L’imaginaire des catastrophes : créer ensemble pour mieux traverser l’incertitude.
Les neurosciences le montrent : notre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue intensément et une expérience imaginée avec précision. C’est cette particularité qui donne à l’imaginaire son pouvoir transformateur. Lorsque nous créons des récits sur les catastrophes possibles, qu’elles soient climatiques, technologiques ou sociales, nous ne faisons pas que raconter des histoires. Nous construisons des chemins neuronaux qui nous préparent, individuellement et collectivement, à mieux réagir face à l’imprévu.
Le 11 octobre 2025, lors de la deuxième édition de cet atelier à la Maison écocitoyenne de Bordeaux, douze courts-métrages d’animation ont été créés en une seule journée. Ces films, tous visibles en ligne sur cette page, témoignent de la richesse créative qui émerge quand on donne aux citoyen·ne·s les outils pour exprimer leurs représentations des risques. Ce qui frappe, c’est la diversité des modes d’expression : avec les mêmes matériaux, papier, ciseaux, caméra, chaque film raconte une histoire unique. « Alerte Inondation » d’Éliott et Virginie explore les gestes qui sauvent face à la montée des eaux. « Danger et Seveso » de Zoé explique avec pédagogie les risques industriels. « Incendie et feu de forêt » de Carole intègre la dimension de solidarité, celle qui n’est pas écrite dans les textes officiels mais qui surgit naturellement quand on imagine ensemble.
La journée a révélé quelque chose d’essentiel : même avec relativement peu de participants, la création collective prend vie. Les médiateurs de la Ligue de l’enseignement, jeunes en service civique formés sur les questions environnementales, ont eux-mêmes réalisé plusieurs films, transformant ce moment en une opportunité de co-construction authentique. « La manière qu’on a d’être ensemble quand on fait les choses, l’écoute qu’il peut y avoir entre nous, elle se sent en fait dans les œuvres qui sont produites. » (Benoît Labourdette, lors de la restitution)
L’imaginaire n’est pas une fuite face au réel, c’est un outil pour mieux l’habiter. Ces récits créés ensemble nous aideront peut-être tou·te·s à mieux traverser les tempêtes à venir.
Ce dispositif inventé par le cinéaste Benoît Labourdette utilise la technique du papier découpé animé, une méthode simple mais puissante qui permet à chacun.e, quel que soit son âge ou son expérience, de créer un film en moins d’une heure. Cette approche démocratise la création audiovisuelle : pas besoin de savoir dessiner, pas besoin de maîtriser des logiciels complexes. Des ciseaux, du papier, une caméra, et surtout votre imagination suffisent.
Cette technique artisanale a quelque chose de rassurant dans notre époque hyper-technologique. Elle nous ramène au geste manuel, au découpage patient, à la manipulation concrète. C’est aussi une métaphore de la résilience : avec des moyens simples, on peut créer quelque chose de fort et de signifiant. Les douze films réalisés cette année en témoignent : du récit humoristique sur les risques nucléaires à la fable poétique sur les mutations causées par les pollutions chimiques, chaque création trouve sa voix propre.
Participer à cet atelier, c’est vivre plusieurs expériences en une :
Samedi 11 octobre 2025 :
Vous pouvez venir seul·e, en famille, entre ami·es. L’atelier est conçu pour accueillir des flux de participants tout au long de la journée. Même en 30 minutes, il est possible de créer un très court film !
Les films réalisés sont disponibles sur la chaîne YouTube de l’AFPCNT.
Ce projet est né de la rencontre entre Serge Tisseron, psychanalyste, et Benoît Labourdette, cinéaste, et a été rendu possible par la coordination active de Virginie Perromat et l’implication de tous les partenaires.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Mois de la Résilience de Bordeaux Métropole et de la Journée nationale de la résilience du 13 octobre. Elle est portée par l’AFPCNT (Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques) et l’IHMEC (Institut pour l’histoire et la mémoire des catastrophes), en partenariat avec Bordeaux Métropole et La Ville de Bordeaux, avec le concours de la Maison écocitoyenne de Bordeaux et de la Ligue de l’Enseignement Fédération Gironde.
Des ateliers liés aux images, au cinéma, à la photographie, au cinéma d’animation, mais aussi des ateliers d’écriture, proposés dans le cadre d’événements culturels aux gens « qui passent ». Comment proposer une exigence de qualité créative, même dans un temps très court.