Proposition de bon sens, pour une meilleure interconnaissance entre acteurs culturels du même territoire.
En France, dans le domaine culturel, on constate trop souvent que les acteurs d’un même secteur sur un même territoire ne connaissent pas en profondeur la nature du travail de leurs homologues et partenaires, ou n’y accèdent que de façon informelle ou ponctuelles, à l’occasion de quelques rares rencontres professionnelles auxquelles ils participent, mais qui sont les plus souvent descendantes. Pourtant, l’interconnaissance de ce que font les autres est, à mon sens, essentielle pour avancer et être plus forts.
Être artiste, ou simplement évoluer collectivement dans les réalités des territoires et de leurs enjeux politiques, nécessite de comprendre les dynamiques de chacun, pour s’en nourrir et mieux coopérer, notamment entre disciplines : culture, jeunesse, social, santé, justice, éducation...
Le préalable pour faire commun est de se connaître, et les occasions de le faire sont bien trop rares ou trop informelles. Une suggestion ? S’inspirer de ce que font les réseaux professionnels, au niveau territorial, de façon simple, concrète et tenable dans les emplois du temps des uns et des autres.
A l’initiative d’une agglomération, d’un département, d’une région, organiser tout simplement une rencontre en visioconférence chaque semaine, de 9h à 10h, lors de laquelle un acteur du secteur culturel du territoire présente en détails son activité, ses projets, ses freins, ses réussites, et sa vision pour l’avenir. Le programme de quel acteur à quelle date serait transmis à tous les acteurs du territoire, et il est indispensable que ce soit pluridisciplinaire, dans le champ culturel : musique, danse, cinéma, théâtre, arts plastiques, pratiques amateur, cirque, etc.
Chaque séance serait enregistrée et retranscrite par une IA, de façon simple. En une quarantaine de semaines ouvrées que représente une année, un an ne suffirait pas pour couvrir tous les acteurs. Et des acteurs pourront revenir.
L’idée est que ce soit très simple à organiser, chaque acteur est autonome sur sa façon d’utiliser son temps d’une heure, il n’y a pas d’échanges, c’est une simple présentation. Ses coordonnées sont transmises pour les prises de contacts éventuelles. La participation en tant qu’auditeur est libre. Petit à petit, cela offrirait des connaissances extrêmement précieuses et constructives.
Mes pratiques pluridisciplinaires, de création, d’action culturelle, de formation, d’accompagnement dans de très nombreux contextes culturels, sociaux et éducatifs en France m’offrent un observatoire privilégié, subjectif et en profondeur du secteur culturel en France.
Ce secteur est fragilisé par sa place, jugée comme « non essentielle » par bien des responsables politiques, par la concurrence des pratiques culturelles via les plateformes numériques, ainsi que par des freins liés aux difficultés pour mettre en place des coopérations interdisciplinaires, et aux trop peu nombreuses évaluations, qui sont le plus souvent mal menées et instrumentalisées.
Mon observatoire me permet d’identifier des dynamiques qui fonctionnent, ainsi que des difficultés que je constate. Je propose ici de partager mes analyses, mes méthodes, mes propositions en souhaitant qu’elles puissent être utiles. Mon objectif est d’aider à un secteur culturel plus fort demain, car à mon sens, la défense d’un secteur culturel financé par les impôts des contribuables me semble porteuse de possibilités d’émancipation, de développement des libertés, de la démocratie, des pouvoirs d’agir, d’une manière bien différente de ce que les acteurs privés produisent.
Ceci est possible s’il n’y a pas d’hypocrisie, et c’est à mon sens au prix d’une volonté de lucidité et de remise en question, d’un choix de déconstruction des représentations et peut-être de certains privilèges et systèmes de domination.