Donner la parole de façon créative aux spectatrices/spectateurs d’une salle de cinéma, avant la projection d’un film.
J’ai mis cette proposition en pratique dans le cadre du Festival du film féministe de la ville des Lilas en octobre 2022. J’en partage la méthode ici, car j’ai perçu, dans la motivation des personnes participantes, que cela apportait du sens, et des outils, pour approfondir en soi les compétences pour pouvoir œuvrer vers plus d’égalité, et ce de façon très ludique.
Cet atelier dure 30 minutes. Il précède une séance de cinéma. Techniquement, en bas de scène, une caméra banc-titre est branchée sur un ordinateur doté d’un micro de bonne qualité, le tout connecté au projecteur de la salle de cinéma. La salle est dans la pénombre. Le dispositif est mis en valeur par un éclairage. On pose quelque chose (objet, texte écrit...) sous la caméra, et on parle en même temps. Les personnes se succèdent, en une fois, pendant que l’ordinateur enregistre. Une fois que c’est fait, on se rassoit, et on peut visionner le film immédiatement.
Vous pouvez visionner ici deux films faits avec cette méthode, les 12 et 15 octobre 2022. Vous pouvez aussi les visionner sur le site web La fabrique numérique aux Lilas.
Techniquement, le dispositif est assez léger. Chaque outil a été attentivement choisi, et testé pendant plusieurs années, avant d’être utilisé en public.
Un film collectif (3’12s, 2022).
La pratique du féminisme me semble être un enjeu essentiel dans les actions culturelles, car la prise de conscience des systèmes de domination permet d’aller vers plus d’égalité, donc de contribuer à la démocratie. Les inégalités entre les femmes et les hommes sont pour moi une pierre angulaire des dominations qui portent préjudice à toutes et tous.
Mais comment « mettre en pratique le féminisme » concrètement dans les propositions d’activités publiques ? Comment des actions culturelles, quel que soit leur champ de mise en œuvre (artistique, social, éducatif, professionnel...), peuvent susciter des prises de conscience intimes qui peuvent nous déplacer intérieurement vers plus de respect des droits humains ? Il ne s’agit pas d’énoncer un discours féministe normatif, mais de mettre en pratique une égalité dans les manières d’agir. C’est beaucoup plus fin et délicat à faire qu’on pourrait le croire, car cela passe par des remises en question de ses propres fonctionnements inconscients.
Je partage ici des ressources, partielles, à partir de mes propres cheminements, pratiques et questionnements collectifs : propositions et récits d’actions culturelles, méthodes de travail, approches de la création artistique et réflexions plus conceptuelles ou biographiques.