Le métier de médiateur s’est construit à une époque où l’accès aux œuvres était rare et où l’expression du public était inexistante. Les deux conditions ont changé. Ce n’est pas la fin du métier, c’est un déplacement considérable de sa raison d’être, et les équipes que je rencontre le sentent bien avant de savoir le formuler. J’écris beaucoup sur ce sujet, y compris du côté de la médiation thérapeutique, où j’enseigne. Voici ce que je peux venir travailler avec vous.
Première piste : le lien avant le contenu
Ce qui émancipe dans une médiation, ce n’est pas le contenu transmis, c’est la qualité du lien dans lequel il circule, et cela s’analyse très précisément : la place de chacun·e, ce qu’autorise le cadre, ce qui se joue dans le regard des autres sur ce qu’on a fabriqué. C’est la conférence la plus dense que je propose et celle qui parle le plus aux équipes expérimentées. Elle vient de Le lien qui émancipe, La place : un concept opératoire pour une médiation culturelle émancipatrice et Le cadre qui autorise.
Deuxième piste : arrêter de valoriser, commencer à construire
Montrer les productions des participant·es dans une exposition ou une projection finale semble aller de soi. Or la valorisation ne produit pas ce que produit le regard collectif porté en cours de route, et elle installe souvent une hiérarchie que le projet prétendait défaire. Piste très concrète, avec des critères applicables au prochain atelier. Voir Construire, pas valoriser et Le processus contre le résultat.
Troisième piste : l’atelier qu’on ne fera qu’une fois
Le projet de longue durée est devenu l’idéal du secteur, et l’action ponctuelle son parent pauvre. Je conteste ce postulat, avec des arguments et des exemples, parce qu’il conduit à mépriser des rencontres brèves qui transforment réellement des gens. Piste utile quand une équipe a des moyens contraints et culpabilise de ne pas faire du long terme. Voir L’atelier qu’on ne fera qu’une fois.
Quatrième piste : la honte, le jugement, et ce qui empêche la parole
Pourquoi les adolescent·es ne parlent pas dans les rencontres d’après spectacle. Pourquoi les participant·es disent ce qu’ils croient qu’on attend. Pourquoi la question « qu’est-ce que vous en avez pensé ? » produit du silence. Cette piste articule des éléments cliniques sérieux et des dispositifs immédiatement utilisables. Voir La honte, émotion invisible du spectateur adolescent, Ne pas juger les pratiques numériques des personnes et Recevoir, ou la difficulté de ne rien faire.
Cinquième piste : la médiation quand ce sont des artistes qui la font
Pour les compagnies et les équipes artistiques, la question se pose autrement : comment mettre en scène le réel de la rencontre et pas seulement le spectacle, comment sortir de l’extractivisme qui consiste à fabriquer ailleurs et venir consommer les lieux et les gens, à quel moment le théâtre commence et qui en est l’auteur. Voir Former une compagnie à la médiation participative, L’extractivisme artistique et La dramaturgie de l’accueil.
Sixième piste : les machines dans la relation
Ce que les objets techniques changent à la médiation, ce que l’image devient quand elle sert de preuve, ce qu’une IA conversationnelle ouvre comme possibilités d’émancipation et quels risques elle porte. Piste pour des équipes qui veulent penser leurs outils au lieu de les subir. Voir L’objet qui dispose, L’image comme preuve et L’intelligence artificielle, outil d’émancipation dans la médiation.
Ce qui se passe dans la salle
Une conférence sur la médiation qui ne serait pas elle-même une médiation ne vaudrait rien, et je la construis donc comme une démonstration. Des exercices très courts, souvent une consigne de création de deux minutes, dont nous analysons ensuite ce qu’elle a produit chez chacun·e : c’est en général le moment où la salle comprend ce que je raconte depuis vingt minutes. J’y ajoute des binômes minutés et un mur de contributions écrites.
Ce qu’il en reste
Les analyses produites par le groupe sur ses propres exercices restent en ligne et constituent un matériau de travail interne. Pour une équipe qui révise ses pratiques, c’est ce document, écrit par elle, qui fait autorité pour la suite, bien mieux qu’un compte rendu rédigé par moi.
Formats et préparation
Une heure trente, une journée, ou une formation-action en plusieurs séquences, avec des ateliers réels menés entre les temps de regroupement. Je prépare avec les responsables et, quand c’est possible, avec deux ou trois membres de l’équipe, parce que ce que vit une médiatrice au quotidien ne remonte pas toujours. En français et en anglais. Je peux aussi accompagner une médiatrice ou un médiateur de votre équipe à porter lui-même cette parole devant ses pairs, ce qui est cohérent avec tout ce que dit cette page [voir la page « Et si c’était quelqu’un de chez vous qui parlait ? », à relier une fois publiée].
Quelques interventions passées
L’atelier photo : créer, montrer, regarder ensemble ; Créer pour penser ; Festival Raisons d’Agir : quand le collage libère la parole ; La médiation culturelle comme dispositif d’émancipation symbolique.
Toutes les ressources : Méthodes de médiation culturelle et Le théâtre et ses contradictions.