Dialogue entre un haïku de Ueda Chôshû et les images organico-génératives de kaléidoscopes composés avec le réel.
Comment associer texte et espace cinématographique ? Qu’est-ce que la sensation, la perception, le sensible ? Pourquoi images, mots et sons, si concrets, nous ouvrent-ils les portes de l’imaginaire ?
Le haïku travaille, avec les mots, précisément à cette intersection entre sens, émotion et imagination.
Expérience entre un kaléidoscope prélevé dans le réel et un haïku de Ueda Chôshû.
Fût-ce en mille éclats
elle est toujours là -
la lune dans l’eau !Ueda Chôshû (1852-1932)
Le kaléidoscope, figure constituée de la réplication en miroir de la même image, propose une vision très « organique » des choses. Comme une métaphore visuelle de la division cellulaire, il ouvre à un champ de perceptions et d’émotions assez peu fréquenté, bien au delà du décoratif qu’il pourrait sembler incarner de prime abord. Cette figure, très rare dans les films, m’a toujours questionné, c’est pourquoi j’en fais depuis longtemps de nombreuses explorations cinématographiques.
C’est une belle surprise de voir des kaléidoscopes animés fleurir sur les écrans depuis quatre ou cinq ans, dans des génériques de films et de séries notamment. Je vous invite à lire le texte manifeste de la pratique du kaléidoscope animé, que j’ai écrit il y a dix ans, en 2014 : « Penser l’image du kaléidoscope animé ».