Une histoire se définit comme la transformation d’une situation initiale en une situation finale à travers une série d’événements. Ce changement d’état se manifeste à toutes les échelles du récit, des grands arcs narratifs jusqu’aux scènes individuelles.
Une histoire, c’est :
Deux exemples :
Ce qui caractérise une histoire, c’est ce changement entre le début et la fin. C’est, à mon sens, la chose principale à avoir en tête sur la globalité du film : quel est l’état initial, quel est l’état final, et ce quelle que soit la durée du film.
Cette logique entre situation initiale, développement, et situation finale (différente de la situation initiale) se retrouve à toutes les échelles du film. Si on divise le film en trois actes, on va trouver cette structure dans chacun des trois actes. Et dans chacune des séquences (unités d’actions) qui constituent les actes, on retrouvera ce fonctionnement. Même dans un plan, on va le retrouver. Par exemple : quelqu’un entre dans une chambre et y découvre une information qu’il ne connaissait pas avant. Il y a une situation initiale (il ne connaît pas cette information) et une situation finale (il connaît l’information).
Donc, il faut penser « histoire » à tous les degrés. On peut même appliquer ce concept parallèlement sur chaque personnage. On peut faire le parcours de chaque personnage, général puis de plus en plus particulier, sur ce principe-là. On peut même faire le parcours du décor, du lieu, des accessoires, de la météo... Par exemple : la maison est en ruine au début, elle sera réparée à la fin. Donc, on peut faire l’histoire de cette maison, c’est-à-dire son début, son développement, jusqu’à sa fin.
Ce regard souple, mais exigeant — une origine, une transformation, et une arrivée — me semble très fonctionnel pour que le spectateur se sente toujours pris dans une histoire en train de se dérouler. C’est-à-dire dans un changement en train d’avoir lieu vers un nouvel état, souhaité ou imposé.
Certains disent que toutes les œuvres fonctionnent avec la règle en trois actes. Ce n’et pas mon cas. Je crois que c’est surtout leur façon de regarder toutes les œuvres, qui les expliquent par la règle des trois actes. Mais on pourrait tout à fait expliquer les mêmes œuvres avec d’autres règles que celles-là.
Je trouve cela assez restrictif et théorique. C’est tout à fait intéressant. Mais croire que les auteurs, dans leur écriture de l’histoire, ont tenu compte de la règle des trois actes pour écrire et être inspirés, je demande à voir… Peut-être est-ce le cas de certains auteurs, oui, et peut-être certains auteurs pas du tout, quand bien même on peut analyser leurs films avec cette grille d’analyse, comme avec n’importe quelle autre. Je ne trouve pas que ce soit très utile pour inventer de nouveaux récits.
Outils et techniques pour l’écriture de scénario et la construction de projets de films.
Dans notre monde où des intelligences artificielles créent directement des films à partir des désirs de leurs auteurs exprimés en très peu de mots, dans ce monde où les films de 3h30 dans les salles obscures côtoient les vidéos de 10 secondes sur les réseaux sociaux, lesquels ont besoin de scénarios, pourquoi, et qu’est-ce qu’un scénario ?
Un scénario est-il encore utile à l’époque où chacun a dans sa poche un matériel de création audiovisuelle de niveau quasiment professionnel ? À quoi sert le scénario ?
Pour les auteurs, réalisateurs, producteurs et surtout créateurs de contenu, comme on les nomme le plus souvent aujourd’hui, je crois que le scénario, ses modes de création, d’écriture, ses façons de raconter les histoires, est un outil extrêmement puissant pour nous aider à créer les œuvres audiovisuelles les plus importantes possibles et qui rencontreront au mieux leur public aujourd’hui et demain, dans leurs espaces respectifs de diffusion, que ce soit la salle de cinéma, l’écran de télévision, la plateforme de SVOD, les sites de vidéos communautaires ou les nouveaux médias construits exclusivement autour de la vidéo collaborative comme TikTok.
Ce guide n’a pas la prétention d’être exhaustif, mais il s’appuie sur des expériences concrètes, celles que j’ai vécues et celles que j’ai fait vivre. Depuis plus de 30 ans, j’ai accompagné des milliers de personnes dans la réalisation de films de tous genres, j’ai fondé et dirigé plusieurs festivals de cinéma, j’ai créé de nombreux événements innovants autour de l’audiovisuel, et j’ai également siégé dans des commissions d’aide à la création. Ce que je partage ici est donc subjectif et concret, issu de mon parcours et de mes observations en pratique.