Être sujet avec les technologies, ou en être l’objet

25 mai 2026. Publié par Benoît Labourdette.
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La psychanalyse distingue le sujet et l’objet, et cette distinction me sert à penser la création autant que le rapport aux outils techniques. Je défends ici une idée que ma pratique m’a fait trouver en cheminant. On devient sujet en s’appropriant un objet réel, tenu en main à sa manière, à l’intérieur d’un cadre qui rassure sans dicter le geste. Je la construis pas à pas, pour aboutir à un concept, la présence de sujet, et à ce qu’il engage pour la démocratie.

Une distinction que je dois à la psychanalyse

Je suis nourri de psychanalyse, et l’une des distinctions que j’en retiens, la plus simple en apparence, est celle du sujet et de l’objet. Être objet, c’est être agi, déterminé, mis en place par autre chose ou par quelqu’un d’autre. Être sujet, c’est se tenir à l’origine de ses actes, exercer un choix, une capacité, un esprit critique. Jacques Lacan a déployé cette distinction en posant que « le désir de l’homme est le désir de l’Autre ». Nous commençons tous·tes notre existence comme objets, pris dans le désir de nos parents, dans les attentes d’une famille, dans des places définies avant même notre naissance. Devenir sujet est un travail, jamais tout à fait achevé, par lequel on se dégage de ces assignations pour advenir à sa propre parole. Toute la question de l’émancipation tient dans ce passage de la position d’objet à la position de sujet, et c’est une question à la fois psychique, sociale et politique, parce qu’elle concerne le lien entre une personne et l’espace social dans lequel elle se trouve.

Donald Winnicott, dans Jeu et réalité paru en 1971, donne à ce passage son terrain concret, qui est le jeu. C’est en jouant, écrit-il, que l’enfant ou l’adulte devient capable d’être créatif, et la créativité ne désigne pas chez lui la production d’œuvres mais une manière d’aborder la réalité extérieure, une coloration de l’existence tout entière. Winnicott oppose ce vivre créatif à la soumission, cette adaptation à un monde déjà donné dans laquelle la personne s’éprouve comme l’objet de ce qui lui arrive. La création, dans cette perspective psychanalytique, déborde le domaine des artistes pour devenir une dimension possible de toute vie, et c’est ce débordement que je veux travailler ici.

Trop d’attachement à l’objet

Notre rapport à l’art souffre, à mon sens, d’un excès d’attachement à l’objet. On identifie volontiers l’œuvre à la chose produite, le tableau, le film, l’installation, comme si l’art résidait dans cet objet et nulle part ailleurs. John Dewey, dans L’art comme expérience paru en 1934, a montré que l’art ne tient pas dans l’objet mais dans l’expérience vécue par des êtres humains, en relation entre eux ou avec des objets. Quand on prend cette idée au sérieux, l’objet cesse d’être le centre, et c’est l’expérience, le cheminement, la relation, qui deviennent le lieu de l’art.

Cet attachement à l’objet a une conséquence directe sur les places que chacun occupe, et c’est là que la création rejoint la domination. Quand un·e artiste tient avant tout à maîtriser l’esthétique de l’objet final, parce que c’est de cet objet qu’il·elle attend la reconnaissance, le prochain financement, la confirmation de son statut, il·elle se met presque toujours en position de domination sur celles et ceux qui travaillent avec lui·elle. Les autres deviennent les instruments de son objet. Jacques Rancière a décrit une mécanique analogue dans Le maître ignorant (1987), où le maître qui explique abrutit l’élève, puisque l’explication même présuppose qu’il·elle ne pourrait pas comprendre seul·e, tandis que celui ou celle qui renonce à occuper la place du savoir lui rend sa capacité propre. L’artiste maître de l’objet abrutit comme le maître explicateur, et pour la même raison, parce qu’il présuppose que les autres ne sauraient pas faire.

Le problème n’est donc pas l’objet en lui-même, mais la manière dont il est tenu et par qui. L’objet que l’artiste garde pour lui·elle assujettit celles et ceux qui l’entourent, et le même objet, lâché, offert à l’appropriation des autres, devient l’opérateur de leur émancipation.

Le mode d’emploi est un dispositif

La même analyse vaut, et c’est ce qui m’importe le plus, pour notre rapport aux technologies. Un outil technique nous arrive toujours avec un usage prescrit, une manière attendue de s’en servir, un imaginaire qui nous dit ce qu’il faut en faire. Giorgio Agamben, prolongeant Michel Foucault dans Qu’est-ce qu’un dispositif ? (2006), appelle dispositif tout ce qui possède la capacité d’orienter et de déterminer les gestes, les conduites et les discours des êtres vivants. Le mode d’emploi d’une technologie est en ce sens un dispositif. Les casques de réalité virtuelle, les caméras, les logiciels viennent avec lui, et il sert d’abord les intérêts de celles et ceux qui fabriquent et vendent ces objets. Agamben observe aussi que les dispositifs ont toujours engagé des processus de subjectivation, qu’ils fabriquaient des sujets, fût-ce des sujets assujettis, tandis que les dispositifs contemporains tendent selon lui à produire de la désubjectivation, des utilisateur·rices qui ne sont plus que des numéros traçables, et il prend pour exemple le téléphone portable. Devant un tel outil, on peut donc être son objet, c’est-à-dire faire ce que les industriel·les ont prévu qu’on fasse, ou en être le sujet, c’est-à-dire se demander ce qu’on veut, soi, en faire, et accepter de le détourner, de jouer, de faire un pas de côté.

Le même Agamben, dans Profanations (2005), donne un nom à ce pas de côté. Il appelle profanation le geste qui restitue au libre usage de toutes et tous ce que les dispositifs ont capturé et séparé, et le jeu est pour lui l’organe même de la profanation, ce qui rejoint ce que Winnicott dit du jeu comme lieu où le sujet advient. Cette profanation a une histoire dans le champ que je connais le mieux, celui du cinéma. Le Cinématographe des frères Lumière était conçu pour des vues documentaires, et Georges Méliès l’a détourné, dès les premières années, vers le trucage, la féérie, l’imaginaire. Le téléphone portable nous a été vendu pour parler, puis pour consommer des contenus, et quand les premiers appareils équipés de caméras sont arrivés, des personnes se sont mises à filmer avec, hors de tout cadre professionnel. C’est pour reconnaître ces usages naissants que j’ai créé en 2005, avec le Forum des images, le festival Pocket Films, dont le but était d’instituer un espace où des usages inventés par les personnes elles-mêmes, et non prescrits par l’industrie, puissent être regardés comme de la création. L’objet même de la désubjectivation selon Agamben, le téléphone, devenait là un outil de subjectivation.

L’objet qu’on tient en main n’est plus soi

Dans les ateliers que je mène, des objets sont disposés dans l’espace, disponibles. Une caméra posée au milieu d’un cercle, des instruments de musique sur une table, des photographies imprimées, du papier, des feutres. Chacun·e va vers ce qui l’attire. Quand une personne prend un objet en main, la répartition des places change. L’objet est réel, il existe, il est extérieur à elle. Du fait même qu’elle le tient, et qu’elle le tient comme elle veut, l’objet n’est plus elle. La place d’objet est occupée, par l’objet lui-même, et la personne se trouve déplacée vers la place de sujet. Si en revanche je lui disais exactement comment le tenir et quoi en faire, l’objet resterait un objet, mais elle en deviendrait un autre, l’objet de ma consigne. C’est l’appropriation qui fait la différence, pas la simple possession. Les objets ainsi disposés jouent d’ailleurs ce que la psychanalyse appelle un tiers, ce qui se tient entre les sujets et leur permet de se rencontrer sans que l’un domine l’autre, et c’est par eux, non par mon autorité, que l’autonomie passe.

La psychanalyse a pensé ce pouvoir subjectivant de l’objet approprié. Winnicott encore, avec l’objet transitionnel, ce bout de tissu ou cet ours que l’enfant élit, première possession qui n’est pas lui sans être tout à fait le monde extérieur. C’est en s’appropriant cet objet, en le tenant, en le malmenant, en l’aimant à sa manière, que l’enfant apprend à se distinguer du monde et commence à devenir un sujet. L’aire où cela se joue, que Winnicott nomme l’espace potentiel, est aussi pour lui le lieu de toute l’expérience culturelle. Ce que l’ours fait pour l’enfant, une caméra peut le faire pour un·e adolescent·e ou un·e adulte, à condition qu’on le laisse la tenir à sa manière.

L’anthropologie et l’histoire des techniques confirment ce que la psychanalyse établit. André Leroi-Gourhan a montré, dans Le geste et la parole (1964), que la pensée humaine s’est développée avec la libération de la main, et que l’outil n’est pas un accessoire de l’intelligence mais l’un de ses lieux de formation. On ne pense pas de la même manière quand la main agit sur le réel matériel et quand l’esprit ne manipule que des mots. Henri Focillon, dans son Éloge de la main, écrit de la main qu’« elle prend, elle crée, et parfois on dirait qu’elle pense ». Tim Ingold, dans Faire paru en 2013, s’attaque au modèle hylémorphique, cette vieille idée selon laquelle créer consisterait à imposer une forme conçue par l’esprit à une matière passive, et décrit le faire comme une correspondance avec les matériaux, qu’on suit et dont on se laisse enseigner. L’usage prescrit est une forme qu’on veut imposer à nos gestes, et s’approprier un outil, c’est entrer en correspondance avec lui, découvrir par la main ce qu’il rend possible et que personne n’avait prévu. J’en ai fait l’expérience lors d’un colloque à l’ENS Louis Lumière en 2019, où j’ai proposé aux participant·es de tourner ensemble un film collectif en réalité virtuelle, avec, au lieu du dispositif professionnel lourd et intimidant, une petite caméra à 360° qui tient au bout de la main. Les images produites, où la main de la personne qui filme est partout présente, ont suscité chez les participant·es une jubilation, et le désir d’employer ces images autrement que dans des casques, comme matière poétique.

Tout tient, au fond, dans la préposition de mon titre. Être sujet avec les technologies, ce n’est ni être sujet contre elles, ni être sujet sans elles. L’objet tenu en main est le partenaire du devenir sujet, non son obstacle.

Des consignes techniquement rassurantes

Reste que personne ne devient sujet sur commande, et qu’on ne le devient pas non plus dans le désordre. Quand je propose à quelqu’un de s’emparer d’une caméra et d’en faire ce qu’il veut, cette proposition peut sembler désordonnée, écrite ainsi, mais elle ne l’est jamais dans les faits. La personne est dans un cadre. Elle a vu des films sur un écran, elle a été attirée par une scénographie, elle est venue vers nous, librement quand l’atelier se tient dans un espace public où l’on passe et où l’on participe comme on veut, ce qui est la situation que je préfère, ou dans le cadre d’une obligation scolaire, et même alors, parmi les objets disposés, elle va vers ce qui l’attire. Le lieu lui-même dit ce qu’on y fait. Si les gens viennent là, c’est un endroit où l’on fait des films, et cette attente sociale, partagée par tous·tes, produit chez chacun·e une intention, qui n’a pas besoin d’être formulée avec des mots.

Mon intuition, depuis toujours, a été de donner des consignes, mais des consignes d’une nature particulière, un temps donné, un protocole simple, des indications techniquement rassurantes, à l’intérieur desquelles les gens sont libres et font ce qu’ils veulent. Je rechigne à expliquer comment faire, sauf si on me le demande vraiment, et je n’aime pas montrer des films en exemple, parce que les gens essaieraient alors de faire à la manière de, d’imiter, au lieu d’inventer leur propre manière de faire, qui est tout mon but. Winnicott, là encore, donne à cette intuition son fondement. Le jeu, écrit-il, ne devient possible que sur la base de la confiance, dans un environnement suffisamment fiable pour que l’enfant puisse se risquer à créer. Ce qu’il appelle le holding, ce portage qui soutient sans contraindre, est ce que mes consignes cherchent à offrir. Elles rassurent assez pour que le risque de créer devienne prenable, et elles prescrivent assez peu pour que le geste reste celui de la personne.

La psychothérapie institutionnelle, celle de François Tosquelles à Saint-Alban puis de Jean Oury à La Borde, a fait du cadre lui-même un instrument de soin. Son principe est qu’on ne peut pas soigner les personnes sans soigner d’abord l’institution, son ambiance, ses lieux, la circulation de la parole, et qu’à La Borde soignant·es et soigné·es partagent les activités, cuisinent, jardinent, font du théâtre ensemble, sans que la distinction des rôles assigne quiconque à une place fixe. Je demande la même chose aux médiateur·rices avec qui je travaille. Qu’iels soient engagé·es, elles et eux aussi, dans la création, qu’iels fassent des images à côté des participant·es, qu’iels ne soient pas en attente de publics qu’iels traiteraient comme des objets de leur médiation. Ce que nous faisons alors est une création qu’on partage, et si j’y tiens, c’est pour que personne, ni participant·e ni médiateur·rice, ne soit en position d’objet.

La présence de sujet

Michel de Certeau a montré, dans L’invention du quotidien paru en 1980, que les usager·ères ne sont jamais les consommateur·rices passif·ves qu’on imagine, que la consommation est elle-même une production silencieuse, faite de ruses et de braconnages, et que les manières de marcher, de cuisiner, d’habiter, de lire, sont autant de créations à l’intérieur d’un ordre qu’on n’a pas choisi. J’aurais pu m’arrêter là et appeler création d’usage le geste qui m’occupe. Mais ce concept ne suffit pas, et de Certeau lui-même permet de comprendre pourquoi. La création d’usage est universelle et silencieuse. Même la personne la plus obéissante aux prescriptions des industriels crée son usage avec son objet, qu’elle en soit consciente ou non, et nous sommes aussi, les uns pour les autres, les objets des créations d’usage d’autrui. Ce qui m’occupe est autre chose. Ce n’est pas le fait, universel, de créer des usages, c’est le devenir sujet, c’est-à-dire le fait d’éprouver sa place de sujet, d’y être présent.

Michel Foucault, dans ses derniers travaux, a nommé subjectivation le processus par lequel on se constitue comme sujet, à travers des pratiques, des exercices, des techniques de soi. Je propose d’appeler présence de sujet le versant sensible de cette subjectivation, non pas le processus vu du dehors, mais l’état éprouvé du dedans. La présence de sujet est cet état de conscience dans lequel une personne se sent à l’origine de ce qu’elle fait, autonome, présente à elle-même dans son geste. Cet état comporte une part de vide, au sens où l’on n’y est plus occupé par les prescriptions, les modèles, le regard du maître, et c’est ce vide fécond que j’ai tenté de penser ailleurs sous le nom de nefaire, en m’appuyant sur Romain Graziani, qui montre dans L’Usage du vide (2019) qu’une volonté qui n’est plus assujettie à une finalité externe se mue en puissance. Hartmut Rosa décrit de son côté, dans Résonance (2016), l’aliénation comme une relation dans laquelle le monde reste muet, et la vie bonne comme une relation de résonance, où le monde répond et où l’on se sent à la fois atteint et capable d’atteindre. La présence de sujet est l’état dans lequel l’outil qu’on tient cesse d’être muet, où il répond sous la main. La rêverie que Gaston Bachelard décrit dans La Poétique de l’espace (1957), cette manière d’habiter les choses au lieu de seulement les occuper, en est l’une des formes. Cet état ne se décrète pas. Il advient quand un objet réel est tenu en main à sa manière, dans un cadre qui rassure sans prescrire.

La démocratie concrète commence dans nos usages

Philippe Roqueplo affirme, dans Penser la technique. Pour une démocratie concrète (1983), qu’aucune technique n’est neutre, que toute technique enferme du savoir et du pouvoir, et qu’une démocratie qui renonce à penser et à discuter ses techniques abandonne une part de la décision collective à celles et ceux qui les conçoivent et les vendent. Nous vivons dans un monde, le nôtre est capitaliste, où l’on nous propose en permanence d’être les objets des outils qu’on nous vend, d’entrer dans des usages pensés pour nous, et l’attachement à l’objet, qu’il soit œuvre d’art ou marchandise, reconduit la domination de celles et ceux qui le détiennent sur celles et ceux qui ne font que s’en servir.

La présence de sujet est ce que chacun·e peut opposer à cela, à son échelle, dans ses gestes, et elle se cultive collectivement. Dans une classe culturelle numérique que j’ai menée autour de la réalité virtuelle avec des collégien·nes de SEGPA et de dispositifs ULIS, des élèves ont pris la caméra à 360° et déclenché la prise, choisi l’instrument dont iels joueraient pour la bande sonore, ajouté une scène au scénario parce qu’iels savaient qu’il manquait un passage. Pendant les derniers tournages, je n’ai pratiquement jamais déclenché la caméra moi-même. Ces élèves n’auraient pas osé si j’avais tenu la position du maître de l’objet, et ce qu’iels emportent déborde largement le moment de l’atelier, le fait de s’être senti·es, une fois, à l’origine de quelque chose plutôt que soumis à ce qui était prévu. De même, quand je propose un atelier de création photographique où chacun·e travaille avec son propre téléphone, l’outil que chaque personne maîtrise techniquement à son niveau, je vois les intimidations tomber, l’entraide s’organiser, des personnes qui ne se seraient jamais autorisées à créer faire des images et les montrer aux autres. Cette accessibilité technique est un levier démocratique, parce qu’elle distribue la position de sujet au lieu de la réserver à celles et ceux qui possèdent les équipements et les codes. La démocratie se joue aussi là, dans cette capacité, distribuée ou confisquée, d’éprouver sa place de sujet avec les objets qui nous entourent. Ce n’est pas refuser les outils, c’est refuser d’en être l’objet.

L’art comme présence et transformation

L’œuvre d’art ne réside pas dans l’objet créé mais dans la relation qui se tisse entre création et réception, dans cette temporalité multiple où l’artiste, l’œuvre et le spectateur se rencontrent et se transforment mutuellement. Le temps de la création révèle que l’art est moins maîtrise technique que présence ouverte à l’accident créateur, moins production d’objets que mise en mouvement du monde. Le concept de « nefaire » décrit cette capacité de transformer en profondeur, de créer du mouvement qui dépasse le simple faire instrumental. À l’époque de sa médiation numérique, l’œuvre d’art voit son aura se reconfigurer : elle n’est plus dans l’unicité de l’original mais dans la singularité de chaque expérience de réception. L’image, oscillant entre ressemblance et dissemblance, entre représentation et réalité nouvelle, façonne notre être au monde de manière plus profonde que nous ne l’imaginons. Le théâtre nous enseigne que la distinction entre vraie vie et fiction est elle-même une illusion : la culture n’est pas séparée de la vie mais constitue un moyen raffiné de la comprendre et de l’exercer. Dans cette perspective, l’artiste devient un « être écrivant » dont les mots transforment le réel, et l’innovation émerge non de la virtuosité technique mais de la présence singulière qui invente de nouveaux usages, de nouvelles manières d’habiter le monde.


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