Des outils numériques pour la démocratie culturelle

Concevoir et développer, avec les acteurs culturels et les collectivités, des outils numériques souverains qui mettent en pratique les droits culturels.

Des outils numériques pour la démocratie culturelle

L’agence construit depuis vingt-cinq ans des plateformes web et des outils numériques conçus comme des instruments de coopération. Nous ouvrons un chantier qui prolonge ce travail : développer des outils numériques au service de la démocratie culturelle, et les concevoir avec les structures qui en ont l’usage. Nous présentons ici d’où vient ce chantier, ce qui est en service aujourd’hui et la manière d’y prendre part.

Le numérique n’est jamais neutre

Un outil numérique porte une conception des rapports entre les personnes. Qui peut écrire, qui peut lire, ce qui est conservé, ce qui disparaît, à qui appartiennent les données : chacun de ces choix techniques engage la vie démocratique du groupe qui se sert de l’outil. Benoît Labourdette développe cette analyse dans Droits culturels et numérique, qui propose une mise en pratique numérique des huit droits de la Déclaration de Fribourg, et la prolonge dans ses textes sur la souveraineté numérique (La souveraineté numérique, urgence démocratique ; Le numérique souverain, un choix micropolitique).

La plupart des outils de contribution utilisés aujourd’hui dans le secteur culturel (murs collaboratifs, formulaires, sondages en ligne) sont des services commerciaux. Les contributions y sont hébergées hors d’Europe, difficiles à exporter, et les structures en perdent l’accès quand l’abonnement s’arrête : des démarches de participation entières disparaissent ainsi sans laisser de trace. Nous faisons les choix inverses : logiciels libres, hébergement souverain, données intégralement exportables, contenus qui restent accessibles des années après la fin du dispositif.

Des outils en service

Quelques exemples d’outils de ce type, chacun pour un besoin réel, que nous concevons, développons et faisons vivre :

Ce travail s’articule à une pratique suivie des droits culturels : séminaire d’écriture / création « droits culturels », ateliers de création photographique au sein de la démarche Paideia de Réseau culture 21, participation au séminaire « Quelle pédagogie par et pour les droits culturels ? ». L’article Analyser son projet à l’aide de la Déclaration de Fribourg propose une méthode que nous utilisons en formation et en accompagnement.

La démocratie culturelle, augmentée par le numérique

Dans ces dispositifs, nous expérimentons une mise en pratique de la démocratie culturelle, augmentée par le numérique. Beaucoup d’organisations qui veulent faire vivre la participation, dans le champ culturel comme au-delà, fonctionnent de façon descendante, et les idées de leurs membres peinent à y trouver leur place (La dimension politique des dispositifs d’organisation). Nous faisons l’inverse : chacun·e contribue quand cela lui est possible, dans le désordre et la spontanéité, et l’intelligence artificielle produit des synthèses de ces contributions à une vitesse qui change la nature de l’exercice. Il n’est plus nécessaire de formater la parole en amont pour pouvoir la traiter ; cette liberté donne une ouverture et une légitimité aux contributions les plus diverses, qui sont les plus riches. C’est le déplacement que décrivent les droits culturels : passer de la démocratisation culturelle, qui diffuse une culture vers le plus grand nombre, à la démocratie culturelle, où chaque personne est reconnue comme porteuse et créatrice de culture (Démocratisation ou démocratie culturelle : ce que ces deux mots font au théâtre).

Cette expérience vaut au-delà du secteur culturel. Nous voulons la mettre au service de démarches expérimentales de démocratie participative : des consultations qui aboutissent à des productions réelles, des programmes d’action nourris par celles et ceux qui les mettront en œuvre, des dynamiques horizontales installées dans la durée.

Le chantier que nous ouvrons

Nous voulons doter le secteur culturel d’outils de contribution qui lui appartiennent. Concrètement : des murs contributifs pérennes, avec accès administré et exports complets ; des plateformes d’écriture collective éditorialisée ; des espaces de mémoire pour les démarches participatives ; des dispositifs de consultation à l’échelle d’un territoire. Le développement assisté par l’intelligence artificielle, que nous pratiquons quotidiennement (Coder ou ne pas coder ?), nous permet de construire ces outils dans des délais et à des coûts à la portée des structures culturelles, des réseaux et des collectivités.

Deux chantiers sont ouverts à ce jour, le mur contributif souverain et l’outil d’analyse par la Déclaration de Fribourg ; d’autres suivront. Nous décrivons chacun d’eux dans une page dédiée, écrite au présent et mise à jour au fil du travail : vous les trouvez à la suite de cet article.

Co-construire ces outils

Nous voulons concevoir ces outils avec celles et ceux qui s’en serviront. Nous organisons des réunions d’intelligence collective en visioconférence, ouvertes aux réseaux, aux collectivités, aux lieux culturels et aux structures sociales, pour recenser les besoins, examiner les outils existants et dessiner ensemble ceux qui manquent. Ce qui s’y produit est publié et partagé avec les participant·es, selon le critère qui guide l’ensemble de notre travail d’intelligence collective : ce qui a été produit doit continuer à servir.

Si vous souhaitez prendre part à ces réunions, ou si votre structure a besoin d’un outil de ce type, écrivez-nous.