Présence et soumission

Hypothèse temporelle de la faillite de soi.

11 février 2025 Benoît Labourdette  2 min

Être présent à soi, c’est s’offrir le temps présent, source d’intégrité. La soumission nie cette présence, volant notre énergie vitale. Petit à petit, elle vide notre existence, fermant la porte à notre intégrité.

Le présent de la présence

Être présent à soi-même, c’est s’offrir le présent du temps présent, c’est-à-dire le cadeau à soi-même de sa propre intégrité. L’intégrité se trouve dans la manière que nous avons d’habiter le temps, à l’aune de nos capacités d’action.

  • On n’est agissant que dans le temps présent. Nous ne pouvons pas agir dans le passé, ni agir dans le futur.
  • La soumission à l’autorité, à la menace, à la peur, etc., est la négation de notre intégrité. C’est-à-dire que nous nions notre présent du temps pour se le faire arracher par quelqu’un d’autre.
  • La soumission n’a donc lieu que par notre modalité de présence au temps présent.

Soumission et absence de soi dans le temps

Je propose cette façon de voir le phénomène de la soumission, qui est différente de la façon politique ou psychologique avec laquelle nous regardons habituellement les phénomènes de domination et de soumission. Dans cette approche, quand nous nous soumettons, nous renonçons à notre présence dans le temps. Nous laissons notre temps à l’autre.

Et pourtant, nous pouvons vivre des émotions extrêmement fortes dans ces moments-là, dans nos vécus de la soumission. Mais nous nous sommes absentés notre intégrité à l’intérieur du temps, et ainsi nous ne pouvons plus en recevoir le présent.

Nous sommes dans le temps, bien-sûr, mais nous n’y sommes plus intègres avec nous-même, nous ne sommes plus « alignés » avec nous-même, et ainsi ce qui s’y déroule n’est plus un cadeau que nous recevons, qui nous construit. Comme nous existons biologiquement dans ce temps, cela ouvre une brèche, une fuite, et notre énergie vitale se déverse hors de nous pendant le temps de la soumission. La soumission peut être à bien des choses ; ce n’est pas uniquement la soumission à une personne malveillante.

Et petit à petit, temps de soumission après temps de soumission, notre énergie vitale se réduit, jusqu’à disparaître. L’habitude se prend, et nous ne savons même plus comment être présents dans le temps, ni comment nous offrir le présent du présent par notre présence. Notre intégrité a été vidée, notre existence n’est plus. La porte se ferme.

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