La capacité d’une personne, d’un groupe ou d’un territoire à traverser les crises dépend de celle de tous les autres : c’est ce que le psychiatre Serge Tisseron nomme la corésilience. J’abonde dans son sens, et je propose d’entrer dans le comment. La corésilience ne se décrète pas, elle se cultive, par des méthodes concrètes que chacun·e peut s’approprier.
Cette rubrique rassemble mes propositions méthodologiques et pratiques : dispositifs de création collective, ateliers sur l’imaginaire des catastrophes, principes d’animation de l’intelligence collective, partage des ressources rares comme la fraîcheur ou les heures vivables. Le champ culturel y tient une place centrale, car les cinémas, les bibliothèques, les centres sociaux et les lieux d’éducation populaire constituent déjà le maillage où des personnes se réunissent et où des imaginaires s’élaborent : l’infrastructure disponible d’une culture de la résilience.
Les moyens décrits ici sont volontairement modestes, du papier, des ciseaux, une salle, quelques heures, car des méthodes qui exigeraient des moyens rares reproduiraient les inégalités qu’il s’agit précisément de réduire. Je documente ces façons de faire pour que toute personne qui anime des groupes puisse s’en emparer, les adapter à son territoire et les transmettre à son tour.