Stage « Les outils, jeux et ateliers d’éducation à l’image » - Images en bibliothèques

10 novembre 2023. Publié par Benoît Labourdette.
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Images en bibliothèques a proposé un nouveau stage, conçu par Florian Lecron, à destination des professionnels des bibliothèques, du cinéma, de l’éducation et de la culture. J’ai contribué à la conception du stage, et animé la dernière session : des dispositifs de médiation légers et souples qui permettent de poser un autre regard sur l’expérience d’un atelier d’éducation à l’image, qui met au centre l’expérience et le cheminent que l’on souhaite faire vivre au public.

Déroulé de la session « Animer un atelier de réalisation vidéo autrement »

Mon objectif consistait, en 2h30, à transmettre plusieurs outils concrets et reproductibles pour partager des méthodes légères et pourtant profondes d’animation d’ateliers de création audiovisuelle.

Des photographies pour s’enrichir des regards des autres :
J’ai démarré l’atelier par la proposition aux participants de faire chacun.e une photographie de sa main, mise en scène, qui exprime une idée ou une émotion autour des enjeux des images dans le monde contemporain. Les photographies étaient faites avec les téléphones des participant.e.s, et à l’aide d’un QR code que je leur avais distribué qui amenait à un « cloud privé », ils.elles ont mis en ligne leurs photos en autonomie :

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L’outil numérique a permis qu’en l’espace de quinze minutes s’opère un travail de création individuel approfondi et son partage au regard des autres. Pendant ce temps, j’ai réinstallé la salle, avec un vidéoprojecteur courte focale puissant que j’avais apporté, pour que l’image soit plus grande, plus lumineuse, et que les chaises soient installées comme dans une salle de cinéma, en demi-cercle autour de l’écran. L’installation technique est très importante, car elle affecte une valeur aux images que l’on fait et que l’on regarde.

Et le plus important consiste dans la manière de regarder ces photographies ensemble : on les affiche chacun.e à tour de rôle en grand, et on en parle ensemble. La personne qui a fait l’image n’a pas le droit de parler, et les autres lui renvoient ce qu’ils ont reçu, perçu, ressenti de cette image. Ainsi, au lieu de « se justifier » ou d’essayer d’expliquer (c’est à dire réduire) l’image qu’on a faite, on reçoit les regards, souvent très différents, des autres, et on découvre des choses dans son image, on apprend sur soi, les autres nous enrichissent, nous permettent d’affiner notre perception. On réalise aussi à quel point les images sont toujours soumises à interprétation (cf. formation de l’esprit critique).

Des livres pour partager des ressources :
Ensuite, j’avais apporté un grand nombre de livres autour des sujets du stage, disposés sur une grande table (l’espace avait aussi été modifié pour accueillir cette proposition). Chacun.e avait pour mission de prendre en photo un ou plusieurs livres et de mette ces photos en ligne dans l’espace de partage (qui restera accessible, car ce n’est pas un cloud dépendant d’un service commercial, c’est moi qui en suis l’opérateur et qui garantit sa pérennité), afin de constituer une bibliographie collective, décidée par les participant.e.s, utile aux un.e.s et aux autres, que voici :

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Le fait que les livres soient ainsi appropriés et choisis par les participant.e.s change la relation à cette bibliographie.

Réalisation de films d’animation à partir de papier découpé :
J’ai constitué quatre équipes. Chaque équipe avait pour mission, à partir du découpage de nombreuses revues que j’avais apportées, de concevoir un mini film d’animation, qui sera tourné en plan-séquence sous une caméra reliée à un ordinateur et associée à un micro de très bonne qualité, dans ce dispositif :

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Ce dispositif permet de voir le résultat pendant le tournage, et donne à l’atelier une dimension très collective. Mais la même méthode peut être employée en filmant tout simplement avec un téléphone ou une tablette. J’avais aussi apporté des instruments de musique très simples, afin que l’équipe produise aussi, en direct, l’ambiance sonore du film. Les quatre tournages s’enchaînent, de façon rapide.

Puis, nous regardons ensemble les quatre films, dont l’inventivité et la créativité surprennent tout le monde. Vous pouvez les voir ici (l’espace « cloud privé ») :

Et voilà ! En 2h30, toutes ces activités créatives ont pu être réalisées, investies et restituées. On en conserve aussi une trace patrimoniale grâce au numérique.

J’ai aussi invité les participant.e.s à utiliser l’application Capcut, gratuite, simple d’emploi et bourrée de possibilités créatives, installable sur téléphone et ordinateur. Par exemple, à partir des photos créées et partagées, chacun.e peut choisir une photo de son choix (pas forcément la sienne) et créer un montage à partir de cette image. Cela donne des résultats plus rapides à mettre en œuvre qu’un tournage vidéo et investis dans l’intention.

Le microphone USB Fifine K670 que j’utilise (il m’a fallu plusieurs années de tests avant de trouver ce modèle), qui est très peu cher (40€) est choisi par des participant.e.s.

J’ai aussi mis en ligne dans le cloud le film collectif qu’ils avaient réalisé au début du stage, sur un concept que j’ai conçu.

L’un des points importants que j’ai abordé, remarqué au moment du bilan par des participant.e.s, rassurant, est de ne jamais oublier que ce qui compte, c’est le processus que l’on fait parcourir aux personnes, et non pas le résultat (le film, les photos, le podcast...). Au moment de la restitution, c’est ce processus qu’il faut relater, et non pas seulement les résultats du processus. Ainsi, les intervenants n’ont plus à « améliorer » les films par exemple, pour que la restitution soit « valorisante ». Car « améliorer » les films, c’est battre en brèche l’autonomie et la responsabilité des participants par rapport aux images qu’ils ont produites, donc détruire tout projet « d’éducation à l’image ».

Texte de présentation de la formation

L’éducation artistique et culturelle est une préoccupation majeure des médiateurs culturels qui se tournent de plus en plus vers les ateliers interactifs et l’initiation à la création. Cette formation présente des dispositifs permettant de mettre en place des animations ludiques et des ateliers créatifs autour du cinéma et de l’image animée.

Ce stage donne l’opportunité de tester des jeux, de découvrir des outils et de s’en emparer pour développer ensuite des animations pour différents publics au sein de sa structure. La formation ne se contente pas de présenter les dispositifs, elle donne la possibilité aux participants de jouer et de vivre une expérience collective.

L’accent est mis sur des dispositifs légers qui ne nécessitent pas de compétences numériques. Les participants du stage pourront se les approprier et les acquérir pour construire leurs propres actions de médiation. Une partie de la formation sera consacrée à la mise en place d’un atelier de création audiovisuelle, avec une version légère ne nécessitant pas de matériel spécifique et une version plus ambitieuse avec intervenants.

Objectifs pédagogiques

  • Acquérir des connaissances sur la fabrication d’un film
  • Obtenir des clés pour mettre en place un atelier de réalisation de film
  • Découvrir des outils et des ressources
  • Compétences et aptitudes :
  • Développer sa connaissance du cinéma
  • Obtenir des compétences pour la mise en place d’animations et d’actions d’éducation aux images
  • S’approprier des outils et des méthodes de travail

Les intervenants

  • Florian Lecron, chargé de formation à Images en Bibliothèques
  • Juliette Monnier, médiatrice et formatrice cinéma
  • Sylvie Matéo, créatrice de Cinaimant
  • Claire Cochard, coordination Passeurs d’Image - Pays-de la Loire
  • Léa Enjalbert, réalisatrice, membre du collectif Filmer l’Air de Rien
  • Laurent Geniller , Coordinateur des projets audiovisuels à la Maison du Geste et de l’Image
  • Bruno Bouchard, réalisateur de films, collectionneur de pré-cinéma et intervenant pour les
  • dispositifs d’éducation à l’image
  • Delphine Robin-Tyrek, coordinatrice des pratiques et enseignements artistiques à Ciclic Val-de-Loire
  • Romuald Beugnon, créateur de la Mashup Table et la Mashup Box
  • Philippe Denis, responsable numérique de la médiathèque de Lorient
  • Benoît Labourdette, cinéaste, pédagogue, chercheur et consultant en innovation culturelle et stratégies numériques

Page de présentation du stage sur le site web d’Images en bibliothèques.

Ce stage a eu lieu à la Maison du Geste et de l’Image (Paris) du 8 au 10 novembre 2023.

Conception et animation de stages de formation professionnelle, dans le domaine de l’éducation aux images, à destination des enseignants, animateurs, responsables de structures éducatives, culturelles et sociales, notamment exploitants de salles de cinéma.

Avec les outils des nouvelles technologies, afin de se « connecter » aux pratiques des jeunes et de les éclairer.


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