Comment défendre la culture quand l’argent manque ?

Pistes de conférence sur les politiques culturelles et l’avenir du secteur, pour des collectivités, des directions de la culture, des réseaux, des lieux subventionnés.

Comment défendre la culture quand l'argent manque ?

Les budgets baissent, et le secteur culturel répond le plus souvent en défendant ce qu’il a. Je pense que cette réponse est perdante, non par manque de courage mais parce qu’elle nous place sur le terrain de nos adversaires. J’ai écrit un livre entier là-dessus, « Défendre la culture autrement : méthodes pour demain », téléchargeable gratuitement, et c’est le sujet sur lequel on me sollicite le plus depuis un an. Voici les entrées possibles.

Première piste : le mauvais sujet des baisses de financement

Discuter des montants revient à accepter que la question soit budgétaire, alors qu’elle est politique : à quoi sert l’argent public de la culture, et pour qui. Cette conférence retrace comment le lien entre culture et pouvoir politique s’est défait, de l’après-guerre à aujourd’hui, et pourquoi la légitimité que nous croyions acquise ne l’est plus. Elle vient de Le mauvais sujet des baisses de financement pour la culture et de La culture et le pouvoir politique : d’un mariage de raison à un divorce consommé.

Deuxième piste : concevoir des projets qui survivent

Piste plus opérationnelle, faite pour des équipes qui ne veulent pas seulement analyser. J’ai formalisé une méthode d’antifragilité des projets culturels, qui consiste à concevoir dès l’origine ce qui tiendra si la subvention, la personne ou le calendrier disparaissent. Elle se prolonge par une réflexion sur l’équilibre et les appuis d’un projet, et par une approche de l’évaluation qui ne soit pas subie. Voir Pour une antifragilité des projets culturels, L’équilibre et les appuis et Vers une évaluation volontaire des projets culturels.

Troisième piste : ce que nous évitons de voir

La conférence la plus inconfortable, et souvent la plus utile. Nos lieux mettent parfois en scène le contraire de leurs discours : des jeunes contraints d’aller au théâtre sous peine de sanction au nom de l’émancipation, des dispositifs participatifs entièrement décidés d’avance, des textes de présentation qui disent la domination qu’ils croient combattre. Je ne la propose qu’à des équipes prêtes à l’entendre, et je la prépare avec la direction. Voir Ce que nous évitons de voir quand nous défendons la culture, La théâtralisation de la défiance et Ce que le discours artistique révèle de lui-même.

Quatrième piste : la marginalité comme point de départ

Constater que les institutions culturelles sont devenues marginales dans la vie culturelle réelle des gens n’est pas un aveu de défaite, c’est le point de départ d’une stratégie. Cette piste articule le diagnostic et des propositions de refondation, et elle convient bien aux séminaires de direction et aux temps de travail sur un projet d’établissement. Voir La marginalité des institutions culturelles, Le secteur culturel français face à l’urgence d’une refondation et Pour un réengagement citoyen du secteur culturel public français.

Cinquième piste : construire des récits plutôt que des bilans

Ce qui manque aux élu·es et aux financeurs, ce ne sont pas des chiffres, ce sont des récits crédibles de ce qui se passe réellement, produits avec les personnes concernées. C’est une compétence qui s’apprend, et une conférence peut en donner les principes et en faire fabriquer un échantillon dans la salle. Voir Au-delà de la mobilisation des publics : construire des récits démocratiques et Les récits coopératifs.

Ce qui se passe dans la salle

Sur ce sujet, les gens ont beaucoup à dire et peu d’endroits pour le dire. Je réduis donc la part d’exposé et j’augmente celle de l’élaboration collective : arpentage d’un texte court, débat mouvant sur des affirmations qui divisent, écriture individuelle puis mur de contributions. Il m’est arrivé qu’un groupe écrive un plaidoyer commun à douze en une après-midi, et cela reste une des choses les plus utiles que j’aie vues produire par une salle.

Ce qu’il en reste

Les contributions restent en ligne, et j’en tire une synthèse éditorialisée quand vous le souhaitez. Pour une collectivité ou un réseau, ce document devient souvent un appui pour dialoguer avec les élu·es, ce qui est précisément l’usage auquel je le destine.

Formats et préparation

Une heure trente en ouverture d’assises ou de rencontres professionnelles, une journée de séminaire de direction, ou un accompagnement dans la durée. Je prépare avec vous en visioconférence, et je vous dis honnêtement si je pense que la piste choisie ne correspond pas à ce que vos équipes peuvent recevoir aujourd’hui. En français et en anglais. Et quand ce plaidoyer doit être porté devant des élu·es par votre direction plutôt que par un intervenant extérieur, je peux accompagner la personne concernée à construire et tenir elle-même cette prise de parole [voir la page « Et si c’était quelqu’un de chez vous qui parlait ? », à relier une fois publiée].

Quelques interventions passées

« La culture autrement : postures et méthodes pour demain » pour le réseau Cultures du Cœur ; Ce que les mots font aux politiques culturelles ; Pourquoi le pouvoir d’agir est si souvent vécu comme une transgression ; Un plaidoyer écrit à douze en une après-midi.

Toutes les ressources : Défendre la culture autrement : méthodes pour demain.