Le nom sur la porte close

Des résidences secondaires vides aux robots, en passant par la chirurgie à distance, nos techniques nous font exister en des lieux où notre corps n’est pas.

16 juillet 2026 Benoît Labourdette  10 min

Nous existons de plus en plus en des lieux où notre corps n’est pas, des maisons secondaires qui portent notre nom aux robots qui prolongent le geste de leurs concepteur·ices. Je propose de nommer présence déposée cette présence confiée à des choses matérielles qui la gardent pour nous, et j’en analyse la jouissance très ancienne, ainsi que l’asymétrie qu’elle installe entre les personnes qui déposent et celles qui vivent autour des dépôts.

La maison de mes ami·es, et la mienne

Des ami·es à moi possèdent une maison à Arles, tout près du centre ancien. Iels l’aiment, iels y font des travaux, et quand iels y sont, iels y sont pleinement, accueillant·es, ouvert·es sur la ville. Mais iels vivent à Paris, et la maison reste fermée la plus grande partie de l’année. L’autre jour, de passage alors qu’iels n’y étaient pas, je suis passé devant chez elleux. Les volets étaient clos, la rue était silencieuse, et leur nom était inscrit sur la porte. Iels n’étaient pas là, et pourtant quelque chose d’elleux tenait ce lieu, l’occupait, au sens juridique du terme comme au sens affectif. Quand iels sont à Paris, iels pensent à cette maison, iels sont heureux·ses de l’avoir, elle fait partie de leur vie. Leur présence y est réelle pour elleux, et invisible pour la rue.

Je pourrais m’arrêter à cette scène et en faire le portrait d’un travers qui serait celui des autres. Ce serait malhonnête, parce que cette histoire est aussi la mienne. J’ai moi-même possédé deux résidences secondaires, et dans le village du Maine-et-Loire où se trouvait l’une d’elles, des ami·es, de bon·nes ami·es que nous connaissions d’avant notre installation, nous reprochaient d’y venir si peu. Ce reproche pouvait sembler injuste, puisque ce lieu comptait beaucoup pour moi, je m’y identifiais, j’étais heureux de ma présence dans ce village. Mais elleux et moi ne parlions pas de la même chose. Je vivais ma présence, iels recevaient mon absence. Les deux étaient vrais en même temps, et c’est ce paradoxe de perception, deux vécus exacts et incompatibles du même lieu, que je voudrais penser ici.

Des villes gardées par des absent·es

Ce que j’ai vécu à l’échelle d’un village, des villes entières le vivent à l’échelle de leurs quartiers anciens. À Saint-Malo, les résidences secondaires et occasionnelles sont désormais plus nombreuses, derrière les remparts, que les logements habités à l’année, et la population du centre historique a été divisée par cinq en quarante ans d’après les données de l’Insee. À Arles, des affiches collées dans les rues à l’été 2025 s’adressaient directement aux visiteur·ses, « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer ». On retrouverait des situations comparables à Venise, à Lisbonne, à Annecy, dans les villages du littoral comme dans ceux des montagnes, et en France environ un logement sur dix est une résidence secondaire. Les exemples importent moins que la structure, qui est partout la même. Des lieux d’une très forte charge symbolique sont habités par intermittence, par des personnes sincèrement attachées à eux, et cette somme d’attachements sincères produit des rues closes.

Le géographe Mathis Stock a donné un cadre à cette mutation dans « L’hypothèse de l’habiter poly-topique », un article de 2006 publié dans la revue EspacesTemps.net. Nous vivons selon lui dans des sociétés à individus mobiles, où chacun·e est devenu·e l’habitant·e temporaire de plusieurs lieux plutôt que l’habitant·e permanent·e d’un seul, où la familiarité d’un lieu ne dépend plus de la distance mais de la fréquence des séjours, et où chacun·e cherche pour chaque pratique le lieu qui lui convient, le travail ici, le repos là. Il résume ce mode d’habiter d’une formule que je trouve très juste, « s’impliquer ailleurs, se distancier chez soi ». L’anthropologue Jean-Didier Urbain, dans Paradis verts paru en 2002, avait décrit la même figure par le terrain, celle du polygame résidentiel, cet·te habitant·e qui entre ses lieux a choisi de ne pas choisir, et dont il dit que désormais « on ne migre plus, on se dédouble ». Ce dédoublement ne porte pas seulement sur nos déplacements, il porte sur nous-mêmes.

« L’espace est tué par le chemin de fer »

Ce dédoublement a des conditions matérielles, et elles sont datables. Au début du XIXe siècle, aller de Paris en Provence demandait plusieurs jours de diligence, et on n’achetait pas une maison à plusieurs jours de chez soi pour y passer des week-ends. Les gens habitaient là où iels étaient. Le poète Heinrich Heine a saisi ce qui commençait en 1843, au moment où s’ouvraient les lignes de chemin de fer de Paris vers Orléans et vers Rouen. « L’espace est tué par le chemin de fer », écrit-il dans Lutèce, « et il ne nous reste plus que le temps. » Il ajoutait qu’il croyait sentir les tilleuls d’Allemagne devant sa porte et la mer du Nord déferler contre elle. L’historien Wolfgang Schivelbusch, dans son Histoire des voyages en train parue en 1977, a montré que cette sensation d’anéantissement de l’espace était l’expérience commune des contemporain·es du rail, et que le train ne se contentait pas d’aller plus vite, il arrachait les lieux à leur éloignement, il les rendait disponibles pour la vie de gens qui vivaient ailleurs.

L’histoire française du rail ajoute à ce tableau un paradoxe, qui corrige l’idée d’un progrès continu de la vitesse. Au tournant des années 1930, le réseau ferré français comptait environ 63 000 kilomètres de lignes, dont plus de 20 000 kilomètres de lignes locales qui irriguaient les campagnes jusqu’aux plus petits bourgs. Il en reste aujourd’hui environ 28 000 kilomètres en service. L’après-guerre, le pétrole bon marché et le choix du tout-routier ont fermé plus de la moitié du réseau, la vitesse s’est concentrée sur 2 700 kilomètres de lignes à grande vitesse, et pendant ce temps, faute d’entretien, des lignes classiques comme Paris-Orléans ou Paris-Clermont ont vu s’imposer des ralentissements qui rendent certains trajets plus lents que leurs temps historiques, comme l’a documenté l’économiste des transports Patricia Pérennes. Le géographe Donald Janelle avait proposé dès 1969 les concepts de convergence et de divergence espace-temps pour décrire ce double mouvement. L’espace ne rétrécit pas uniformément, il se plisse. Certains couples de lieux se rapprochent pendant que d’autres s’éloignent, et la carte des présences déposées suit très exactement ces plis, les maisons secondaires se concentrant là où la vitesse arrive.

Opérer depuis New York une patiente de Strasbourg

Le train a raccourci le trajet des corps. Les télécommunications ont fait autre chose, elles ont permis d’agir sans trajet. Avec le téléphone, puis le téléphone mobile, puis la visiophonie, on peut demander à une personne de faire quelque chose pour nous pendant qu’elle le fait, la guider, corriger son geste, valider le résultat. La main d’un·e autre devient le prolongement de notre corps. Quiconque a guidé par visio un parent dans un réglage d’ordinateur, ou suivi à distance un chantier dans sa maison lointaine, a éprouvé cette expérience étrange d’avoir des mains à sept cents kilomètres.

Cette délégation du geste a une histoire, qui va très loin. Le 7 septembre 2001, le chirurgien Jacques Marescaux, installé à New York, a opéré de la vésicule biliaire une patiente qui se trouvait à Strasbourg, ses mouvements de mains étant transmis par liaison transatlantique aux bras d’un robot chirurgical. Cette opération, dite opération Lindbergh, a montré qu’un geste aussi engageant que le geste chirurgical pouvait être accompli par un corps absent. Et l’étape suivante, celle où la machine agit seule, était déjà ancienne dans les esprits. Dès 1898, Nikola Tesla présentait à New York un petit bateau commandé par ondes radio, et imaginait des machines de guerre sans équipage. Pendant la Première Guerre mondiale, les états-majors ont cherché à retirer l’humain des machines volantes, avec l’Aerial Target radiocommandé de l’ingénieur Archibald Low en 1916, la torpille aérienne de Sperry en 1917, le Kettering Bug de 1918, et en France les vols sans pilote du capitaine Max Boucher en 1917, suivis début 1918 d’un programme d’« avions sans pilotes » lancé à l’initiative de Clemenceau. Aucun de ces engins n’a été opérationnel, et c’est en partie par cette impossibilité technique que le pilote est resté un siècle dans l’avion militaire. Le drone contemporain accomplit tardivement ce programme initial.

Cette généalogie éclaire ce qu’est un robot. On se le représente comme une machine autonome, un autre que nous qui agit à notre place. Son histoire dit autre chose. Le robot naît de la commande à distance, et il en est le prolongement porté à un degré tel que la distance semble s’être annulée, alors qu’elle est devenue abyssale, au point qu’on ne la voit plus. Un robot dit autonome a été conçu, fabriqué, entraîné par des humain·es, et quand il agit seul, c’est leur geste différé qu’il accomplit, une présence humaine déposée dans la machine, qui continue d’agir sans elleux. L’automate joueur d’échecs construit en 1770 par Wolfgang von Kempelen, ce Turc mécanique qui fascina l’Europe et qui dissimulait un joueur humain dans son socle, montrait déjà la structure du désir en jeu. On voulait tellement croire qu’une chose pouvait agir seule qu’on payait pour contempler une supercherie. La fascination pour le robot précède le robot.

La bobine de bois et la loi de contiguïté

D’où vient cette fascination pour l’action désincarnée, et pourquoi y prenons-nous un plaisir si vif ? Dans Au-delà du principe de plaisir, paru en 1920, Freud décrit son petit-fils d’un an et demi jouant avec une bobine de bois attachée à une ficelle. L’enfant jette la bobine hors de son lit à rideaux en prononçant un son qui veut dire « parti », puis la ramène à lui avec un « voilà » joyeux, et recommence inlassablement. Freud y lit la manière dont l’enfant surmonte l’absence de sa mère, qu’il subit, en la rejouant sur un objet qu’il commande. Faire disparaître et revenir à volonté, régner sur la présence et l’absence au moyen d’une chose et d’un fil, procure une jouissance profonde parce que cette maîtrise répare la première impuissance de notre vie. Le téléphone qui fait surgir une voix, la maison lointaine qu’on rouvre quand on veut, le robot qu’on envoie et qu’on rappelle, prolongent la bobine de bois. Nos techniques d’action à distance sont des fort-da d’adultes, et la jouissance qu’elles procurent est celle, très archaïque, de commander à l’absence.

Dans leur Esquisse d’une théorie générale de la magie, parue en 1902-1903, Marcel Mauss et Henri Hubert montrent de leur côté que la magie repose sur des lois de sympathie, dont la loi de contiguïté, selon laquelle les choses qui ont été une fois en contact restent unies à distance, de sorte qu’agir sur l’une, c’est agir sur l’autre. Envoûter une personne par ses cheveux ou son vêtement, c’est mobiliser ce lien. La magie est d’abord une technique d’action à distance, et Freud lui-même, dans Totem et tabou en 1913, la rattachait à la toute-puissance des pensées. Nos technologies réalisent matériellement le programme que la magie ne faisait que mettre en scène. Agir là où l’on n’est pas, faire exécuter son geste par une main lointaine, rester lié·e à une chose qu’on ne touche plus, tout cela relève d’un très vieux désir humain que la technique a fini par exaucer, et c’est ce qui explique que nos machines gardent quelque chose d’enchanté.

La présence déposée

Je peux maintenant préciser le concept que je propose. J’appelle présence déposée la présence qu’une personne confie à une chose matérielle durable, qui la garde et la manifeste en son absence. La maison secondaire en est le cas le plus visible, mais le dépôt de présence est partout. Le bureau qui reste mon bureau la nuit, avec mes objets dessus. Le casier à mon nom. La plaque du donateur ou de la donatrice sur le banc public. La tombe, qui est peut-être la forme archétypale du dépôt, un nom gravé qui tient une place pour quelqu’un qui ne reviendra pas. Et le robot, on vient de le voir, qui garde et prolonge le geste de celles et ceux qui l’ont formé.

Ce concept s’articule à deux notions que j’ai proposées pour d’autres régimes de présence sans corps. J’ai appelé présence fonctionnelle, dans La présence délicate du métaverse, la présence que nous rendons effective par notre fonction sociale sans y porter notre corps, et j’ai analysé dans La présence vocale les présences que produit la voix séparée du corps. Ces présences-là sont portées par des flux, elles durent ce que dure la connexion. La présence déposée a une autre propriété, elle est portée par une chose qui demeure. La voix passe, la visioconférence s’éteint, la maison reste, et c’est ce qui lui donne sa puissance comme sa gravité.

Trois traits me semblent la définir. D’abord, elle fonctionne selon la loi de contiguïté de Mauss. La maison que j’ai habitée, touchée, aménagée, reste unie à moi, et le droit de propriété est au fond l’institutionnalisation juridique de ce lien magique, la garantie sociale que cette chose continue d’être moi même quand je n’y suis pas. Le nom sur la porte en est le sceau. Ensuite, elle est un acte entretenu et non une trace. Un lieu où j’ai seulement vécu autrefois garde de moi un souvenir, qui relève d’un autre régime, passif et sédimenté. La présence déposée, elle, se maintient activement, par le titre de propriété, les impôts payés, les travaux, les pensées, les retours périodiques, et elle se retire quand on cesse de l’entretenir. Enfin, elle présentifie, au sens que l’historien Louis Marin donnait au portrait du roi, qui ne représentait pas le monarque mais le faisait exister comme monarque, et que l’anthropologue Carlo Severi retrouve dans les statues rituelles qui ne figurent pas un esprit mais le convoquent. La maison au nom de mes ami·es ne signale pas leur absence, elle les fait exister dans cette rue d’Arles, comme le portrait faisait exister le roi dans les mairies où il ne viendrait jamais.

Ces trois traits expliquent le paradoxe de perception par lequel j’ai commencé. Pour celui ou celle qui dépose, la présence déposée est pleine, elle le ou la nourrit à distance, elle élargit son existence. Pour les personnes qui vivent autour du dépôt, elle est une absence rendue permanente, entretenue, garantie par le droit, et manifestée chaque jour par des volets clos. Mes ami·es du Maine-et-Loire ne recevaient pas une part de ma présence, iels recevaient mon absence instituée. Aucune meilleure communication entre nous n’aurait dissipé ce désaccord, parce que l’asymétrie est constitutive du dépôt lui-même, qui nourrit le·la déposant·e et impose le creux à l’entourage.

Celles et ceux qui déposent, celles et ceux qui gardent

Il faut alors dire qui dépose, parce que tout le monde ne le peut pas. Le sociologue Vincent Kaufmann a proposé le concept de motilité pour désigner le potentiel de mobilité d’une personne, fait d’accès aux moyens de transport, de compétences pour s’en servir et de capacité à se projeter dans d’autres lieux, et il montre que ce potentiel est un capital, aussi inégalement réparti que les autres. Éric Le Breton, dans Bouger pour s’en sortir paru en 2005, a enquêté sur celles et ceux qu’il appelle les insulaires, ces personnes durablement assignées à des territoires étroits, pour qui un déplacement de quelques kilomètres est une épreuve, et dont les rares mobilités relèvent de l’astreinte plus que du choix. Les professionnel·les du travail social connaissent ces enfants des quartiers nord de Marseille qui n’ont jamais vu la mer pourtant proche, ces habitant·es de Seine-Saint-Denis qui ne sont jamais allé·es dans le Paris que le RER met à un quart d’heure. Et l’on mesure ce que l’accès à la vitesse a de socialement structurant en montant dans un Ouigo, ces TGV à bas prix lancés en 2013, dont le public ne ressemble ni à celui des TGV classiques ni à celui des TER, preuve en creux que le prix du billet triait les corps autorisés à la grande vitesse.

La présence déposée est donc aussi un rapport social. D’un côté, les personnes dont l’existence s’étend en plusieurs lieux, qui déposent leur présence ici et là et circulent entre leurs dépôts. De l’autre, celles qui sont assignées à un seul lieu, et qui, lorsqu’elles habitent à l’année une ville désirée, se retrouvent de surcroît gardiennes des dépôts des premières, vivant dans des rues dont les murs appartiennent à des présences qui ne viennent pas, et dont les prix, tirés par la valeur de dépôt des logements, finissent par les chasser elles-mêmes. Les mesures que prennent les villes, plafonnement des locations touristiques, surtaxe des résidences secondaires, agissent sur cette pression. Elles n’épuisent pas la question, qui est celle d’une asymétrie entre des vies à plusieurs lieux et des vies à lieu unique, les secondes portant le coût des premières.

Où existons-nous ?

Les maisons vides ne sont que la partie visible de quelque chose de beaucoup plus vaste. Si une présence peut être déposée, alors il faut se demander où, en tout, nous existons. J’existe dans mon corps, ici et maintenant, mais j’existe aussi dans ma maison quand je n’y suis pas, dans mon bureau la nuit, dans les objets que j’ai disposés, dans les textes qui parlent pour moi à des inconnu·es, dans les images de moi qui circulent, dans les machines que j’ai paramétrées et dans les données que j’y ai laissées. J’ai développé dans L’être et l’image l’idée que les images que nous créons et partageons produisent en retour notre être social, et une photo de profil fait pour chacun·e de nous, modestement, ce que son portrait faisait pour le roi. La question « où suis-je ? » n’a plus une seule réponse, et l’écart entre le lieu de mon corps et les lieux de mon existence me semble l’un des faits anthropologiques majeurs de notre époque, dont on peut suivre les manifestations dans le logement, dans le travail, dans les images, dans les machines.

Se représenter cet archipel devient alors nécessaire, dans le prolongement de ce que j’ai appelé la géographie de la présence, cette cartographie mouvante de nos états de présence. Chacun·e de nous a désormais une géographie de ses dépôts, qu’iel connaît mal, dont iel ne mesure ni ce qu’elle lui donne ni ce qu’elle coûte à celles et ceux qui la gardent.

Je n’ai plus de maison de campagne. Le village où j’avais déposé ma présence pendant des années est redevenu pour moi un lieu parmi d’autres, chargé de souvenirs mais qui ne me tient plus, et cette expérience du dépôt levé m’a appris quelque chose que la possession me cachait. Ma présence là-bas n’était pas dans les murs, elle était dans le lien entretenu entre les murs et moi, et ce lien engageait, sans que je le voie vraiment, celles et ceux qui vivaient autour. Une présence déposée n’est jamais déposée dans une chose seulement, elle est déposée chez les autres, qui la gardent.

Voir aussi

Dans la rubrique Philosophie de la présence 25 publications

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