Cette forêt intérieure imaginaire, toujours nocturne et mouvante, inquiétante, j’y marche dans mes rêves, avec difficulté. De grands arbres iréels. Au réveil, je ne la vois plus. Mais elle m’imprègne. Et je ne sais pas encore comment m’en libérer. Alors j’essaie de la photographier, de la trouver derrière les apparences du réel que je croise.
La photographie, de par la nature mécanique de son fonctionnement technique, est pour moi une matière de temps plus qu’une matière visuelle : dans ses sels d’argent, ou ses pixels aujourd’hui, c’est du temps qui est capté, conservé, réinventé à chaque regard. Temps de vie, temps de vision, temps de poésie.