Parfois, la bonne personne pour tenir le micro n’est pas moi. C’est quelqu’un de chez vous : la personne qui est en première ligne sur le sujet, celle dont la légitimité vient de son travail quotidien, celle qui restera dans l’équipe quand la journée sera passée. Ce que je propose alors, c’est de la rendre forte. Je suis expert sur beaucoup des contenus concernés, et je le suis tout autant sur ce qui fait qu’une intervention tient debout : la narration, le rythme, l’animation de la participation, la gestion des questions difficiles. Ces compétences se transmettent, et j’aime les transmettre.
Pourquoi ne pas simplement me faire venir ?
Parce que dans certaines situations, une intervenante de votre équipe portera le propos mieux que n’importe quel intervenant extérieur. Son autorité ne tiendra pas à son statut d’experte, elle tiendra au travail qui la porte, et c’est une position beaucoup plus solide qu’il n’y paraît : on peut être junior sur un sujet et parler avec justesse, si l’on s’appuie sur un contenu vraiment travaillé et qu’on le dit honnêtement. Et surtout, tout ce qui aura été construit pour cette intervention, le contenu, les méthodes, la confiance, reste chez vous. C’est un investissement dans une personne et dans une équipe, pas dans un événement.
Comment je travaille
Je privilégie des séances espacées plutôt qu’un gros bloc unique, parce que ce qui fait qu’une intervention tient, c’est le temps qu’elle a eu pour mûrir chez la personne qui la porte. Entre deux séances en visioconférence, elle prépare, elle essaie, elle se réapproprie ; la séance suivante sert à valider, ajuster, approfondir. Je réponds à ses questions entre les rendez-vous, parce que la maturation génère toujours des questions qui ne peuvent pas attendre.
Je produis aussi des documents, selon les besoins : un document de référence sur les contenus, qui fait le tri dans un sujet souvent encombré de discours contradictoires ; un déroulé narratif complet, écrit en français parlé, prêt à dire à voix haute ou à utiliser comme matière à improvisation ; un kit d’animation participative adapté au format et au lieu ; un glossaire avec un arbre de redirection des questions, y compris les plus polémiques, pour que la personne ne soit jamais démunie face à la salle ; et un conducteur final, qui garde la mémoire du travail pour elle et pour l’équipe.
Quand c’est possible, j’organise une répétition publique devant quelques collègues, suivie d’un bilan collectif. Tester une intervention devant un vrai public n’a rien à voir avec une répétition à blanc, et avoir déjà tenu son talk une fois change tout pour la confiance le jour J.
Ce que je transmets vraiment
Le contenu, bien sûr. Mais aussi tout ce qui ne se voit pas : comment on construit une narration qui permet à quelqu’un qui arrive en cours de route de raccrocher, comment on distille l’essentiel à plusieurs reprises sans se répéter, comment on récapitule visuellement par accumulation, comment on fait bouger les corps dans une salle avec trois questions à main levée, comment on tient un moment participatif en quatre-vingt-dix secondes, comment on garde de l’énergie sur quatre passages dans la même journée.
Et le plus important : je travaille à ce que la personne s’affranchisse du document. Le document est volontairement riche, c’est à elle de prendre ce qui lui parle, d’écarter le reste, de changer l’ordre si son public le demande. C’est quand on maîtrise un sujet qu’on peut bouger ; c’est quand on ne le maîtrise pas qu’on reste bloqué dans son plan. Mon travail est terminé quand elle n’a plus besoin de moi, et je conçois l’accompagnement dans ce but dès la première séance, dans l’esprit de ce que j’ai écrit dans Pour une écologie de la dispensabilité et On ne prépare pas une création, on se prépare à la création.
Un exemple récent
En juin 2026, le Forum des images et TUMO Paris ont présenté à VivaTech un talk sur l’employabilité à l’heure de l’intelligence artificielle, donné quatre fois dans la journée sur un stand de salon, devant un public qui circule et arrive en cours de route, ce qui est un des formats les plus difficiles qui soient. La personne qui l’a porté coanimait le Job Center de TUMO Paris : en première ligne sur l’accompagnement vers l’emploi, et débutante sur le sujet précis de l’IA. Nous avons travaillé en séances espacées sur trois semaines, avec un document de référence, un déroulé narratif complet, un glossaire de sécurisation face aux questions, et des répétitions. Le contenu venait du comité de veille IA que j’avais animé pour le Forum des images pendant un an, et restitué publiquement (Webinaire de restitution du comité de veille IA du Forum des images) : l’autorité du propos ne tenait pas à la personne qui parlait, mais au travail collectif qui la portait, et c’est exactement ce qui lui a permis de parler avec assurance. Le double objectif était assumé dès le devis : réussir la journée, et outiller l’équipe pour la suite, bien au-delà de l’événement.
Ce qu’il en reste
Tout : c’est le principe même de cette proposition. La personne a acquis des compétences d’animation et de construction qu’elle réutilisera toute sa vie professionnelle. L’équipe dispose d’un conducteur, d’un glossaire, de supports, qui permettent de redonner l’intervention, de la décliner, de la transmettre à quelqu’un d’autre. Et le contenu de fond, travaillé sérieusement, sert ensuite au quotidien du service, ce qui est souvent la vraie raison de la commande.
Formats et préparation
Le format se compose selon vos besoins : de trois à cinq séances en visioconférence, des documents choisis à la carte, une ou deux répétitions en présentiel. Je propose toujours un cadre écrit précis, discuté et ajusté ensemble avant de commencer, où rien n’est figé. L’accompagnement peut concerner une personne ou un petit groupe, pour une conférence, un talk, une table ronde, une journée professionnelle à animer. En français et en anglais.
En savoir plus
Les méthodes d’animation que je transmets sont documentées publiquement dans Méthodes d’animation de l’intelligence collective. Sur la posture de transmission, voir aussi La mise en pratique des méthodes, Se risquer à la vérité et Le trac n’est pas un problème à résoudre. Sur le travail avec le Forum des images autour de l’IA : Forum des images : comité de veille IA (2024-2025).