Les dispositifs pédagogiques peuvent emprunter sur deux voies : l’information (transmission de connaissances) et l’action (expériences vécues). Ces deux approches, complémentaires, mobilisent l’action intérieure de l’apprenant, guidée par le désir d’apprendre.
Dans le cadre pédagogique, l’objectif est de transmettre des connaissances et des compétences aux personnes encadrées. Il y a la voie de l’information, qui consiste à leur délivrer un certain nombre de connaissances sur des sciences, des sujets ou des méthodes. Et il y a la voie de l’action, qui leur fait vivre des expériences au travers desquelles ils feront l’acquisition de compétences. Je dis qu’il y a une dialectique entre l’information transmise et les actions vécues, car dans toute situation pédagogique, on passe de l’un à l’autre.
Lequel des deux est plus efficace ? L’un des deux est-il plus efficace d’ailleurs ? Et surtout, comment construire la complémentarité entre ces deux approches ? Qu’est-ce qui s’acquiert par l’action ? Et qu’est-ce qui s’acquiert par la réception d’informations ?
Qu’on soit en situation d’écoute ou en situation d’action, de toute façon, ce dont nous faisons l’acquisition provient de notre action intérieure. Je peux tout à fait être assis dans une classe, recevoir des informations et n’en enregistrer aucune par manque d’attention. Être attentif, c’est une action. On ne la voit pas extérieurement, mais c’est bien une action qui consomme de l’énergie, qui demande des efforts. Certains font cette action en prenant beaucoup de notes. D’autres en faisant autre chose en même temps (ce à quoi je ne crois pas tellement, d’ailleurs). D’autres encore écoutent tout simplement, en s’assurant de ne rien oublier.
Que les personnes soient assises face à quelqu’un qui leur parle ou qu’elles soient en train de créer un projet ensemble en se déplaçant dans l’espace, fondamentalement, pour qu’elles apprennent quelque chose, elles sont en action dans toute situation pédagogique. Quel est le moteur de l’action ? Le moteur de l’action, c’est le désir, c’est-à-dire l’envie d’apprendre et l’envie d’apprendre de la manière qui nous est proposée. Les apprenants doivent ressentir une forme d’épanouissement, même si cela demande des efforts et du travail dans la situation d’apprentissage. On doit donc mobiliser leurs raisons d’apprendre ce qu’on souhaite leur apprendre, ou de vivre l’expérience qu’on leur propose de vivre.
Il y a tout de même une différence notable entre le dispositif pédagogique d’information et le dispositif pédagogique d’action extérieure. Dans l’information, on cherche à maîtriser ce qui est apporté aux personnes. On cherche à leur apprendre des choses précises. Alors que dans l’action, on a aussi des objectifs d’apprentissage, mais les personnes peuvent, dans le cadre de ces actions, apprendre bien d’autres choses que ce que nous avions prévu, notamment des compétences sociales ou relationnelles.
Cela n’est pas moins bien, c’est même mieux, car ils apprennent de façon plus vaste, plus riche, plus étendue, et leur parcours est plus singulier. En demeurant dans la situation d’information, on peut attendre, notamment par l’évaluation ultérieure, des apprentissages précis. Mais de la même manière, chacun retiendra ce qui lui semble important et le mettra en relation avec ses connaissances préalables, car l’apprentissage, c’est la formation de nouvelles connexions neuronales.
Ce qui est donc à travailler avant tout, c’est le désir d’apprendre, la raison d’être de la personne à cet endroit-là. Quand bien même elle n’a pas envie d’y être, c’est une raison. Et donc, la place pleine et entière que l’on donne aux apprenants dans la relation à eux est essentielle, et les mettra en action intérieurement, quelle que soit la situation pédagogique.
Vous trouverez ici des outils pédagogiques, pratiques et conceptuels. Ces outils s’appuient sur les expériences et la pensée que je développe dans un grand nombre de contextes depuis les années 1990. J’ai développé une pratique pédagogique singulière, opérante, inspirée des méthodes de Célestin Freinet entre autres, adaptée aux enjeux humains contemporains et aux outils du XXIe Siècle.
La pédagogie est une pratique expérimentale, qui a ses théories, son histoire et ses penseurs. C’est un outil de construction central dans le champ éducatif mais aussi au delà, dans le cadre des interactions professionnelles ou de la médiation culturelle par exemple. Ainsi l’utilité des méthodes et réflexions que vous trouverez ici dépasse le contexte de l’enseignement.