Le mind mapping facilite la constitution d’équipes en rendant visible les choix, responsabilisant les participants et créant une dynamique de groupe plus autonome qu’avec une méthode aléatoire.
Je suggère vivement l’usage du mind mapping avec un logiciel comme MindManager, XMind, FreeMind ou Freeplane dans un contexte pédagogique.
Le mind mapping permet, par exemple, de faire des brainstorming, c’est-à-dire de faire parler les personnes en instaurant l’importance de leurs mots parce qu’on les écrit au fur et à mesure à l’écran. Ainsi, les idées deviennent visibles de tous et sont structurées, ce qui fait apparaître très rapidement et efficacement l’intelligence collective du groupe.
Le mind mapping est un outil aux potentialités très grandes. Il a de nombreux usages, mais dans le cadre de cet article, je vais évoquer un usage précis : la constitution de groupes.
Nous avons très souvent, dans des contextes pédagogiques, professionnels ou d’intelligence collective, besoin de constituer des groupes. Par exemple, avec 30 personnes, nous devons former 6 groupes de 5.
On utilise souvent le hasard et on lui fait confiance. Cela permet à des personnes qui n’auraient pas choisi de se retrouver ensemble d’apprendre à vivre et à travailler en commun. C’est tout à fait intéressant, mais ce n’est pas suffisant.
Je vous propose une méthode utilisant le mind mapping, qui offre des bénéfices supplémentaires par rapport aux groupes constitués aléatoirement. Sur la mind map, nous indiquons plutôt « équipes » que « groupes ». Je trouve que le mot « équipe » invite plus à l’action et à la construction, contrairement au mot « groupe », qui évoque simplement un rassemblement sans objectif défini.
Si nous devons former 6 équipes de 5 personnes, nous indiquons : Équipe 1, Équipe 2, Équipe 3, Équipe 4, Équipe 5, Équipe 6. Ensuite, nous posons la question aux participants : « Dites-nous vos prénoms. Qui veut être dans l’Équipe 1 ? » Petit à petit, nous plaçons les prénoms dans chaque équipe.
Certains n’osent pas se déclarer immédiatement, d’autres le font tout de suite. Le processus peut prendre du temps, avec des hésitations, des négociations. Souvent, une personne change d’équipe après s’être positionnée.
Il m’est souvent arrivé, lors d’animations ou de formations, que l’enseignant ou l’animateur dise : « Bon, c’est bon, avançons. On place les gens comme ça et c’est tout. » Mais j’ai toujours insisté pour prendre le temps nécessaire. On peut avoir l’impression de perdre du temps, car il y a un moment de régulation, parfois un peu long, où les participants négocient : « Avec qui suis-je ? »
Grâce au vidéoprojecteur, tout le monde voit la constitution progressive des équipes. Les choix et les renoncements se font à travers des cheminements individuels et collectifs. On observe parfois des personnes choisir délibérément de rejoindre des collègues avec qui ce n’est pas forcément facile.
Le temps de constitution visuelle des équipes, grâce au mind mapping, et leur officialisation (car les documents mind mapping ont un aspect très officiel) est aussi un temps de réflexion et de construction de la place de chacun au sein du collectif.
Trouver sa place dans un groupe est complexe. Ce n’est pas toujours rassurant, mais cela peut aussi être une opportunité d’aventure, de découverte et de choix d’aller vers l’inconnu. En permettant aux participants de choisir leur équipe, on les responsabilise, ce qui favorise un cheminement constructif pour la suite du travail.
Ces équipes, nous les avons choisies et construites collectivement. Nous sommes responsables de notre place, et donc la dynamique de groupe qui en découle est totalement différente de celle obtenue par un tirage au sort ou une désignation par l’enseignant ou le formateur.
Je ne dis pas que cette méthode de constitution de groupes est « meilleure » qu’une autre, chacune a son intérêt. Elle apporte une grande autonomie et responsabilisation sociale importante, ce qui est souhaitable pour certains projets. Bien sûr, on peut aussi vouloir faire vivre l’expérience du hasard – je ne porte pas de jugement de valeur, il faut adapter la méthode à l’objectif, et surtout ne pas croire que la manière de constituer est quelque chose de neutre ; bien au contraire, il s’agit des fondations du travail futur.
Le mind mapping pour constituer des équipes est une technique qui, pour bien fonctionner, doit prendre son temps. Ce n’est pas juste un outil d’écriture, c’est un outil qui facilite le cheminement vers sa place sociale.
Vous trouverez ici des outils pédagogiques, pratiques et conceptuels. Ces outils s’appuient sur les expériences et la pensée que je développe dans un grand nombre de contextes depuis les années 1990. J’ai développé une pratique pédagogique singulière, opérante, inspirée des méthodes de Célestin Freinet entre autres, adaptée aux enjeux humains contemporains et aux outils du XXIe Siècle.
La pédagogie est une pratique expérimentale, qui a ses théories, son histoire et ses penseurs. C’est un outil de construction central dans le champ éducatif mais aussi au delà, dans le cadre des interactions professionnelles ou de la médiation culturelle par exemple. Ainsi l’utilité des méthodes et réflexions que vous trouverez ici dépasse le contexte de l’enseignement.