “For a democratic and feminist pedagogy”

25 February 2023. Published by Benoît Labourdette.
  2 min
 |  Download in PDF

Overview of the fundamentals of the pedagogical actions conceived and carried out by Benoît Labourdette, linked to the deconstruction of systems of domination. And concrete methodological proposals.

This podcast is built from the recording of a discussion proposed by Noémie Rubat du Mérac (in charge of projects at the Maison de l’Image de Grenoble) as part of her dissertation “Deconstructing gender representations and stereotypes in the media: a relevant image education activity for training in equality in secondary schools” (DU equality between women and men Grenoble Alpes University - 2021-2022)

#01. My personal journey towards “feminist” cultural action.

I was not a “macho”, so I was discriminated by men. Artistic creation was a space of expression and therefore of existence. I quickly integrated this practice into the pedagogical framework. It is quite recent that I work explicitly on the question of gender equality.

#02. The working methods must be consistent with the values we defend.

If to make a film on feminism, one uses the academic methods of the profession, which are autocratic, there will be an incoherence between the method and the values that one claims to defend. It is the methods that need to be worked on in the sense of equality, in my opinion.

#03. Transmission of this posture in teacher training.

Teachers are generally not trained in pedagogy. I propose a playful exercise to move all of us in relation to the conventions that imprison us and prevent us from existing as persons. The norms of patriarchy are common. It is a very emancipating game to have fun deconstructing them.

#04. Ma pratique pédagogique : j’essaie d’écouter.

Écouter est la chose la plus difficile. Le moment que l’on partage doit être un moment privilégié, important.

#05. Est-ce qu’il faut montrer des images ? Comment transmettre de façon démocratique les valeurs du féminisme dans le cadre de la formation professionnelle ? Comment évaluer ce qu’on a transmis ? Les enfants subissent de la violence de la part des adultes, que faire ?

Si on commence par montrer des images, on ne change pas de posture, car cela reste quelque chose qu’on impose. Je commence par faire faire des images aux participant.e.s. Et dans le cadre de la formation professionnelle, pour être cohérent, il faut transmettre les valeurs du féminisme dans une posture d’écoute, car on ne peut pas imposer une façon de penser. Dépasser le féminisme “brutalisant” et politiquement correct. Car chacun doit se définir par lui-même. Ce qu’on peut évaluer c’est non pas ce que les participant.e.s ont reçu, mais si on a eu soi-même, une attitude démocratique. Si on assiste à de la violence subie par des enfants de la part d’adultes, il me semble important, en tant qu’adulte responsable, de ne pas la laisser passer, même si cela représente un risque social pour soi.

#06. Comment l’école peut se saisir du travail sur l’image dans le cadre de l’égalité femmes-hommes ? L’action pédagogique doit avoir lieu bien au delà de l’école. Propositions méthodologiques pour l’école.

Ce qui compte, c’est la méthode pédagogique dans son ensemble. Pour simplifier un peu les choses : les enseignants ne sont pas formés ni accompagnés à la pédagogie et ils subissent une violence institutionnelle permanente. Ce n’est donc pas leur faute. Mais si l’enseignant a une parole descendante et use de violence verbale, la seule réaction possible pour les élèves est de se protéger, de se couper de toute réception. Ainsi, un cours “normal” sur l’égalité filles-garçons ne peut pas être, ou très mal, reçu. Il faut travailler autrement, de façon globale, si on veut être opérant sur le sujet de l’égalité. Et cette posture démocratique doit être à l’oeuvre dans tous types de contextes (culturels, sociaux, humains, pas seulement scolaire). Et à l’école, à mon sens c’est en modifiant les cadres temporels que l’on peut changer les rapports sociaux, les places, donc la transmission. Les intervenants artistiques doivent être porteurs de méthodes pédagogiques, c’est à dire eux-mêmes formés.

#07. La pratique du téléphone portable : rapport à l’identité, au corps, et à l’égalité femmes-hommes.

Les adultes ignorent à peu près tout de ce que vivent les adolescents dans leurs interactions via les téléphones, ils ne sont pas outillés pour pouvoir aider les jeunes dans ce champ. Pour travailler ce sujet, il faut mettre des mots. Parler des images, sans en montrer, cela peut être une très bonne manière de travailler sur les images. C’est intéressant de faire faire des images aussi, mais cela ne va pas modifier les pratiques. Les jeunes sont très conscients de ce qu’ils font sur les réseaux sociaux. Dialoguer, apprendre d’eux. Car les adolescents savent que les adultes ne peuvent pas les aider, par méconnaissance.

#08. Comment travailler la fracture intergénérationnelle ? Question des émotions et de l’empathie.

Travailler à nommer ses émotions, c’est apprendre à se connaître soi-même. C’est un chemin constructif sur le chemin de l’égalité femmes-hommes.

#09. Quelle légitimité pour un homme de travailler le sujet de l’égalité femmes-hommes ?

Sans m’en rendre compte, ne suis-je pas, en tant qu’homme porteur d’un discours féministe, encore dans une position de domination masculine ? Des pistes pour en sortir.

#10. Sous-thématiques du sujet de l’égalité femmes-hommes ? Les systèmes de domination au sens large. Les droits culturels. La cohérence entre méthodes et valeurs.

Ce qui me semble important, c’est d’être conscients de la continuité entre les différents systèmes de domination. Pour travailler sur sa propre posture de domination en tant qu’éducateur, je pense qu’il faut travailler sur ses propres émotions et remettre en question ce qui nous semble évident. Travailler la cohérence entre les méthodes et les valeurs défendues.

#11. L’évaluation des impacts des actions.

On ne peut pas évaluer l’impact sur les personnes. Cette idée même relève justement d’un système de domination. On peut s’évaluer nous-mêmes et évaluer nos pratiques et dispositifs, c’est la seule démarche à avoir, je pense. C’est à faire dans des groupes d’échanges entre pair·e·s. Les questionnaires aux participants sont extrêmement superficiels et biaisés.

#12. Que faire concrètement ?

Je pense qu’il faut partager des retours d’expériences, des ressources, des élaborations. C’est pour moi l’endroit premier d’action à avoir, cela me semble essentiel. S’inspirer des pratiques des un.e.s et des autres. Produire des espaces de partages. Et ce afin de se mettre de plus en plus en capacité d’intégrer les démarches de travail sur l’égalité dans tous types de pratiques.

Links to resources mentioned in the podcast

Other resources suggested by Noémie Rubat du Mérac

  • Quote from Isabelle Collet:

The pedagogy of equality is learned and is not self-evident, because we have all been raised with inequality. It begins with awareness: accepting a questioning of one’s practices and sometimes even a questioning of one’s professional or even personal identity. It requires noting that gender is a cross-cutting issue in all areas of the school and deducing that gender is an additional analyzer for understanding school situations.

Isabelle Collet is a sociologist of education. Quote from the article “Training teachers for a pedagogy of equality” (https://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2016-2-page-111.htm).

  • Lolita Rivé’s podcast “C’est quoi l’amour, maîtresse” (What is love, mistress?) is a highly relevant look at the subject of education in emotional and sexual relationships. 5 episodes on Binge Audio.
Portfolio
Podcast: “For a democratic and feminist pedagogy” - 1 © Benoît Labourdette 2023. Podcast: “For a democratic and feminist pedagogy” - 2 © Benoît Labourdette 2023.

The practice of feminism seems to me to be an essential stake in the cultural actions, because the awareness of the systems of domination allows to go towards more equality, therefore to contribute to the democracy. The inequality between women and men is for me a cornerstone of the dominations that harm everyone.

But how to “put feminism into practice” concretely in public proposals? How can cultural actions, whatever their field of implementation (artistic, social, educational, professional...), arouse inner movements towards more respect of human rights? It is not a question of stating a normative feminist discourse, but of putting into practice an equality in the ways of acting. This is much more delicate and delicate to do than one might think, because it involves questioning one’s own unconscious functioning.

I share here some resources, partial, from my own pathways, practices and questionings: proposals and stories of cultural actions, working methods, methods of artistic creation and more conceptual or biographical reflections.


QR Code for this page
qrcode:https://www.benoitlabourdette.com/les-ressources/mettre-le-feminisme-en-pratique-dans-l-action-culturelle/podcast-pour-une-pedagogie-democratique-et-feministe