Légitimer les pratiques culturelles qui nous sont inconnues

Anthropologie du futur.

7 avril 2025 Benoît Labourdette  2 min

Pour favoriser le dialogue interculturel, nous devons légitimer des pratiques culturelles qui nous sont inconnues, sans les hiérarchiser par rapport aux nôtres. Cette ouverture est essentielle pour créer des ponts entre différentes réalités, comme le montre l’exemple des pratiques culturelles des jeunes souvent jugées « moins nobles ».

Qu’est-ce que la culture ?

Les pratiques culturelles sont extrêmement diverses dans leurs sujets, dans leurs modalités et dans leurs définitions mêmes. Chacun, en effet, nommera « culture » une réalité anthropologique différente : pour certains, ce ne seront que les arts de l’image ; pour d’autres, ce sera le patrimoine bâti ; pour d’autres encore, le patrimoine immatériel. Mais de quel patrimoine bâti ou immatériel parle-t-on, et selon quels critères ? Le champ est vaste et diversifié.

Si nous voulons proposer des offres culturelles qui résonnent avec des personnes étrangères à notre univers – dans leur culture comme dans leurs pratiques culturelles et patrimoniales –, il est évident que nous ne pouvons pas connaître ces pratiques a priori. Nous sommes chacun enfermé dans notre propre univers, dans notre « bulle de filtre », comme on dit aujourd’hui.

Se mettre en relation avec l’altérité du futur

Dès lors, la seule solution pour créer du lien avec les autres et les respecter, c’est de légitimer des pratiques que nous ne connaissons pas – et surtout de ne pas présupposer qu’elles seraient inférieures à celles que nous maîtrisons.

Ce phénomène est particulièrement visible à l’égard de la jeunesse, dont les pratiques sont souvent jugées moins nobles que celles des adultes.

Cette approche pourrait sembler relever du relativisme culturel, voire nier la valeur de ce qui doit être transmis. Il n’en est rien : l’histoire culturelle est justement faite d’objets qui, un jour, ne sont pas légitimes et qui, le lendemain, le deviennent. Il s’agit au contraire d’anticiper et de construire des ponts entre une réalité existante mais encore méconnue de nous, et notre propre réalité, différente.

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