J’ai animé en octobre 2025 trois webinaires pour la Fondation Afnic. Trois matinées pour comprendre comment construire une présence web efficace, du référencement à la rédaction. Un parcours pensé pour le secteur associatif.
La Fondation Afnic m’a sollicité pour la deuxième année consécutive pour animer ce cycle de trois webinaires. Cette demande répond à un besoin que la Fondation Afnic observe depuis plusieurs années auprès des organisations, et particulièrement celles du secteur associatif. Elles ont un site web, mais se sentent souvent démunies face à certaines questions concrètes : comment faire pour que notre site soit trouvé ? Quel outil choisir parmi tous ceux qui existent ? Comment mieux écrire pour le web ?
Ces questions ne sont pas anodines. Elles touchent au cœur de ce que représente aujourd’hui une présence numérique. Un site web n’est pas un simple outil de communication, c’est un espace où l’on crée du lien avec ses publics, où l’on partage son expertise, où l’on rend service. Mais pour que cet espace remplisse sa fonction, il faut comprendre quelques mécanismes essentiels.
Nous avons construit ces trois sessions comme un parcours cohérent. Chaque séance apporte sa pierre à l’édifice : comprendre le référencement, choisir les bons outils, maîtriser les techniques de rédaction. À l’issue de ce cycle, les participant·e·s auront tous les éléments pour développer une stratégie web pertinente et pérenne pour leur organisation.
La première séance était consacrée au référencement naturel. J’ai voulu partir des fondamentaux techniques du web pour arriver aux stratégies concrètes de référencement. Pourquoi commencer par la technique ? Parce que comprendre comment fonctionnent Internet, le HTML, et l’indexation par les moteurs de recherche permet de démystifier le référencement et d’éviter les idées reçues.
J’ai expliqué comment les données circulent sous forme de zéros et de uns, comment le code ASCII transforme ces bits en caractères, comment le HTML structure les pages web. Ces explications peuvent sembler abstraites, mais elles sont fondamentales. Quand on comprend que le HTML est un langage de mise en page sémantique, non breveté, qui constitue un bien commun de l’humanité, on saisit mieux les enjeux de liberté et d’accessibilité du web. Quand on visualise le robot Google comme un simple lecteur de texte qui suit les liens et indexe les mots, on comprend que le référencement n’est pas de la magie noire.
Le principe fondamental que j’ai martelé tout au long de cette première session tient en deux mots : « Content First ». Le contenu est roi·ne. La qualité du contenu éditorial est de loin le facteur le plus important pour un bon référencement naturel. Les aspects techniques ont leur importance, bien sûr, mais dans un rapport de un à dix avec la qualité du contenu. Cette hiérarchie change tout dans la manière d’aborder le référencement. Il ne s’agit pas de manipuler ou de tromper les algorithmes, mais de créer du contenu de qualité qui répond aux besoins des gens qui cherchent de l’information.
La deuxième séance a abordé le choix des outils pour créer un site web. Cette question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il existe une multitude de solutions, des plus simples aux plus sophistiquées, des gratuites aux payantes, des libres aux propriétaires. Comment s’y retrouver ?
Je présenterai les différents types d’outils : les CMS (systèmes de gestion de contenu) comme WordPress, SPIP ou Drupal, les générateurs de sites statiques, les plateformes propriétaires. Chaque solution a ses avantages et ses limites. WordPress est le plus répandu, mais est-ce pour autant le meilleur choix pour tou·te·s ? SPIP offre une grande finesse éditoriale et une approche écologique remarquable. Les générateurs de sites statiques séduisent par leur simplicité et leur performance, mais demandent des compétences techniques.
Au-delà des fonctionnalités, j’ai abordé une question qui me tient à cœur : celle de la liberté et de la pérennité. Choisir un outil libre plutôt qu’une solution propriétaire, c’est faire un choix politique, au sens noble du terme. C’est garantir sa propre autonomie, ne pas dépendre du bon vouloir d’une entreprise, participer à un écosystème de communs numériques. Cette dimension éthique me semble essentielle, particulièrement pour les organisations associatives.
La troisième et dernière séance était consacrée aux bonnes pratiques de rédaction pour le web. Écrire pour le web n’est pas écrire pour le papier. Les codes, les contraintes, les opportunités sont différents. Cette session entrera dans le détail des techniques rédactionnelles spécifiques au web.
J’ai commencé par la stratégie éditoriale, qui doit guider toute production de contenu. Trois questions essentielles : pourquoi écrivons-nous ? Pour qui écrivons-nous ? Comment allons-nous écrire ? Ces questions peuvent sembler évidentes, mais elles sont souvent négligées. On écrit sans but précis, sans penser à son public, sans réfléchir aux formats adaptés. Résultat : du contenu qui ne trouve pas son public, qui ne répond à aucun besoin réel.
J’ai fait la distinction entre contenus et communication. Cela est fondamental pour comprendre la complémentarité entre un site web et les réseaux sociaux. Le site web est l’espace des contenus pérennes, structurés, indexés, consultables dans la durée. Les réseaux sociaux sont l’espace de la communication, de l’événementiel, de l’éphémère. Les deux sont nécessaires, mais on observe aujourd’hui une dévalorisation préoccupante des sites web au profit des réseaux sociaux. La vie de l’organisation reste cantonnée aux réseaux sociaux, tandis que le site web devient une vitrine institutionnelle figée. Cette tendance est problématique car elle fragilise la présence en ligne et rend dépendant·e de plateformes dont on ne maîtrise ni les règles ni la pérennité.
Nous avons abordé aussi des questions pratiques : la structure des textes avec les niveaux de titres, le choix des mots-clés, l’optimisation pour le référencement tout en gardant la qualité pour les lecteur·rice·s, la notion de longue traîne qui permet de toucher des publics de niche sur des requêtes très spécifiques. Je veux donner aux participant·e·s des outils concrets, des techniques qu’ils et elles pourront appliquer immédiatement dans leur pratique quotidienne.
J’ai voulu que ces webinaires soient autre chose que des cours magistraux où on déverse un savoir théorique. Chaque session a duré une heure et demie, un format qui permet d’entrer dans le détail sans perdre l’attention des participant·e·s. J’ai alterné explications, démonstrations concrètes, et moments d’échange. Les participant·e·s pouvaient poser des questions, partager leurs propres expériences, confronter les concepts à leurs situations réelles.
Je n’ai pas cherché pas à faire de chacun·e un·e expert·e technique du HTML ou des algorithmes de Google. Mon objectif était de donner les clés de compréhension pour piloter efficacement sa présence en ligne et de dialoguer de manière éclairée avec les professionnel·le·s qui accompagnent les organisations. Comprendre les logiques à l’œuvre permet de faire des choix éclairés, d’éviter les erreurs coûteuses, et de ne pas se laisser impressionner par un jargon technique souvent utilisé pour masquer la simplicité des concepts de base.
Un fil rouge traverse ces trois sessions : l’accessibilité. Accessibilité technique, d’abord, avec le choix d’outils libres et de standards ouverts. Accessibilité économique, ensuite, car je privilégie les solutions gratuites ou à coût modéré. Accessibilité intellectuelle, enfin, car je m’efforce d’expliquer simplement des concepts qui peuvent sembler complexes.
L’accessibilité, c’est aussi prendre en compte les publics qui ont des difficultés de lecture ou des handicaps cognitifs. J’ai abordé dans la première session le cas particulier des sites en FALC (Facile à Lire et à Comprendre), qui privilégient les contenus visuels et audio au détriment du texte. Comment ces sites peuvent-ils être bien référencés alors que Google indexe principalement du contenu textuel ? Cette question soulève des enjeux techniques mais aussi éthiques : comment ne pas pénaliser dans le référencement les démarches qui visent l’inclusion ?
Ce qui m’anime dans ces formations, c’est une conviction profonde : le web doit rester un bien commun, accessible à tou·te·s, non privatisé par quelques grandes plateformes. Le HTML est un langage non breveté, les standards du web sont ouverts, les logiciels libres existent pour créer des sites de qualité sans dépendre de solutions propriétaires coûteuses. Cette dimension de commun numérique me semble essentielle à transmettre.
Tim Berners-Lee, l’inventeur du web, avait fait le choix de ne pas breveter le HTML. Ce choix a permis le développement universel d’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant. Les grandes plateformes captent une part croissante de l’attention et des contenus. Les sites web sont parfois perçus comme désuets face aux réseaux sociaux. Je pense que c’est une erreur stratégique majeure. Un site web bien conçu, bien référencé, bien alimenté en contenus de qualité reste le meilleur moyen de construire une présence numérique pérenne et maîtrisée.
Ces trois webinaires sont ma contribution pour que les organisations, et particulièrement celles du secteur associatif qui ont souvent peu de moyens, puissent s’approprier ces outils et développer leur présence en ligne de manière autonome et durable.
Les enregistrements vidéo des trois webinaires ainsi que les synthèses complètes de chaque session sont disponibles ci-après :
Cette rubrique rassemble des ressources accessibles pour s’approprier les dimensions stratégiques, techniques et éditoriales du web. Pourquoi cette démarche ? Parce qu’une présence numérique efficace ne s’improvise pas. Elle demande de comprendre les mécanismes fondamentaux qui régissent Internet, du fonctionnement des moteurs de recherche aux choix d’outils, en passant par les techniques de rédaction adaptées au web.
Vous y trouverez des explications sur le référencement naturel, depuis les bases techniques du HTML jusqu’aux stratégies concrètes pour rendre vos contenus visibles. Des éclairages sur le choix des outils de création web, entre solutions libres et propriétaires, avec leurs enjeux de liberté et de pérennité. Des guides pour développer une stratégie éditoriale cohérente et maîtriser les codes de l’écriture numérique.
Ces ressources s’adressent à tou·te·s : organisations associatives, professionnel·le·s, créateur·rice·s de contenus. Elles privilégient l’accessibilité intellectuelle et technique, pour que chacun·e puisse construire une présence en ligne autonome et durable. Le web est un bien commun : ces ressources vous donnent des clés pour vous l’approprier.