Jeu littéraire d’écriture en langage inclusif, qui peut être proposé même pendant quelques minutes, dans tous types de contextes et pour tous âges.
Le langage inclusif ne fait pas du tout consensus. Et pourtant, essayer de le pratiquer fait vraiment réfléchir sur les questions de domination, par la déstabilisation des habitudes que cela suscite en chacun.e. Ainsi, le proposer comme un jeu littéraire est une façon de mettre du mouvement hors de toute polémique. Et c’est bien l’objet d’un féminisme actif que de faire avancer l’égalité, qui est au bénéfice de tou·te·s, plutôt que de susciter des crispations.
Ce jeu peut être proposé de diverses manières. Je vous propose, plutôt qu’une règle du jeu, quelques axes qu’il me semble productif de mobiliser :
- La durée est libre. On peut le proposer, au début d’une réunion par exemple, pendant seulement cinq minutes. C’est déjà beaucoup, et cela aura en plus pour effet de « briser la glace », ainsi que de libérer et dédramatiser la parole sur le sujet du féminisme.
- Vous pouvez proposer aux personnes non pas de « traduire » un texte non inclusif en un texte inclusif (ce qui peut être vécu comme scolaire et normatif), mais plutôt de proposer à chacun.e d’écrire un texte court sur un sujet connu et partagé, pour ensuite se les lire mutuellement. Certain.e.s auront fait en sorte de contourner la question en utilisant des mots non genrés, d’autres auront beaucoup cherché, d’autres ne l’auront pas fait... Bref, le moment de la lecture sera un moment drôle et ludique. Le partage joyeux est la meilleure des dynamiques pédagogiques.
- Vous pouvez proposer que chacun.e fasse une recherche sur Internet et présente aux autres les différentes écoles de langage inclusif (car il n’y a pas non plus consensus sur la façon de le pratiquer) et d’indiquer ce qu’il.elle en pense, en s’autorisant une posture critique. Les interactions à partir des avis de chacun.e, les controverses éventuelles, seront bien plus pédagogiques qu’une explication professorale, qu’une expertise univoque sur le sujet.
Il s’agit de proposer un moment de créativité puis de partage sur le langage inclusif, très court ou un plus long, permettant à chaque personne d’avoir eu un espace pour y réfléchir, à sa manière, et d’avoir pu recevoir les réflexions d’autres personnes, de façon horizontale. Cela est propice à construire sa propre pensée de façon libre. Car il serait contradictoire que le féminisme, dont l’objet est de remettre en question des systèmes de domination, devienne lui-même dictatorial et normatif.