En 2025, il semble indispensable de permettre aux salariés et acteurs du secteur culturel de partager les enjeux de l’IA dans leur contexte professionnel commun, d’explorer ses potentialités, et de mettre en place des usages responsables et coopératifs, pour un meilleur exercice de leurs missions professionnelles. Cela permet de positionner aussi les acteurs culturels en termes stratégiques, en cohérence avec les valeurs qu’ils défendent.
Comment démarrer dans un usage conscient, responsable et efficace des IA ? Je propose une ébauche de programme de formation / accompagnement.
Tronc commun
Sur une demi-journée. Compréhension de l’historique et des enjeux de l’IA au niveau environnemental, des systèmes de domination économiques, politiques, culturels, etc. Ce serait un moment assez ludique et vivant, où on crée des choses, où on s’amuse, et où on garde des traces de tout cela, ce qui fait lien aussi. On termine par les différentes possibilités des IA, que ce soit dans la génération de contenu ou dans l’agentivité (c’est-à-dire les IA qui effectuent des tâches à notre place, ou qui nous permettent d’automatiser des tâches). On termine donc par des pistes concrètes dans le cadre spécifique de la structure culturelle.
Ateliers généraux
Sur une demi-journée, trois ateliers en parallèle. Les participants passent 45 minutes dans chaque atelier, et tournent sur les trois :
Ateliers sectoriels
Sur une demi-journée. Les différents secteurs d’activité de la structure ou du réseau sont identifiés par des tables, et on tourne, un peu dans le principe du World Café, pour venir contribuer à des idées d’usages de l’IA pour améliorer la qualité du travail. C’est à partir de ces ateliers sectoriels que des choix et arbitrages pourraient être faits par la direction de la structure.
Dans le cadre d’une structure culturelle, il faut respecter la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE : l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes). Pour mettre en œuvre un usage responsable de l’IA, je propose trois étapes :
La « politique culturelle » est une tradition d’État en France depuis le Moyen-Âge. Elle a été initiée par Louis XIV au 17e Siècle comme un outil d’influence et de pouvoir. Et elle fut définie dans ses termes actuels par André Malraux en 1959, l’État ayant désormais pour mission la démocratisation de l’art dans la société. Mais aujourd’hui les politiques culturelles sont multiples, car portées par les collectivités publiques à d’autres niveaux que celui de l’État (villes, agglomérations, départements, régions) et à bien d’autres endroits, notamment associatifs (lieux et actions culturelles), individuels (les initiatives des artistes, professionnels ou amateurs) et par des sociétés privées (commerce de la culture).
La « révolution numérique », c’est à dire l’accès ubiquitaire, personnalisé et transitif à l’information ainsi que la production par les pairs comme nouveau modèle, bouleverse de façon profonde les « règles » de mise en œuvre des politiques culturelles, que ce soit au niveau public ou privé, et met bien des acteurs en difficulté pour atteindre leurs objectifs. Je propose ici des outils de compréhension des enjeux de cette « révolution numérique » et des pistes de travail concrètes, en espérant apporter de la ressource utile au travail des politiques culturelles, dans tous types de contextes.