Cet « atelier des liens durables » favorise la création de liens durables entre participants d’événements collectifs. Chacun échange ses coordonnées personnalisées avec cinq autres personnes, tout en définissant ensemble les raisons concrètes d’une future reprise de contact.
Dans les moments d’animation de l’intelligence collective, ce que vivent les personnes peut être très fort et très constructif. Cependant, il me semble important de penser à la suite, car on peut repartir d’une journée passionnante, avoir élaboré des choses importantes avec d’autres participants, et ne pas savoir comment les recontacter. Parfois, on n’a pas osé prendre leurs coordonnées, ou bien on reçoit une liste de l’ensemble des personnes présentes, sans bien savoir qui est qui, et sans se sentir autorisé à revenir vers les personnes. C’est pourquoi, à la fin d’une journée par exemple, il peut être très intéressant de mettre en place cet « atelier des liens durables » assez original, que je vais décrire maintenant.
L’objectif est de tisser des liens dont le rôle est de pouvoir éventuellement se poursuivre au-delà de la journée. Cet atelier a deux volets :
Premier volet :
Deuxième volet :
Il y a une consigne importante lors de cet échange : il ne s’agit pas de simplement donner un papier sans se parler, mais de dialoguer un peu, même rapidement. L’exercice dure 15 minutes, et l’objectif est d’avoir dialogué avec 5 personnes dans ce laps de temps. Cela représente environ 3 minutes par personne, mais on ne formate pas le temps de manière trop rigide, car on est dans un moment de fin de journée, plus détendu. Cet exercice fonctionne particulièrement bien après que les participants ont déjà vécu des expériences ensemble.
Quand quelqu’un me donne sa feuille, nous devons convenir ensemble, en écrivant sur la feuille elle-même, des raisons qui pourraient nous amener à nous recontacter. Ainsi, je reçois la feuille, et c’est à moi de m’engager, d’une certaine manière, à recontacter cette personne pour une raison que nous définissons ensemble. Cette raison n’est pas forcément fonctionnelle, et j’insiste là-dessus : elle peut être liée à un échange de fond, à un partage d’idées ou à une discussion sur un sujet précis.
Il y a une forme d’investissement, même si le mot est un peu fort, dans un lien futur à poursuivre. Cet exercice permet de créer des connexions qui vont au-delà de la simple collecte de coordonnées, en favorisant des échanges significatifs et engageants.
Dans le cadre de l’entreprise, comme dans le cadre associatif, social, artistique, de médiation et d’action culturelle, de formation professionnelle ou initiale, ainsi que dans l’action sociale, mobiliser l’intelligence collective des personnes participantes est un levier très puissant, qui permet l’enrichissement mutuel, l’amélioration des liens, de la cohésion, l’émergence d’idées, l’invention de projets, une meilleure implication, etc.
Les outils d’intelligence collective sont aussi des outils démocratiques forts. Ils ont été développés en grande partie dans le champ de l’éducation populaire, où la contribution de chaque personne est bien plus valorisée que dans le champ de l’éducation nationale, qui, en France, reste malheureusement souvent bien trop traditionnelle dans ses formes.
J’ai très souvent participé à des ateliers d’intelligence collective, et j’en ai animé, appliqué, affiné, adapté et inventé un certain nombre. Vous trouverez ici une collection d’outils que j’ai moi-même employés, qui sont intégrés dans les méthodes que je propose, appuyées sur des cas d’usage réels. Je pense que ces outils méritent grandement d’être partagés, car j’en tellement d’effets si bénéfiques ! Je me fais souvent cette remarque, dans des moments collectifs comme une conférence par exemple : qu’il est dommage d’en rester à une stricte écoute, tous ces cerveaux réunis pourraient, si on les mobilisait mieux, produire ensemble quelque chose de plus grand.